Emmanuel Macron a adressé à Donald Trump un message privé proposant d’organiser un sommet du G7 à Paris, jeudi, et d’y convier — « en marge » de la réunion — des délégations comme celles de la Russie, de l’Ukraine, du Danemark et de la Syrie, indique un article consulté par Le Monde. Si cette invitation aux Russes se confirmait, ce serait, selon le texte d’origine, une première depuis près de quatre ans de guerre en Ukraine.
Le message partagé et son authentification
Le président américain a publié le contenu de ce message sur son réseau Truth Social. L’entourage du président français a authentifié ce partage « bien réel » dans la matinée du mardi 20 janvier, selon les informations rapportées.
Dans le message, Emmanuel Macron écrit notamment : « Mon ami, nous sommes totalement alignés sur la Syrie. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran. Je ne comprends pas ce que tu fais au Groenland ». Il propose ensuite : « Je peux organiser une réunion du G7 à Paris jeudi après-midi après Davos », en Suisse, où Donald Trump devait être présent, et ajoute : « Je peux inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes en marge ». Le président termine en proposant un dîner : « Dînons ensemble à Paris jeudi avant que tu ne repartes aux Etats-Unis », signé « Emmanuel ».
Les précisions de l’entourage du président
Selon les explications fournies à Le Monde par l’entourage d’Emmanuel Macron, le message privé vise à montrer que le chef de l’État défend la même ligne en public et en privé. Les conseillers ont détaillé plusieurs points de politique étrangère évoqués dans le courrier.
Sur le Groenland, ils réaffirment que « le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États n’est pas négociable » et que l’engagement français, en tant qu’allié de l’OTAN, pour la sécurité dans la région arctique « reste intact ». Cette précision répond directement à la mention du Groenland dans le message.
L’entourage a ajouté : « Nous sommes par ailleurs déterminés à faire de notre présidence du G7 cette année un moment utile pour contribuer au dialogue et à la coopération ». Cette formulation lie la proposition d’inviter des pays tiers à une volonté affichée de faire de la présidence française un cadre de discussions internationales.
Sur la Syrie, la note de l’entourage souligne la coopération franco-américaine « au service de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie et au respect du cessez-le-feu », tout en réaffirmant l’engagement commun contre l’organisation État islamique. Concernant l’Iran, la position évoquée appelle au respect des libertés fondamentales et à un soutien aux défenseurs de ces libertés, toujours d’après les propos rapportés.
Les invités proposés et les enjeux diplomatiques
La proposition d’inviter simultanément Ukrainiens et Russes « en marge » d’une réunion du G7 soulève des questions diplomatiques importantes. Le texte initial précise que la présence russe — si elle était acceptée — marquerait une inflexion notable dans le cadre du G7, en raison du contexte de conflit prolongé en Ukraine.
L’invitation des Danois est explicitement liée à des « divergences sur le Groenland », matière sensible dans les relations transatlantiques et arctiques. L’ajout des Syriens figure également dans la liste, illustrant la volonté d’aborder plusieurs dossiers internationaux lors d’un format de réunion centré sur les membres du G7.
Un message privé à portée publique
La diffusion du message sur le compte de Donald Trump transforme une proposition privée en événement médiatique et diplomatique. L’authentification par l’entourage français conforte la réalité de l’échange, mais n’apporte pas de certitude immédiate quant à l’organisation effective d’un sommet ou à l’adhésion des pays invités.
Les éléments disponibles montrent une démarche visant à relier la présidence française du G7 à des initiatives de dialogue internationales. Reste à connaître la réponse des destinataires — tant au sein du G7 que des pays mentionnés — et les décisions qui pourraient découler d’échanges diplomatiques ultérieurs.
Le Monde est cité comme source ayant consulté le message; la publication de ce dernier par le président américain sur Truth Social en a assuré la visibilité publique. Toute évolution officielle — acceptation d’un sommet, liste définitive d’invités ou réactions des États concernés — nécessitera des confirmations supplémentaires des autorités impliquées.





