Laurent Nuñez en Algérie le 16 février pour relancer la coopération sécuritaire: sécurité, réadmissions, terrorisme et dossier Gleizes

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Laurent Nuñez se rendra en Algérie lundi et mardi pour tenter de relancer un dialogue ministériel « au plus bas ». Sécurité, réadmissions, lutte contre le terrorisme et le narcotrafic seront au cœur des échanges, tandis que le cas du journaliste Christophe Gleizes reste un point sensible, sans promettre une normalisation rapide des relations franco‑algériennes.

Une visite diplomatique au cœur de relations tendues

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a accepté l’invitation de son homologue algérien et se rendra en Algérie lundi et mardi, a confirmé jeudi 12 février son entourage à l’Agence France-Presse (AFP). Ce déplacement intervient alors que la coopération sécuritaire et migratoire entre Paris et Alger est, selon les termes employés, « au plus bas », sur fond de tensions profondes entre les deux pays.

Selon la même source, le ministre français s’est entretenu par téléphone avec son homologue jeudi après‑midi pour préparer cette visite. Ce contact téléphonique, ainsi que l’acceptation de l’invitation, marquent une reprise apparente des échanges à un niveau ministériel, après une période de fortes divergences diplomatiques.

Objectifs affichés : sécurité, réadmissions et lutte contre les trafics

Lors d’une déclaration quelques jours plus tôt sur BFM‑TV, Laurent Nuñez avait confirmé avoir reçu l’invitation et affirmé qu’il « y répondrait ». Il avait alors précisé : « On travaille aux conditions de cette visite », se disant satisfait « de ce que les échanges sécuritaires [aient] repris entre les deux pays ». Il avait aussi listé plusieurs thèmes qui seront abordés, citant « la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic… ».

Le terme de réadmissions renvoie aux procédures visant le retour vers leur pays d’origine des ressortissants résidant de manière irrégulière sur le territoire d’accueil. Dans le contexte franco‑algérien, ces questions migratoires sont souvent liées à des accords administratifs et à des enjeux de coopération policière. La reprise des discussions sur ce sujet témoigne d’une volonté mutuelle de rouvrir des canaux de dialogue, au moins au niveau sécuritaire.

La lutte contre le terrorisme et le narcotrafic figure également parmi les priorités annoncées. Ces dossiers impliquent des échanges d’information, des opérations coordonnées et, parfois, des demandes d’extradition ou de réadmission. La capacité des deux pays à travailler de concert sur ces enjeux est jugée essentielle par les autorités françaises pour la gestion des flux et pour la sécurité intérieure.

Le contexte politique et médiatique entourant la visite

Début février, le ministre français avait indiqué qu’il attendait « une amorce de réponse d’Alger » aux demandes formulées par Paris. Ces demandes portaient notamment sur le retour en Algérie de ressortissants algériens en situation irrégulière en France et sur le cas particulier du journaliste sportif Christophe Gleizes, arrêté en mai 2024 alors qu’il préparait un article sur la JS Kabylie, club de football mentionné comme « le plus titré du pays » dans les informations disponibles.

Le dossier de Christophe Gleizes, tel que rapporté, figure parmi les points de friction sensibles. Sa mention publique par les autorités françaises souligne l’importance accordée par Paris à ce cas précis. Les communications officielles évoquent ces sujets sans nécessairement en dévoiler tous les détails, ce qui laisse subsister des zones d’incertitude autour de certaines procédures et demandes diplomatiques.

Au-delà des dossiers concrets, cette visite ministérielle doit être lue comme un signe politique. Accepter de se rendre dans le pays voisin, dialoguer au plus haut niveau et préparer la rencontre par téléphone sont autant d’éléments qui montrent la volonté de maintenir — ou de renouer — un canal de communication, malgré des désaccords persistants.

Enjeux et limites d’une reprise des échanges

La reprise partielle des échanges sécuritaires n’implique pas une normalisation automatique de l’ensemble des relations bilatérales. Les tensions profondes évoquées dans les communiqués renvoient à des désaccords plus larges, parfois politiques et diplomatiques, qui dépassent les seuls dossiers de sécurité et de migration.

Sur le plan opérationnel, la coopération sur les réadmissions et la lutte contre les trafics suppose des garanties administratives et juridiques, ainsi qu’une confiance réciproque. Ces éléments peuvent prendre du temps à se reconstituer après une période de crispation. La visite de Laurent Nuñez permettra sans doute d’évaluer l’état réel de cette confiance et d’identifier des pistes concrètes de coopération.

Les informations actuellement disponibles proviennent principalement de l’AFP et des déclarations publiques citant BFM‑TV. Elles décrivent l’intention et les thèmes de la visite sans fournir d’agenda détaillé ni de résultats immédiats. Il faudra attendre la tenue des entretiens pour mesurer l’impact concret de ce déplacement sur la coopération franco‑algérienne.

Parlons Politique

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