À la veille du procès en appel concernant les assistants parlementaires du Front national (nom historique du Rassemblement national, RN), une enquête d’opinion met en lumière un retournement potentiellement préoccupant pour Marine Le Pen. Si une inéligibilité était finalement prononcée, elle empêcherait la présidente du parti de se porter candidate à l’élection présidentielle de 2027. Le sondage montre que les Français — y compris des sympathisants du RN — semblent désormais considérer Jordan Bardella comme ayant de meilleures chances électorales que sa mentore.
Méthodologie et résultats principaux
L’étude, annuelle, a été réalisée par Verian pour Le Monde et la revue L’Hémicycle. Le sondage a été mené en ligne auprès d’un panel représentatif de 1 511 personnes entre le 1er et le 5 janvier. Ces éléments méthodologiques figurent tels quels dans le texte d’origine fourni.
Parmi les enseignements saillants, les répondants jugent que Jordan Bardella, décrit comme un trentenaire, offrirait de meilleures chances d’être élu chef de l’État que Marine Le Pen. Pire pour elle, une partie de l’électorat du RN partage cette opinion et estime que Bardella ferait un « meilleur chef de l’État » que sa dirigeante, qui conduit son camp politique depuis quinze ans.
Image personnelle versus compétences politiques
Le sondage révèle une tension entre l’image personnelle et l’évaluation politique de Marine Le Pen. Sur le plan des traits personnels, tels que « honnête » et « sympathique et chaleureuse », son image ne paraît pas fortement affectée par la condamnation en première instance intervenue fin mars 2025 : ces jugements lui sont principalement attribués par les sympathisants de son camp.
En revanche, ses indicateurs politiques reculent après plusieurs années de progression. Comparé au baromètre 2025, une majorité relativement réduite de Français estime aujourd’hui qu’elle est capable de « prendre les bonnes décisions » (55 %, variation – 12 points). De même, 50 % pensent qu’elle peut « comprendre les problèmes quotidiens des Français » (variation – 6 points).
Autre recul notable : sa capacité à « rassembler au-delà de son camp » redescend à un niveau comparable à celui observé lors de la présidentielle de 2022, à 39 % (variation – 11 points). Ces chiffres, explicitement fournis par le sondage, soulignent une perte d’adhésion sur des compétences politiques clefs plutôt que sur des traits personnels.
Le texte d’origine précise que ces traits personnels restent majoritairement reconnus au sein de son électorat. Cette distinction entre popularité personnelle et jugement sur l’exercice du pouvoir est au cœur des interprétations possibles du baromètre.
Enjeux pour le RN et perspectives
La double lecture du sondage pose des questions sur la stratégie du RN en vue de l’élection présidentielle de 2027. Si Marine Le Pen venait effectivement à être déclarée inéligible à la suite de l’appel, le parti disposerait d’un successeur possible perçu favorablement par une partie de l’électorat. Le sondage ne tranche pas sur la capacité réelle de ce successeur à convertir cette perception en voix, mais il indique un glissement d’opinion significatif.
Enfin, le document original rappelle que la condamnation en première instance date de la fin mars 2025 et que le procès en appel est imminent au moment où le sondage est publié. Ces éléments expliquent en partie le contexte politique tendu qui entoure l’analyse des résultats.
Sans apporter d’éléments nouveaux ni d’interprétations non sourcées, le sondage décrit ici met en lumière un affaiblissement des perceptions relatives aux compétences politiques de Marine Le Pen et une appréciation accrue de Jordan Bardella comme alternative plausible au sein du RN.





