Le mercredi 25 mars, sur le plateau de BFMTV, le député de Paris Michel Barnier a appelé à l’organisation d’une primaire « la plus ouverte possible » au sein de la droite et du centre. L’objectif affiché est de désigner un candidat unique pour l’élection présidentielle, via « une primaire entre tous ceux qui sont candidats », a-t-il insisté.
Un appel pour une primaire « la plus ouverte possible »
Intervenant au nom d’une logique de rassemblement, Michel Barnier a plaidé pour un scrutin large, capable d’englober les différentes sensibilités du camp. « Moi je souhaite un vote le plus ouvert possible », a-t-il affirmé, ajoutant que la primaire devait permettre d’aboutir à « une candidature unique » de la droite et du centre pour l’Élysée.
Il a rappelé que les statuts du parti Les Républicains (LR), rénovés avec Bruno Retailleau, prévoient un vote des militants et donnent la parole aux adhérents pour choisir les « modalités de désignation » du candidat LR à la présidence de la République. « Les statuts donnent la parole aux adhérents pour qu’ils choisissent les modalités de désignation », a-t-il expliqué, qualifiant ce mécanisme de « démocratie des militants ».
Sur la question des modalités, Barnier a posé un choix encore ouvert au sein du parti : organiser une primaire limitée aux militants actuels, ou « ouvrir pendant deux mois à des adhésions nouvelles ». Il a chiffré la base militante en déclarant : « Nous sommes le parti le plus nombreux avec je crois 100.000 militants », et ajouté que « ce sont eux qui choisiront ».
« Ce n’est pas le moment » : prudence sur le calendrier et la candidature
Malgré son appel à l’ouverture, Michel Barnier a souligné que « ce n’est pas le moment » pour trancher certains points. Selon lui, il importe d’abord « tirer les leçons des municipales », auxquelles, d’après lui, Les Républicains ont obtenu « un bon résultat qui [les] oblige ». La priorité, a-t-il précisé, doit être portée sur le fond : l’élaboration d’un programme détaillé.
Interrogé sur ses propres ambitions personnelles, il a botté en touche. Barnier a répété qu’il n’était pas encore temps de se positionner « pour les primaires » ou pour la « présidentielle ». Le rappel de son passé interne a été explicite : lors du congrès des Républicains en 2021, il avait obtenu 23% des suffrages, derrière Éric Ciotti et Valérie Pécresse. Valérie Pécresse avait ensuite représenté le parti lors de l’élection présidentielle de 2022.
Enjeux et conséquences pour la droite et le centre
L’appel à une primaire très ouverte met en lumière plusieurs enjeux institutionnels et politiques pour la droite et le centre. D’un point de vue procédural, l’ouverture aux nouvelles adhésions pose la question des règles de validation des votants et de la durée du processus. Politiquement, une primaire large vise à renforcer la légitimité du candidat désigné, mais elle peut aussi exacerber les rivalités internes si les cadres du parti ne s’accordent pas sur les modalités.
Michel Barnier a souligné la nécessité de laisser s’exprimer les ambitions au sein de LR tout en appelant à « travailler sur le fond ». Cet équilibre entre compétition interne et construction programmatique apparaîtra central dans les prochains mois, selon les options qui seront retenues pour la désignation du candidat.
Reste que le calendrier et la méthode choisis auront un impact direct sur la capacité du camp à se rassembler face aux autres forces en présence. À ce stade, Barnier promeut l’idée d’une primaire large, tout en répétant que la priorité reste à l’analyse des résultats municipaux et à l’élaboration d’un projet.




