Venezuela : Macron salue la fin de la dictature après la capture de Nicolás Maduro, provoquant une vive contestation de la gauche et des manifestations

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Emmanuel Macron a « pris acte » de la fin de la « dictature Maduro » après une opération américaine ayant entraîné la capture de Nicolás Maduro, appelant à une transition « pacifique, démocratique » et au respect du droit international. Sa prise de position a suscité une vive contestation de la gauche (Mélenchon, PS, PCF), des manifestations à Paris et un débat politique intense sur la légitimité de l’intervention et la souveraineté du Venezuela.

Emmanuel Macron a « pris acte », samedi 3 décembre, de la fin de la « dictature Maduro », jugeant que « le peuple vénézuélien ne peut que s’en réjouir ». Dans un message publié sur X, le chef de l’État a dénoncé une confiscation du pouvoir et des atteintes aux libertés fondamentales imputées à Nicolas Maduro, sans évoquer explicitement les attaques américaines qui ont conduit à la capture du président vénézuélien.

Peu après, l’entourage du président a précisé qu’il avait été « pris acte de l’opération américaine » et rappelé que « le droit international doit désormais être respecté ». Cette prise de position a immédiatement suscité de vives réactions au sein de l’opposition et de la gauche française.

Conséquences politiques et vive contestation à gauche

Jean‑Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dénoncé la déclaration du président comme n’étant « pas la voix de la France », estimant qu’elle « nous fait honte » et qu’elle constitue un abandon du droit international. Sur X, il a qualifié la situation de « jour sombre pour notre pays », propos relayés par Manuel Bompard, député LFI et coordinateur national du mouvement, qui a déploré que « la France [se réduise] à féliciter les coups de force de Trump ».

Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure a affirmé que « la France n’est pas un État vassal des USA » et que le président ne peut se comporter comme « un simple porte‑parole de la Maison‑Blanche ». Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, a estimé que M. Macron « piétine ce soir toute notre histoire diplomatique » et a qualifié la position présidentielle de « honte ». Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, a parlé d’une « honte ultime » et d’un rabaissement de la France au « rang de 51e État des USA ».

La ligne de l’exécutif : condamner la méthode, préparer la transition

Sur un registre plus institutionnel, le ministère des Affaires étrangères a condamné l’intervention en affirmant que celle‑ci « contrevenait au droit international ». Jean‑Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a rappelé que « aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur » et que les peuples souverains doivent décider de leur avenir.

Emmanuel Macron a pour sa part insisté sur la « transition à venir », qu’il souhaite « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ». Selon son entourage, il plaide pour que cette transition soit assurée « au plus vite » par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024. Le même entourage précise que le président a eu des échanges téléphoniques avec Donald Trump, le président argentin Javier Milei et le président brésilien Lula.

Donald Trump a déclaré, dans les heures qui ont suivi l’intervention, que les États‑Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu. Cette posture a amplifié les tensions diplomatiques et nourri les critiques visant la légitimité d’une opération extérieure.

Mobilisations et équilibres politiques

Samedi en fin d’après‑midi, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées place de la République à Paris pour protester contre l’attaque, selon un reportage de l’Agence France‑Presse (AFP). Certains manifestants brandissaient des drapeaux vénézuéliens. Jean‑Luc Mélenchon, présent parmi les manifestants, a appelé à « exiger la libération et le retour immédiat de Nicolas Maduro libre au Venezuela ».

Plusieurs responsables ont tenté un exercice d’équilibriste : condamner l’intervention américaine tout en refusant d’apparaître comme des soutiens de Nicolas Maduro. L’eurodéputé social‑démocrate Raphaël Glucksmann a résumé cette position en déclarant qu’il ne verserait « pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro », tout en avertissant que l’on entre « dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort ».

Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a dit ne pas regretter le départ du « dictateur » tout en voyant dans l’opération un signe que le monde est désormais gouverné par la force. Il a invité les États européens à s’adapter pour ne pas rester de « spectateurs impuissants ». Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a jugé que le régime de Nicolas Maduro était « communiste, oligarchique et autoritaire », mais a insisté sur le principe de souveraineté des États, qu’elle juge « jamais négociable ».

Enfin, Bruno Retailleau, président des Républicains, a montré une tonalité plus conciliante vis‑à‑vis des États‑Unis en estimant que la lutte contre le narcotrafic pouvait justifier « une réplique ferme », tout en rappelant que la souveraineté vénézuélienne restait « sacrée ».

Le débat politique en France reste donc marqué par la dualité entre condamnation d’une intervention extérieure et reconnaissance du caractère autoritaire du régime renversé, avec des positions qui divergent fortement selon les familles politiques.

Parlons Politique

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