Hommage et rencontres à Bombay
Emmanuel Macron retrouve, mardi 17 février, le premier ministre indien Narendra Modi à Bombay, capitale économique de l’Inde, pour tenter de renforcer un partenariat stratégique bilatéral déjà dense.
Arrivé dans la nuit pour ce quatrième voyage en Inde depuis 2018, le président français se rendra d’abord au Taj Mahal Palace pour rendre hommage aux victimes des attentats de Bombay en 2008. Ces attaques, retransmises en direct par les caméras du monde entier, avaient fait 166 morts, dont deux Français. Pendant trois jours, les assaillants avaient commis des attaques à la mitrailleuse AK-47 et à la grenade dans plusieurs lieux de la métropole, y compris dans cet hôtel historique.
Après cet hommage, Emmanuel Macron déjeunera avec six personnalités du cinéma indien, Bollywood ayant son cœur industriel à Bombay. Selon l’Élysée, il entend discuter des « coopérations possibles » dans le secteur et « mettre en valeur l’attractivité de la France pour les tournages ».
Entretiens bilatéraux et annonces industrielles
Narendra Modi, venu spécialement à Bombay, rejoindra le président vers 15 heures locales (10 h 30 à Paris) pour une série d’entretiens, suivis de déclarations à la presse et d’un dîner dans le cadre du Taj Mahal Palace. Les services du premier ministre ont indiqué que « les discussions porteront sur la consolidation du partenariat stratégique et sur sa diversification dans des secteurs nouveaux et émergents ».
L’Élysée ajoute que ces échanges visent à « continuer à ancrer la relation bilatérale en la tournant résolument vers l’avenir ». Ils interviennent alors que l’Inde a confirmé son intention d’acquérir 114 avions de combat Rafale supplémentaires, une commande sans précédent pour Dassault qui viendrait s’ajouter aux 62 appareils déjà acquis.
Les deux dirigeants inaugureront également, à distance, une chaîne de montage d’hélicoptères Airbus H125 située près de Bangalore, à environ 1 000 kilomètres de Bombay. Annoncée lors de la dernière visite présidentielle en Inde en janvier 2024, cette ligne devrait être opérationnelle en avril et permettre le premier vol du H125 « Made in India » d’ici la fin de l’année.
Cette première ligne d’assemblage d’hélicoptères Airbus gérée par un groupe privé indien, le conglomérat Tata Group, a été conçue pour produire à terme la variante militaire H125M.
Innovation, IA et contexte géopolitique
Les deux chefs d’État donneront le coup d’envoi de l’année franco-indienne de l’innovation en présence de dirigeants d’entreprises et de chercheurs. Le contexte international — tensions commerciales impulsées par Donald Trump et la montée en puissance de la Chine — figurera parmi les thèmes abordés lors des entretiens.
Sur la question du conflit en Ukraine, le texte rappelle que Narendra Modi n’a pas condamné l’invasion russe, malgré la longue coopération militaire entre New Delhi et Moscou. Le premier ministre s’est toutefois rendu à Kiev en septembre 2024 et fait l’objet de pressions, notamment de la part de Donald Trump, pour réduire les importations indiennes de pétrole russe.
Le volet technologique occupera une place importante : Macron et Modi, qui président respectivement le G7 et le groupe des Brics cette année, vont « explorer les convergences possibles » pour « défendre et promouvoir le multilatéralisme à un moment où il est particulièrement remis en cause », selon l’Élysée.
La suite de la visite se déroulera autour de l’intelligence artificielle (IA). Un dîner inaugural à New Delhi marquera l’ouverture du Sommet mondial pour l’Impact de l’IA, mercredi soir, avant le lancement officiel prévu jeudi. Ce rendez-vous, lié au sommet de Paris sur l’IA de février 2025, rassemblera une quinzaine de chefs d’État et se penchera sur l’investissement, la « recherche scientifique en faveur de l’intérêt général » et « l’accès par tous aux outils technologiques », précise l’Élysée.
En marge de ce sommet, Emmanuel Macron doit rencontrer le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva ainsi que les dirigeants de Google et de la start-up américaine Anthropic, concurrente d’OpenAI. Il inaugurera par ailleurs le Centre franco-indien de l’IA en santé globale mercredi à New Delhi.
Cette visite met en lumière la volonté des deux pays de conjuguer ambitions industrielles, coopération technologique et diplomatie multilatérale, sur fond de rivalités et de défis géostratégiques régionaux et mondiaux.





