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SCAF bloqué : pourquoi Airbus et Dassault s’affrontent, quelle médiation Paris‑Berlin et quel impact sur l’autonomie stratégique européenne

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Le SCAF — programme européen de combat aérien lancé en 2017 et estimé à ~100 milliards d’euros — est paralysé par un conflit industriel entre Dassault et Airbus. Paris et Berlin lancent une mission de médiation d’ici mi‑avril pour rapprocher les industriels, trancher sur l’architecture, la gouvernance et le calendrier, et préserver l’autonomie capacitaire européenne.

La France et l’Allemagne tentent de débloquer le dossier du Système de combat aérien du futur (SCAF), embourbé depuis plusieurs mois dans un conflit industriel entre Airbus et Dassault. Le président de la République a annoncé, lors du sommet européen à Bruxelles, la mise en place d’une « mission de rapprochement » entre les deux groupes « dans les semaines qui viennent », selon un compte rendu cité par Le Monde.

Contexte et objectifs du SCAF

Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, le SCAF vise à concevoir l’architecture aérienne qui succédera aux actuels Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040. Le projet, auquel l’Espagne s’est jointe en 2019, est présenté comme un programme capacitaire majeur pour l’Europe et son budget est estimé à environ 100 milliards d’euros.

Militaires et États partenaires soutiennent l’idée d’un système interopérable alliant aéronef de nouvelle génération, drones collaboratifs et capacités de commandement et de renseignement. Mais l’avancée du programme dépend surtout d’un accord entre les industriels chargés de sa mise en œuvre : Dassault pour la France, et Airbus (avec la participation allemande et espagnole) pour l’Allemagne et l’Espagne.

Blocage entre industriels

Le principal frein actuel n’est pas politique mais industriel : « les industriels, Airbus et Dassault, n’arrivent pas à s’entendre », a déclaré le chef de l’État. De son côté, Éric Trappier, PDG de Dassault, a affirmé que « Airbus ne veut plus travailler avec Dassault ». Airbus a toutefois laissé la porte ouverte à une autre configuration en indiquant, le 19 février, qu’il accepterait une solution à deux avions de combat « si les États l’exigent ».

Trois éléments expliquent en partie cette confrontation : la répartition des rôles industriels, les choix technologiques (architecture du futur avion, niveau de souveraineté industrielle) et le partage des responsabilités financières et contractuelles. Ces sujets sont au cœur des négociations, car ils déterminent à la fois l’organisation du travail et les retombées industrielles pour chaque pays impliqué.

Médiation franco‑allemande et calendrier

Mercredi soir, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont entretenus en tête‑à‑tête à Bruxelles, où le SCAF figurait au menu de leur dîner. Le président a déclaré : « Je crois beaucoup à ce projet. Je pense qu’il est pertinent stratégiquement », ajoutant que « les armées française et allemande pensent qu’il est pertinent ».

D’après un responsable allemand cité par Le Monde, Paris et Berlin ont décidé de « convenir d’une dernière tentative de médiation entre les industriels, qui sera menée par des experts ». En raison des décisions à venir sur le budget fédéral allemand, il « faut aboutir à un résultat d’ici à la mi‑avril », précise la même source.

Emmanuel Macron a résumé la mission de la manière suivante : « Notre travail, c’est de faire en sorte qu’ils s’entendent » sur un « cap » jugé « clair » et consensuel entre les parties prenantes. La médiation prévue vise à identifier les voies de convergence sur l’architecture, la gouvernance industrielle et le calendrier contractuel.

Si cette tentative aboutit, elle devra conduire à des arbitrages précis sur le rôle de Dassault et d’Airbus dans la conception et la production, ainsi que sur les modalités de coopération avec l’Espagne. À défaut d’accord, plusieurs scénarios sont envisagés par les observateurs, depuis un redéploiement des responsabilités jusqu’à une révision de l’ambition initiale du programme — sans que ces options aient été confirmées publiquement par les États.

Le SCAF reste un enjeu stratégique majeur pour la politique de défense européenne : il porte des décisions industrielles et politiques qui auront des effets à long terme sur l’autonomie capacitaire des pays partenaires. La fenêtre de la mi‑avril apparaît désormais comme une échéance clé pour savoir si les industriels parviendront à dépasser leurs différends et relancer un programme lancé il y a près d’une décennie.

Parlons Politique

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