Venezuela: Delcy Rodríguez annonce une nouvelle ère politique après l’éviction de Maduro et la libération de 406 prisonniers, chiffres contestés par les ONG

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Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, annonce une « nouvelle ère politique » et la libération de plusieurs détenus politiques — chiffres contestés par les ONG — en misant sur le dialogue, la réouverture diplomatique et la normalisation.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a affirmé mercredi 14 janvier que le pays entrait « dans une nouvelle ère politique », liant sa déclaration à la capture, le 3 janvier, du chef de l’État Nicolás Maduro au cours d’une opération militaire américaine, selon le communiqué qu’elle a tenu devant la presse au palais présidentiel de Miraflores. Ses propos dressent le cadre d’un recentrage politique axé sur le dialogue malgré les divergences idéologiques, selon elle.

Les annonces sur les libérations et les chiffres contradictoires

Delcy Rodríguez a annoncé que Caracas avait « libéré 406 prisonniers politiques depuis décembre 2025 », précisant que ce geste s’inscrivait dans un processus dont, toujours selon elle, l’initiateur aurait été Nicolás Maduro. « Ce processus n’est pas encore terminé, il reste ouvert », a-t-elle ajouté.

Ces chiffres sont contestés par l’ONG Foro Penal, qui recense environ 180 libérations lorsqu’on additionne deux vagues distinctes — celle de décembre et une série plus récente de libérations au compte‑gouttes —, soit un écart notable par rapport au total avancé par la dirigeante.

Par ailleurs, le syndicat de la presse SNTP et Foro Penal ont déclaré, mercredi, qu’au moins 17 journalistes et employés de presse avaient été remis en liberté, information citée par la présidence par intérim lors de son allocution.

La présidente par intérim a précisé que les remises en liberté excluent les personnes poursuivies pour « des délits graves » tels que l’homicide et le narcotrafic, tandis que seraient pris en compte des infractions liées à « l’ordre constitutionnel », ainsi qu’à « la haine, la violence et l’intolérance », formulation qu’elle a elle‑même utilisée.

Contexte politique et gestes d’ouverture

Ancienne vice‑présidente de Nicolás Maduro, Delcy Rodríguez a été investie le 5 janvier à la présidence par intérim. Depuis son investiture, elle a signé des accords pétroliers avec les États‑Unis et multiplie les signes d’ouverture destinés à relancer des canaux diplomatiques et économiques.

Elle plaide notamment pour « ouvrir des voies de dialogue » avec l’Europe, bloc qui n’avait pas reconnu la réélection de Nicolás Maduro en 2024, avait imposé des sanctions au pays et soutenu l’opposante María Corina Machado, rappelle son discours.

Un autre signe concret d’assouplissement a été la réouverture, pour certains opérateurs, du réseau social X — bloqué dans le pays pendant plus d’un an sous la présidence de Nicolás Maduro —, mesure que la présidence a mise en avant comme preuve d’un retour progressif à la normalisation des communications.

Sur son compte, Delcy Rodríguez a publié un message invitant à l’unité: « Nous reprenons contact par cette voie… Restons unis, avançons vers la stabilité économique, la justice sociale et l’État‑providence auquel nous méritons d’aspirer ! »

La biographie publique de la dirigeante mentionne, selon le texte cité lors de son intervention, qu’elle se présente comme « Présidente intérimaire de la République bolivarienne du Venezuela. Aux côtés du président Nicolás Maduro sur le chemin de Bolívar et de Chávez », formulation qui illustre la continuité revendiquée avec le courant chaviste.

Arrestations antérieures et enjeux des libérations

Sous la présidence de Nicolás Maduro, des centaines de personnes ont été arrêtées et poursuivies notamment pour « incitation à la haine » et « trahison à la patrie », des chefs d’accusation souvent invoqués dans des contextes électoraux et lors de manifestations politiques, rappelle le bilan évoqué par les acteurs de la société civile.

La question des détenus politiques constitue un enjeu central pour la crédibilité de la présidence par intérim et pour la reprise des relations internationales. Les divergences entre les chiffres officiels et ceux fournis par des ONG locales soulignent toutefois la nécessité d’une vérification indépendante et d’un suivi transparent des procédures judiciaires.

Sur le plan diplomatique, la manière dont seront traitées les personnes exclues du processus — notamment celles poursuivies pour des « délits graves » — restera un point de friction avec des partenaires internationaux sensibles aux droits humains et à l’état de droit.

Une transition annoncée, un processus à consolider

Dans son intervention, Delcy Rodríguez a présenté les libérations et la réouverture de certaines voies de communication comme des premiers pas vers la stabilité. Les organisations de la société civile et des syndicats de la presse ont confirmé plusieurs libérations, mais ont aussi relevé des écarts statistiques et demandé des garanties procédurales.

À ce stade, le gouvernement de transition met en avant des gestes d’ouverture tandis que des acteurs indépendants appellent à la transparence et à la consolidation d’un processus judiciaire clair. Les annonces restent donc à suivre quant à leur mise en œuvre effective et à leur capacité à rapprocher des positions longues et conflictuelles au Venezuela.

Parlons Politique

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