Irak : le Cadre de coordination désigne Nouri Al‑Maliki candidat du bloc majoritaire à la primature, investiture dépendante du président et des alliances

Share This Article:

Le Cadre de coordination a désigné Nouri Al‑Maliki comme candidat du plus grand bloc parlementaire pour la primature en Irak. Décision clé mais non définitive : l’investiture dépend de l’élection présidentielle et de sa capacité à forger une coalition, dans un contexte politique marqué par des controverses sur son bilan.

Le Cadre de coordination désigne Nouri Al-Maliki

Samedi 24 janvier, la principale alliance chiite irakienne a annoncé son soutien à la candidature de l’ancien premier ministre Nouri Al‑Maliki pour un nouveau mandat à la tête du gouvernement.

Le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux « liens divers avec l’Iran », a indiqué dans un communiqué avoir « décidé, à la majorité des voix, de désigner » M. Maliki « en tant que candidat du plus grand bloc parlementaire ». Le texte souligne également « son expérience politique et administrative et son parcours dans la gestion de l’Etat », selon une dépêche de l’Agence France‑Presse (AFP).

Procédure institutionnelle et calendrier politique

Après les élections législatives de novembre, le Cadre de coordination s’est constitué en tant que bloc majoritaire au Parlement irakien. Le choix de M. Maliki intervient au terme d’âpres discussions internes au sein de l’alliance, qui ont porté sur la désignation du futur chef du gouvernement et sur la stratégie de négociation avec les partis sunnites et kurdes pour la répartition des postes ministériels.

Le Parlement avait, le mois dernier, élu un président et prévoit de se réunir prochainement pour élire le président de la République. Conformément au processus constitutionnel rappelé par les responsables politiques, c’est ensuite au président de la République d’investir — c’est‑à‑dire de confier officiellement — au candidat désigné la tâche de former le gouvernement. Le successeur devra remplacer l’actuel chef du gouvernement, Mohamed Chia Al‑Soudani.

Une figure politique aux deux mandats

Nouri Al‑Maliki, 75 ans, est une figure centrale de la vie politique irakienne depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Il reste, depuis l’invasion américaine de 2003, le seul premier ministre à avoir exercé deux mandats consécutifs, de 2006 à 2014.

Dans le système politique irakien post‑2003, la répartition des principales fonctions suit une convention non écrite: le poste de premier ministre revient traditionnellement à un chiite, la présidence du Parlement à un sunnite et la présidence de la République à un Kurde. Cette organisation vise à maintenir un équilibre entre les principales composantes confessionnelles et ethniques du pays.

Controverses et responsabilités passées

La personnalité et le bilan de M. Maliki suscitent des débats. Il a, par le passé, fait l’objet d’accusations — notamment de corruption — et est critiqué pour des pratiques politiques qui, selon certains observateurs, ont accru les fractures confessionnelles du pays. Ces divisions sont fréquemment mises en relation avec l’affaiblissement des institutions et, in fine, avec l’essor du groupe djihadiste Etat islamique.

Ces éléments figurent dans les analyses et les critiques formulées par ses adversaires politiques et certains observateurs internationaux. Le communiqué du Cadre de coordination, lui, met l’accent sur son expérience et son parcours administratif plutôt que sur ces controverses.

Les étapes à venir et les incertitudes

Désigner un candidat est une étape déterminante mais non suffisante pour la formation d’un gouvernement. La nomination officielle dépend de l’élection du président de la République, puis de la capacité du candidat à rassembler une coalition parlementaire stable et à présenter une équipe ministérielle acceptée par le Parlement.

Le contexte politique reste fragile: des négociations inter‑communautaires sont en cours, et la nature exacte des concessions entre chiites, sunnites et Kurdes peut encore évoluer. Le choix de M. Maliki par le plus grand bloc parlementaire traduit la volonté d’affirmer une ligne politique précise, mais il ouvre aussi la voie à de nouvelles tractations, tant sur la composition du cabinet que sur les priorités législatives.

En l’état, la décision du Cadre de coordination consacre M. Maliki comme candidat du bloc majoritaire ; elle n’équivaut pas à une nomination définitive. Les prochains jours et la tenue des scrutins constitutionnels mentionnés détermineront si cette désignation se traduira par un retour effectif de M. Maliki au poste de premier ministre.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique