Le gouvernement iranien a annoncé l’ouverture contrôlée du détroit d’Ormuz aux « navires non hostiles », selon une lettre adressée aux membres de l’Organisation maritime internationale (OMI). Le texte, transmis dimanche 22 mars, précise que les passages devront s’effectuer « en coordination avec les autorités iraniennes », indique le compte rendu publié par le New York Times le mardi 24 mars.
Cette décision intervient après une série d’attaques qui ont entraîné le blocage d’un grand nombre de bâtiments dans le Golfe. Le communiqué iranien fait état de 3 200 navires retenus depuis le début des incidents, chiffre repris dans les dépêches ayant relayé la missive à l’OMI.
Accès conditionné et exclusions visant les « participants de l’agression »
Dans sa lettre, le ministère iranien des Affaires étrangères indique que l’ouverture ne sera pas générale : « tous les navires ne pourront pas traverser ». Le gouvernement justifie ces restrictions en affirmant avoir « pris des mesures nécessaires et proportionnées pour empêcher les agresseurs et leurs soutiens d’exploiter le détroit d’Ormuz afin de mener des opérations hostiles contre l’Iran », ajoutant que les mêmes mesures visent « les autres participants de l’agression ».
La formulation laisse entendre une sélection des bâtiments autorisés à transiter, sur la base d’un critère de non-hostilité et d’une coordination préalable avec les autorités maritimes iraniennes. Le texte officiel ne détaille pas la liste des pays exclus ni les modalités pratiques de la « coordination », ce qui soulève des questions sur la mise en œuvre et sur la sécurité juridique des armateurs et assureurs concernés.
Contexte diplomatique : un plan de paix rapporté et démenti
Parallèlement aux annonces sur la navigation, le New York Times a rapporté que l’administration américaine aurait transmis, par l’entremise du Pakistan, un plan de paix en 15 points à l’Iran. Le quotidien précise que ces pourparlers impliqueraient des discussions avec un responsable iranien au sujet d’un cessez‑le‑feu d’un mois, le temps d’examiner la proposition américaine.
Selon le même article, les grandes lignes proposées par Washington comprendraient notamment l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation, l’arrêt du soutien aux « proxys » et des mesures sur le financement ou l’armement du Hezbollah et du Hamas. Le plan aborderait en outre des questions sensibles liées au programme nucléaire iranien, comme l’interdiction de se doter de l’arme atomique et le retrait ou le démantèlement de certaines installations, contre des garanties et une aide au développement du nucléaire civil et une éventuelle levée de sanctions.
Le New York Times précise que Téhéran a nié, peu de temps après, avoir engagé des discussions directes sur ce texte. Les autorités iraniennes et la Maison‑Blanche n’ont pas confirmé publiquement l’ensemble des éléments rapportés, ce qui laisse subsister des zones d’ombre sur la réalité et l’ampleur des contacts diplomatiques évoqués.
Ces développements surviennent alors que le conflit au Moyen‑Orient entre dans son 26e jour selon les comptes rendus contemporains. La situation maritime et sécuritaire dans le Golfe reste tendue, et toute annonce sur l’ouverture du détroit d’Ormuz aura des conséquences directes sur le commerce mondial et les routes énergétiques qui empruntent ce passage stratégique.
En l’absence de précisions supplémentaires de la part de Téhéran ou de l’OMI, plusieurs questions pratiques demeurent : qui déterminera qu’un navire est « non hostile » ? Comment seront assurés la sécurité et l’assurance des bâtiments en transit ? Quelles conséquences pour les armateurs dont les pavillons seraient précisément visés par les exclusions évoquées ?
La lettre à l’OMI et les reportages qui l’ont relayée fournissent un premier cadre d’information, mais la mise en œuvre effective de ces mesures dépendra de communications complémentaires des autorités iraniennes et des réponses des acteurs internationaux concernés, notamment les compagnies maritimes, les États riverains et les assureurs. En l’état, l’annonce marque une tentative de régulation du passage, tout en maintenant des barrières à l’accès pour certains pays considérés par Téhéran comme impliqués dans des actes hostiles.





