A Rognac, la méthode du RN mise en cause : plaintes pour harcèlement, mises au placard, licenciements et démissions après le rapport de la chambre régionale des comptes

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À Rognac, la première année de gestion du Rassemblement national est marquée par une série de plaintes — harcèlement, mises au placard, licenciements — et la démission de plusieurs adjoints, mettant en cause la « méthode Rognac » du maire Christophe Gonzalez. Le rapport de la chambre régionale des comptes et la réorganisation des services ravivent les interrogations sur la gestion des ressources humaines, fragilisant la majorité municipale et le climat social de la commune.

Harcèlement, mises au placard, licenciements, démissions d’adjoints : une série de plaintes et de signalements vise la première année de gestion du Rassemblement national (RN) à Rognac, commune des Bouches‑du‑Rhône. Ces accusations mettent en cause la manière dont la nouvelle majorité a réorganisé les services et géré les ressources humaines depuis sa prise de fonction.

Promesses de « Kärcher » et ambition de modèle

Arrivé à la tête de la mairie fin novembre 2024, le RN avait fait de Rognac un terrain d’expérimentation politique. Le maire Christophe Gonzalez promettait de « mettre fin à la mauvaise gestion » imputée aux mandatures précédentes — celles de Sylvie Miceli‑Houdais (Union des démocrates et indépendants) et de Stéphane Le Rudulier (Les Républicains) — et annonçait vouloir « passer le “Kärcher” » lors d’une présentation en conseil municipal d’un rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la période 2020‑2024.

Pour les cadres départementaux du parti et leurs alliés — notamment l’Union des droites pour la République, avec en première ligne le député RN Franck Allisio — Rognac, commune d’environ 12 500 habitants, devait devenir un exemple de transparence et de gestion vertueuse, en particulier en matière de ressources humaines. L’expression « méthode Rognac » a été utilisée pour désigner un modèle supposé transposable à d’autres municipalités conquises.

Des tensions internes qui éclatent

Plus d’un an après ces promesses, la réalité décrite par les opposants et plusieurs témoins présente un contraste marqué. Les témoignages recueillis par les services de la mairie et par des interlocuteurs locaux évoquent des pratiques qualifiées d’autoritarisme, ainsi qu’un déficit de concertation au sein de l’exécutif municipal.

Le 4 février, cinq adjoints ont rendu leur délégation, dont le premier adjoint Benoît Bourrillon. Dans la lettre collective accompagnant leur départ, ces élus dénoncent « des méthodes autoritaires, un manque de concertation et une dérive préoccupante du débat démocratique au sein du conseil municipal ». Ce départ collectif s’ajoute à une série d’autres incidents internes : mises à l’écart de cadres, ruptures de contrats et signalements déposés par des agents ou des représentants du personnel.

Le rapport de la chambre régionale des comptes et le climat social

Le rapport de la chambre régionale des comptes, présenté par l’équipe municipale lors de l’installation, pointait déjà plusieurs dysfonctionnements sur la période 2020‑2024. Il mentionnait notamment un « déficit d’encadrement et d’expertise », un « renouvellement important du personnel » et une « détérioration du climat social ». Ces constats ont servi de justification à la nouvelle majorité pour lancer une vaste réorganisation administrative.

Mais les changements engagés depuis la transition ont, selon certains témoins, accéléré les tensions. Harcèlement, mises au placard et licenciements sont des termes employés dans plusieurs signalements. Les plaignants et correspondants locaux affirment que la gestion des ressources humaines manque de transparence et de procédures clairement applicables, entraînant une perte de confiance parmi les agents municipaux.

Conséquences politiques et défi pour l’exécutif

Ces difficultés ont des répercussions politiques immédiates. Le maire Christophe Gonzalez, candidat à sa réélection, se retrouve fragilisé par la défection de plusieurs adjoints et par les critiques publiques. Pour l’opposition et certains observateurs, les démissions sont la traduction d’un malaise plus profond au sein de la majorité municipale.

Les cadres départementaux du RN et leurs alliés, qui présentaient Rognac comme une référence, font face à une contradiction entre l’image espérée et la situation locale. Les contestations internes risquent d’alimenter un scepticisme plus large sur la capacité de la méthode promise à être appliquée sans provoquer des effets secondaires en matière de gouvernance et de climat social.

Sur le terrain, les agents et élus locaux attendent des réponses concrètes : clarification des procédures de gestion du personnel, enquêtes internes si nécessaire, et reprise d’un dialogue formalisé au sein du conseil municipal. À ce stade, les témoignages et les départs d’élus illustrent surtout un processus de recomposition politique et administrative qui reste source d’aspérités et d’incertitudes pour les habitants de la commune.

Parlons Politique

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