Donald Trump a affirmé que l’Iran cherche à négocier un accord pour mettre fin à la guerre, malgré les démentis officiels de Téhéran, alors que les combats et les frappes se poursuivent à travers la région.
Prétendues négociations et démentis
Intervenant mercredi soir devant des parlementaires républicains à Washington, le président américain a assuré que «ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire». Il a ajouté: «Ils ont aussi peur qu’on les tue», situant sa déclaration au 27e jour d’un conflit qui embrase le Moyen-Orient et pèse sur l’économie mondiale.
Plus tôt dans la journée, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était «prêt à déchaîner l’enfer» si Téhéran faisait «encore un mauvais calcul». Aucune information publique n’a été fournie sur l’identité des responsables iraniens cités par Washington comme étant en charge d’éventuelles négociations.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a pour sa part déclaré que l’Iran n’a «pas l’intention de négocier» et qu’il compte «continuer à résister». Il a précisé que des messages peuvent être transmis, mais que cela ne constitue «en aucun cas» un dialogue ou une négociation, et que l’Iran souhaite «mettre fin à la guerre à ses propres conditions».
Selon des médias américains et israéliens, une proposition américaine en quinze points aurait été transmise à l’Iran via Islamabad. Deux hauts responsables pakistanais ont confirmé que le Pakistan, qui entretient de bons rapports avec Téhéran et Washington, a servi d’intermédiaire. Pékin a, de son côté, indiqué voir «des signaux en faveur de négociations» émis à la fois par les États-Unis et par l’Iran, sans pour autant signaler de percée diplomatique.
Bilan des opérations militaires
Sur le plan militaire, les affrontements se poursuivent. L’armée israélienne a annoncé avoir mené des «frappes à grande échelle» jeudi sur des infrastructures en Iran, notamment dans la région d’Ispahan, au centre du pays. Israël a également déclaré avoir été la cible de nouvelles attaques de missiles iraniennes.
Les États du Golfe — Arabie saoudite, Koweït et Bahreïn — ont rapporté faire face à de nouvelles attaques touchant parfois des infrastructures énergétiques et des intérêts américains. L’armée américaine a affirmé avoir endommagé ou détruit «plus des deux tiers» des installations iraniennes de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals, et avoir infligé des pertes estimées à «92%» de la flotte iranienne.
Au Liban, où le Hezbollah pro-iranien est engagé contre Israël, les frappes israéliennes ont provoqué un déplacement massif de population. Les autorités évoquent plus d’un million de personnes déplacées depuis l’extension du conflit au territoire libanais. L’armée israélienne a aussi signalé qu’un de ses soldats avait été grièvement blessé par un tir de mortier en provenance du Liban.
Répercussions économiques et diplomatiques
Le quasi-blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, par lequel transitent généralement 20% du pétrole mondial, a entraîné une hausse marquée des cours du brut. Le texte original indique une progression d’environ 60% des prix du pétrole depuis le début de l’attaque israélo-américaine, le 28 février. Jeudi, les cours du Brent et du WTI remontaient après un léger repli la veille, alors que Téhéran a annoncé autoriser le passage de navires de pays «non-hostiles».
Face à cette situation, le Japon — fortement dépendant des flux d’Ormuz — a annoncé devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques de pétrole. Les perturbations sur le marché énergétique pèsent aussi sur les perspectives économiques mondiales.
Sur le plan diplomatique, plusieurs initiatives ont été lancées pour tenter de contenir la crise. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a qualifié le conflit de «hors de contrôle». Les ministres des Affaires étrangères du G7 doivent consacrer une session au dossier, tandis que des responsables comme le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius ont déploré l’absence de «consultation», de «stratégie» et surtout d’une «stratégie de sortie» claire.
Jusqu’ici, ces efforts n’ont pas abouti à une désescalade tangible et aucune avancée diplomatique concrète n’a été annoncée publiquement.
Les bureaux de l’AFP à Téhéran, Jérusalem, Dubaï, Bagdad, Beyrouth et Washington.
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