Israël a annoncé de nouvelles frappes contre l’Iran tandis que des attaques par missiles et drones continuent de viser des infrastructures énergétiques dans le Golfe. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l’Iran était « en train d’être décimé », une déclaration destinée à souligner l’efficience militaire de son pays mais qui n’a pas été accompagnée d’un calendrier précis.
Nouvelles frappes et déclarations officielles
Selon les déclarations diffusées lors d’une conférence de presse, Benjamin Netanyahu a assuré que Téhéran n’avait plus « la capacité d’enrichir de l’uranium » ni « de produire des missiles balistiques ». « Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent », a-t-il ajouté, sans préciser de date.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a mis en garde contre toute nouvelle attaque contre les infrastructures iraniennes. « Notre réponse à l’attaque israélienne contre nos infrastructures n’a mobilisé qu’une FRACTION de notre puissance », a-t-il déclaré, soulignant le risque d’escalade.
Cibles énergétiques dans le Golfe et conséquences sur le marché
Les frappes et contre-frappes ont principalement touché des installations énergétiques au Golfe. Des pays du Golfe — y compris les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Bahreïn — ont signalé des tirs de missiles et des tentatives d’attaque par drones. Au Koweït, une raffinerie a de nouveau été la cible d’un raid par drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs unités.
Ces incidents ont pesé sur les marchés : le baril de Brent, référence internationale, a été évoqué aux alentours de 107 dollars, et le prix du gaz européen (référence TTF) a atteint des niveaux inédits depuis 2023. Le Qatar a estimé que sa capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) avait été réduite de 17 % après des attaques visant le site de Ras Laffan, le plus important du pays.
Les frappes iraniennes ont été présentées comme une réponse aux attaques israéliennes visant la zone offshore de South Pars/North Dome, le plus grand gisement gazier partagé entre l’Iran et le Qatar. Ces développements ont alimenté des craintes d’une perturbation plus large des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Réactions internationales et mesures d’urgence
Aux plans diplomatique et économique, plusieurs acteurs ont appelé à la retenue. L’Union européenne a demandé un moratoire sur les attaques ciblant les infrastructures énergétiques et hydrauliques afin d’éviter une crise énergétique mondiale. Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d’une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz « sous l’égide de l’ONU », tout en précisant que toute contribution internationale dépendrait d’un arrêt des combats.
Aux États-Unis, l’ancien président Donald Trump a demandé à Israël de ne plus viser les installations énergétiques iraniennes; selon le texte d’origine, M. Netanyahu a indiqué qu’Israël s’y conformerait. Paradoxalement, le même camp a aussi brandi la menace d’une riposte majeure contre les gisements si les attaques se poursuivaient.
Pour tenter de détendre les marchés, les États membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks pétroliers. Un total de 426 millions de barils, principalement de brut, doit être mis à disposition afin de stabiliser l’offre mondiale.
Le Liban et la médiation française
Sur un autre front, le Liban reste entraîné dans le conflit depuis le 2 mars, après des échanges avec le mouvement Hezbollah. Le président libanais Joseph Aoun a appelé à une trêve et à la reprise de négociations, lors d’une visite du ministre français des Affaires étrangères. Paris a indiqué vouloir faciliter des discussions directes entre les parties, sans toutefois proposer un « plan » pour le Liban, a précisé Emmanuel Macron.
Le contexte régional s’est alourdi en coïncidence avec des fêtes religieuses : le vendredi cité dans le texte correspondait à Norouz (Nouvel an persan) et à l’Aïd el-Fitr célébré dans plusieurs pays musulmans; l’Iran a, pour sa part, fixé au samedi la fin du ramadan et la fête y afférente.
Le reportage et la synthèse proviennent des bureaux de l’Agence France-Presse à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington.
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