L’avenir politique de Marine Le Pen se joue à partir du mardi 13 janvier 2026, date d’ouverture de son procès en appel à Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. L’ancienne présidente du Rassemblement national (RN) avait été condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison, dont deux avec exécution sous bracelet électronique, et à cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire — c’est‑à‑dire immédiate.
La procédure en appel : calendrier et enjeux judiciaires
Le procès en appel, programmé du 13 janvier au 12 février 2026 à Paris, porte sur des détournements de fonds publics liés aux assistants parlementaires européens du Front national. La décision de la cour d’appel n’est pas attendue avant l’été 2026, selon les éléments figurant dans le dossier. En cas de nouvelle condamnation, la peine encourue pourrait atteindre dix ans de prison, d’après l’énoncé des réquisitions initiales.
Au stade actuel, la condamnation prononcée en première instance s’accompagne d’une exécution provisoire : Marine Le Pen a donc perdu son droit de vote et est déclarée inéligible tant que cette décision n’est pas suspendue ou renversée par les juridictions supérieures. Toutefois, une jurisprudence du Conseil constitutionnel permet à un parlementaire privé de ses droits civiques d’achever son mandat dans certaines conditions, ce qui explique que la députée du Pas‑de‑Calais puisse continuer à siéger malgré l’inéligibilité.
Conséquences politiques : scénarios et calendrier électoral
Un maintien de l’inéligibilité compromettrait directement toute ambition présidentielle de Marine Le Pen pour 2027. Si la cour d’appel confirmait une inéligibilité, la dirigeante a déclaré début novembre 2025 qu’elle ne se présenterait « évidemment pas », sans attendre une éventuelle décision de la Cour de cassation. À l’inverse, elle a répété à plusieurs reprises son intention de se représenter « si elle pouvait être candidate », se disant « sûr et certain » de briguer la présidence si l’obstacle juridique était levé, et affichant un « tout petit espoir » de pouvoir concourir.
Ces déclarations politiques traduisent la double réalité de la situation : d’un côté, un risque judiciaire réel susceptible d’écarter une candidature en 2027; de l’autre, la volonté affichée d’un mouvement politique qui n’a pas renoncé à ses ambitions nationales. Entre la tenue du procès en appel et une éventuelle décision définitive de la Cour de cassation, la période risque d’être déterminante pour la stratégie de son parti.
Impact sur le Rassemblement national et la scène politique
La tenue du procès et l’hypothèse d’une confirmation des peines pèsent sur la trajectoire du RN, que Marine Le Pen a dirigé pendant de nombreuses années. Sur le plan organisationnel, l’incertitude sur une possible candidature présidentielle oblige le parti à anticiper plusieurs scénarios : continuer autour d’un leadership incarné par d’autres cadres, préparer une campagne sans elle, ou conserver la dynamique d’un recours juridique pour suspendre ou contester l’exécution provisoire.
Par ailleurs, la visibilité médiatique du procès et la portée politique des décisions à venir devraient alimenter le débat public sur la moralisation de la vie politique et la sanction des comportements considérés comme contraires aux règles financières des institutions européennes et nationales. Les échéances judiciaires — audition en appel en janvier‑février 2026, décision attendue possiblement en été 2026 — sont donc susceptibles d’agir comme un facteur d’accélération ou de blocage des projets politiques du RN et de sa leader.
Juridiquement, l’ouverture de la procédure d’appel prolonge une bataille qui pourrait se terminer devant la Cour de cassation, laquelle statue ultérieurement sur la régularité des décisions de procédure et sur l’interprétation du droit. En attendant, l’exécution provisoire de l’inéligibilité limite immédiatement certains droits civiques de l’intéressée, même si elle conserve la possibilité d’exercer son mandat parlementaire selon la jurisprudence évoquée.
Sur le plan personnel et symbolique, Marine Le Pen a alterné fermeté et prudence dans ses déclarations publiques : rejet de l’idée d’un retrait volontaire face à une inéligibilité confirmée, mais maintien d’un « tout petit espoir » d’être autorisée à se présenter si les voies de recours aboutissaient.
Le procès en appel qui débute le 13 janvier 2026 constituera, au moins symboliquement, un moment clé pour sa carrière et pour l’avenir politique du Rassemblement national. La suite dépendra tant des décisions judiciaires que des choix stratégiques internes au parti, dans une période où les échéances électorales et la communication politique se répondent étroitement.





