À moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, Rachida Dati a annoncé avoir remis sa démission du ministère de la Culture, mercredi 25 février, lors d’une intervention sur BFM-TV. Candidate à la mairie de Paris, elle a indiqué : « J’ai remis ma démission ce matin au président de la République », ajoutant que « le combat de ma vie, c’est Paris ». Elle a par ailleurs dit avoir été très heureuse d’exercer la fonction ministérielle.
Réponse de l’Élysée et calendrier
Dans un communiqué, l’Élysée a salué son action : « Le chef de l’État l’a remerciée pour l’action utile qu’elle a déployée au service des Français ces deux dernières années et lui a adressé tous ses encouragements dans le combat qu’elle mène. »
Selon les informations disponibles, Rachida Dati avait été pressée depuis plusieurs semaines de quitter le gouvernement, notamment par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Dans un premier temps, la date du 22 février — qui marquait le début de la réserve pour les élections municipales — avait été évoquée comme moment possible de son départ. Finalement, l’annonce officielle est intervenue le mercredi 25 février, à moins de trois semaines du premier tour fixé au 15 mars.
Motivations affichées et gestion du Louvre
Rachida Dati a expliqué qu’elle souhaitait se consacrer pleinement à sa campagne parisienne tout en menant à bien des chantiers engagés au ministère. Elle a notamment évoqué la réorganisation du musée du Louvre et la mise en place d’une nouvelle gouvernance, engagements qu’elle dit avoir tenus.
La ministre a ainsi rappelé sa volonté de terminer certaines missions et de respecter des engagements pris envers les agents et les organisations syndicales. Elle a souligné que la nomination de Christophe Leribault à la tête du musée, annoncée mercredi, faisait partie de cette réorganisation.
La gestion de la crise du Louvre avait, selon elle, contribué à retarder son départ. Le départ de la présidente du Louvre, Laurence des Cars, avait été annoncé la veille, et la nomination d’un nouveau président de l’établissement est intervenue dans ce contexte.
Contexte politique et remaniement
Le gouvernement avait laissé entendre, au cours du week-end précédent, qu’un remaniement se déroulerait dans le courant de la semaine. Matignon avait justifié un léger report par la nécessité de gérer parallèlement des motions de censure déposées par le Rassemblement national et par La France insoumise.
Par ailleurs, l’Élysée avait annoncé dimanche la nomination de David Amiel à la tête du ministère de l’Action et des Comptes publics, en remplacement d’Amélie de Montchalin, qui a pris lundi son mandat à la présidence de la Cour des comptes. Cette désignation figurait déjà parmi les mouvements ministériels annoncés avant la démission de Rachida Dati.
Conséquences pour la campagne municipale et pour le ministère
En quittant l’exécutif, Rachida Dati met fin à une période de cumuls entre responsabilités nationales et ambitions locales. Elle a cité l’exemple d’Édouard Philippe, qui était resté à Matignon tout en menant sa campagne municipale au Havre en 2020, pour justifier sa gestion du calendrier. Ici, elle a choisi de rendre sa démission avant le scrutin pour se consacrer à sa candidature.
Du côté du ministère de la Culture, la nomination de Christophe Leribault à la tête du Louvre et la volonté affichée de finaliser la réorganisation visent à assurer une continuité de gestion. Les prochaines décisions de l’exécutif préciseront qui prendra la suite de Rachida Dati à la tête du ministère.





