La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, est attendue à Alger le mercredi 25 mars 2026 à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Les deux dirigeants s’étaient déjà rencontrés à Rome en juillet 2025.
Initialement présenté comme un déplacement visant à renforcer le « partenariat stratégique » entre Rome et Alger, le voyage a pris une tournure plus urgente depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. L’objectif prioritaire affiché par le gouvernement italien est désormais la sécurisation des approvisionnements gaziers face aux perturbations récentes.
Pourquoi l’Italie se tourne vers l’Algérie
Les frappes attribuées à l’Iran contre des infrastructures gazières au Qatar ont entraîné des tensions sur les livraisons de gaz. Avant la crise, le Qatar fournissait environ 10 % des importations italiennes, soit près de 6,4 milliards de mètres cubes par an. Cette part, souligne Rome, risque de fortement diminuer si Doha ne peut plus garantir l’exécution de tous ses contrats.
Face à cette incertitude, l’Italie cherche des alternatives rapides pour limiter le risque de hausses brutales des prix et pour éviter une situation durablement défavorable sur les marchés énergétiques. La visite à Alger doit permettre de traiter ces questions bilatérales et d’envisager des solutions concrètes avec l’un des principaux fournisseurs régionaux.
Volumes, prix et stocks : une distinction importante
À court terme, les autorités italiennes estiment que le risque porte davantage sur les prix que sur les volumes disponibles. L’Italie aborde le printemps avec des stocks gaziers jugés élevés, ce qui réduit la pression immédiate sur l’approvisionnement pour la saison chaude et limite le risque d’un déficit avant l’hiver prochain.
Pour autant, le gouvernement souhaite anticiper un scénario d’escalade qui ferait peser une crise prolongée sur l’économie et sur les consommateurs. Rome veut donc diversifier ses sources et réduire sa dépendance à l’égard de l’émirat, au moins pour la période où Doha se déclarerait dans l’incapacité de tenir certains engagements contractuels.
Calendrier diplomatique et enjeux stratégiques
Le déplacement avait été annoncé début février 2026 et programmé après la fin du Ramadan. Le calendrier — décidé avant l’aggravation du conflit au Moyen-Orient — a été conservé mais l’agenda s’est enrichi d’entretiens ciblés sur l’énergie.
Outre l’urgence gazière, la visite s’inscrit dans un cadre bilatéral plus large : coopération économique, infrastructurelle et sécuritaire. Néanmoins, c’est bien le volet énergétique qui domine les discussions dans le contexte actuel, selon les informations disponibles.
La diplomatie italienne mise sur une combinaison d’accords commerciaux à court terme et de renforcement des capacités d’importation depuis l’Algérie pour atténuer le choc provoqué par les perturbations qataries. Les détails opérationnels et éventuels contrats supplémentaires n’ont pas été rendus publics au moment où ces éléments ont été communiqués.
Un objectif clair : limiter la volatilité
Rome veut contenir la volatilité des prix sur les marchés gaziers et se prémunir contre une crise énergétique durable. Les mesures recherchées comprennent des garanties d’approvisionnement, des livraisons supplémentaires et, potentiellement, des mécanismes de coopération logistique pour acheminer plus rapidement des volumes nécessaires.
Si la situation reste évolutive, l’axe Alger‑Rome illustre la priorité donnée aujourd’hui à la sécurité énergétique en Europe. L’Italie, fortement dépendante des importations de gaz, tente de réduire sa vulnérabilité face à des chocs externes qui peuvent affecter aussi bien les contrats que les cours.
La visite de Giorgia Meloni à Alger apparaît ainsi comme une étape opérationnelle : elle vise à traduire en accords concrets une préoccupation stratégique qui s’est accentuée ces dernières semaines.





