Le parquet de Bordeaux a annoncé, mercredi 7 janvier, l’ouverture d’une enquête après la découverte d’une croix gammée tracée sur la plaque d’entrée d’une association accueillant des femmes en difficulté. Il s’agit du deuxième épisode de vandalisme visant cette structure, a précisé le parquet.
Une enquête confiée à la DIPN de la Gironde
L’enquête, pour « dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », a été confiée à la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de la Gironde, a indiqué le parquet. Cette qualification pénale souligne le caractère présumé discriminatoire des faits signalés par l’association.
Le communiqué du parquet ne détaille pas davantage les éléments matériels de l’enquête dans l’immédiat. Les investigations menées par la DIPN viseront notamment à établir les circonstances exactes de la dégradation et, le cas échéant, à identifier les auteurs.
Réactions de l’association et dépôt de plainte
Dans un communiqué, l’Association pour l’accueil des femmes en difficulté (Apafed) a dénoncé ces nouveaux actes. « Six mois après la vandalisation de notre plaque, le Centre d’accueil et d’écoute Gisèle-Halimi a de nouveau été ciblé par des actes de dégradation à caractère raciste et antisémite », écrit l’Apafed.
L’association a précisé avoir déposé une plainte mardi, dénonçant des « actes (…) graves, haineux et totalement inacceptables qui (…) visent à intimider un lieu de protection, d’écoute et de soutien dédié aux femmes et aux enfants victimes de violences ». Par ce dépôt de plainte, l’Apafed cherche à engager des poursuites et à documenter officiellement le préjudice subi par la structure et ses bénéficiaires.
Une double victimisation
Le Centre d’accueil et d’écoute Gisèle-Halimi est présenté par l’association comme un lieu de protection et de soutien pour des personnes en situation de vulnérabilité. En ciblant de nouveau cette structure, les auteurs présumés commettent, au-delà d’un dommage matériel, une atteinte à un service d’accompagnement destiné à des victimes de violences.
L’Apafed a exprimé sa consternation face à la répétition des faits. La mention « six mois après » dans le communiqué indique que le centre avait déjà subi une première dégradation, ce qui place ce nouveau fait dans la continuité d’un problème de harcèlement ou de ciblage du lieu.
Procédure et suites possibles
La qualification retenue par le parquet permet d’engager des investigations ciblées sur le caractère raciste ou antisémite des dégradations. Si les auteurs sont identifiés et reconnus coupables, ils s’exposent à des poursuites pénales qui tiennent compte de la circonstance aggravante liée à la motivation discriminatoire.
La DIPN de la Gironde, investie de l’enquête, devrait centraliser les actes d’enquête (relevés d’indices, auditions, examinations techniques) et transmettre les éléments au parquet pour décision sur d’éventuelles poursuites. Le calendrier des procédures dépendra des résultats des investigations et des suites judiciaires ultérieures.
Le cas illustre la sensibilité particulière des lieux d’accueil et d’écoute face aux manifestations de haine ciblée. Les associations qui assurent la prise en charge de personnes vulnérables peuvent se trouver doublement exposées : aux violences subies par leurs bénéficiaires et aux attaques dirigées contre l’institution même qui les protège.
Le parquet et la DIPN n’ont pas fait état, dans le communiqué cité, d’un calendrier précis pour la restitution des éléments de l’enquête ni d’informations complémentaires concernant d’éventuels indices matériels ou témoins. L’Apafed a pour sa part rendu public son indignation et sa plainte afin de signaler la gravité des faits et de solliciter l’action des autorités judiciaires.





