Le président des États-Unis, Donald Trump, a menacé mardi 20 janvier d’instaurer des droits de douane exceptionnels de 200 % sur les vins et champagnes français, après le refus d’Emmanuel Macron d’intégrer ce qu’il appelle un « conseil de la paix ».
Menace tarifaire et échange verbal
Selon les propos rapportés par des journalistes présents, M. Trump a réagi au refus de M. Macron en déclarant : « Il a dit ça ? Eh bien, personne ne veut de lui, parce qu’il sera bientôt sans mandat ». Il a ensuite ajouté : « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer ». Ces déclarations ont été tenues en Floride, lundi soir, heure de la côte est des États-Unis.
Dans le même échange, M. Trump a confirmé avoir invité le président russe Vladimir Poutine à rejoindre ce conseil de la paix, qu’il conçoit comme une instance destinée à œuvrer à la résolution des conflits internationaux, en parallèle et en concurrence avec l’Organisation des Nations unies. À la question d’un journaliste, il a répondu simplement : « Oui, il a été invité ».
Qui est invité et quel objectif ?
L’initiative américaine visait, selon les éléments présentés par la Maison-Blanche, à rassembler des dirigeants internationaux pour tenter d’obtenir une cessation des hostilités liées à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. Outre la Russie, la liste des invités citée dans l’article mentionne le roi de Jordanie Abdallah II et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. Emmanuel Macron figurait également parmi les personnes sollicités, en sa qualité de président de la République française.
La portée exacte et le champ d’action de cette nouvelle instance faisaient l’objet d’un texte proposé transmis aux partenaires. Le dossier, selon l’entourage français, « dépasse le seul cadre de Gaza » et susciterait des interrogations sur son articulation avec les mécanismes existants, notamment ceux des Nations unies.
Réponse française et réserves diplomatiques
Le Quai d’Orsay a indiqué, lundi en début d’après-midi, qu’« en lien avec nos proches partenaires, nous examinons actuellement les dispositions du texte proposé comme fondement de cette nouvelle instance, dont le projet dépasse la seule situation à Gaza ». Quelques heures plus tard, l’entourage d’Emmanuel Macron a précisé que la France « n’entend[ait] pas donner de suite favorable » à ce stade.
Selon un document consulté par l’Agence France-Presse, l’invitation à rejoindre le conseil de la paix serait valable pour une durée de trois ans. Toujours selon cette source, une place permanente au sein de l’instance serait conditionnée à une contribution financière fixée à 1 milliard de dollars, soit environ 860 millions d’euros.
L’entourage du chef de l’État français a souligné des « questions majeures », en particulier en matière de respect des principes et de la structure des Nations unies, « qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause ». Ces réserves expliquent en partie le refus de donner une réponse positive immédiate.
Points de tension et implications économiques
La menace d’une taxe douanière de 200 % touche un secteur symbolique pour la France : vins et champagnes représentent à la fois un intérêt économique et une image culturelle. L’annonce d’une telle mesure, si elle était appliquée, pourrait avoir des conséquences sur les échanges bilatéraux et provoquer des ripostes commerciales.
Sur le plan diplomatique, la création d’une instance parallèle à l’ONU soulève des questions sur la légitimité, le mode de décision et le financement. L’exigence d’un engagement financier d’un milliard de dollars pour obtenir une place permanente souligne la dimension stratégique et politique de cette proposition.
Ce que disent les sources citées
Les éléments factuels repris ici proviennent des déclarations publiques attribuées à Donald Trump, des communiqués du ministère français des Affaires étrangères et d’un document cité par l’Agence France-Presse. Les citations reproduites sont celles rapportées par les journalistes présents et par les sources diplomatiques évoquées dans les dépêches.
Le dossier reste en cours d’examen par les autorités françaises, qui mettent en balance les objectifs annoncés par les États-Unis et le cadre juridique et multilatéral existant. À ce stade, la France n’a pas donné d’accord formel pour rejoindre le conseil de la paix proposé par Washington.





