À gauche, plusieurs forces politiques poursuivent l’objectif d’une candidature commune pour l’élection présidentielle de 2027. Pendant que Jean‑Luc Mélenchon et La France insoumise (LFI) tracent leur propre trajectoire, le Parti socialiste (PS), Les Ecologistes, Génération.s, l’Association pour la république écologique et sociale (L’Après) et Debout!, le parti de François Ruffin, affichent leur volonté d’unir leurs forces sous la bannière du « Front populaire 2027 ».
Un « serment » à Bagneux et une coalition en construction
Ces formations ont formalisé leur engagement en juillet 2025, lors d’une rencontre organisée à Bagneux (Hauts‑de‑Seine). Les participants, souvent désignés comme les « unitaires », se sont engagés à travailler à un projet commun et à ouvrir un processus de désignation d’un·e candidat·e unique pour 2027.
La démarche vise à dépasser les clivages internes à la gauche pour offrir une alternative unifiée face aux autres candidatures. Lucie Castets, ancienne candidate du Nouveau Front populaire à Matignon en 2024, est devenue l’une des figures visibles de cette union hors LFI. Son rôle est de porter la parole de ce rassemblement et d’en faire le lien entre partis et mouvements.
La primaire promise et les contours encore flous
Le « serment » doit déboucher sur l’organisation d’une primaire destinée à désigner la ou le champion·ne du Front populaire 2027. Mais, plus de six mois après l’engagement de juillet, les contours de cette primaire restent indéterminés. Les partenaires peinent à définir les règles du jeu, les modalités de participation et le calendrier précis, ce qui retarde les étapes suivantes du projet collectif.
En novembre 2025, lors d’une convention thématique tenue à Trappes (Yvelines) et consacrée à l’éducation, Lucie Castets a annoncé que la primaire se tiendrait « à l’automne 2026 ». Elle a également indiqué que les modalités seraient rendues publiques durant la première quinzaine de décembre 2025. Cette convention était présentée comme la première d’une série destinée à construire les bases d’un projet commun.
Pourtant, début décembre 2025, un premier accroc, décrit comme « aussi banal que parlant », a ralenti l’avancement du dossier et alimenté des tensions déjà latentes entre partenaires. Le texte d’origine évoque ce contretemps sans en détailler la nature exacte. Reste que le calendrier et la définition des règles de la primaire apparaissent toujours comme des sujets sensibles au sein de l’alliance.
Enjeux et incertitudes avant le calendrier électoral
L’organisation d’une primaire commune soulève plusieurs questions opérationnelles et politiques. Parmi elles figurent la liste des formations et personnalités éligibles, le format du scrutin, les conditions de participation des électeurs et la gouvernance du processus. Les réponses à ces questions détermineront la crédibilité et l’efficacité du Front populaire face aux autres candidatures.
La date proposée par Lucie Castets — « à l’automne 2026 » — suggère une volonté d’anticiper la désignation du·de la candidat·e, afin de disposer d’un cycle de campagne national structuré pour 2027. Mais, tant que les modalités n’ont pas été formalisées et validées par les partenaires, la tenue effective de cette primaire reste soumise à des arbitrages internes.
Les protagonistes doivent également composer avec la dynamique propre de La France insoumise et de Jean‑Luc Mélenchon, qui suivent une trajectoire distincte. Cette division entre une candidature portée par LFI et une autre issue du rassemblement dit « unitaire » complexifie la donne électorale à gauche.
Au-delà des calendriers, la capacité des formations à transformer un accord de principe en dispositif opérationnel déterminera la portée de leur ambition commune. Les prochaines étapes annoncées — notamment la communication des modalités début décembre 2025 — devaient permettre de clarifier la méthode. À la lecture des faits récents, la mise en œuvre reste toutefois inachevée et sujette à ajustements.
Sur un plan politique, l’enjeu est double : construire un projet partagé et convaincre un électorat disparate de la pertinence d’une candidature commune. Sur le plan institutionnel, il s’agit de fixer des règles acceptées par toutes les parties pour garantir la légitimité du processus de désignation.
Sans nouvelle information publique détaillant les modalités promises en décembre, les acteurs restent engagés dans un travail de mise au point. Le calendrier et les règles de la primaire demeurent ainsi au cœur des négociations que se livrent, depuis l’été 2025, les forces réunies au sein du Front populaire 2027.





