Dans un contexte budgétaire tendu, les collectivités territoriales confrontent une question récurrente et complexe : comment continuer à développer les compétences, attirer de nouveaux talents et fidéliser les agents en poste en leur offrant de véritables perspectives de carrière ? Cette équation, déjà pressante pour de nombreuses administrations locales, prendra une acuité nouvelle pour les équipes qui seront élues à la suite des élections municipales des 15 et 22 mars.
Un défi RH au cœur des équilibres budgétaires
Les marges de manœuvre financières réduites pèsent sur les politiques de ressources humaines. Entre les nécessités de maintien du service public et les contraintes de dépenses, les employeurs territoriaux doivent arbitrer entre investissements dans la formation, revalorisations salariales et dispositifs d’attractivité.
Dans ce cadre, la préservation des compétences devient un enjeu stratégique. Les départs à la retraite, la concurrence du secteur privé et les mutations des missions publiques demandent aux collectivités d’adapter leurs pratiques de gestion des carrières, sans disposer systématiquement des moyens supplémentaires attendus.
Le baromètre HoRHizons livre un constat nuancé
La dernière édition du baromètre HoRHizons, pilotée par les associations d’élus locaux et publiée mercredi 4 février, interroge ces tendances. L’enquête a été menée auprès de 1 006 collectivités et analyse les orientations mises en œuvre au sein de la fonction publique territoriale.
Les répondants affichent une ligne de confiance sur la politique RH : « Il y a une volonté politique affirmée de garder un cap en matière de ressources humaines [RH], en dépit d’évolutions normatives importantes et instables et dans un contexte de fortes contraintes budgétaires pesant sur les marges de manœuvre pour financer les politiques RH », affirment-ils dans le rapport.
Cette formulation souligne un double constat : d’une part la détermination des acteurs locaux à maintenir un socle de politiques RH, et d’autre part la reconnaissance d’un environnement juridique et financier difficile à maîtriser pleinement.
Quelles implications pour les nouvelles équipes municipales ?
Pour les équipes entrantes après les élections municipales, la question sera d’articuler volontés politiques et réalisme budgétaire. Maintenir les services, préserver les compétences clés et proposer des trajectoires professionnelles attractives exigent des priorisations claires et une capacité d’arbitrage.
Le baromètre, en dressant ce diagnostic, invite les décideurs locaux à penser la gestion des ressources humaines comme un levier de gouvernance territoriale. Il ne dicte pas de recettes universelles, mais insiste sur la nécessité d’un pilotage stratégique des RH, adapté aux contraintes locales.
À court et moyen terme, les collectivités devront conjuguer plusieurs objectifs : sécuriser les compétences indispensables au fonctionnement des services, limiter l’érosion des effectifs par des mesures de fidélisation, et maintenir une attractivité suffisante pour faire face aux besoins renouvelés en recrutement.
La nature exacte des réponses restera tributaire des choix locaux, des priorités politiques et des marges budgétaires disponibles. Le baromètre fait apparaître la volonté politique comme un élément central, sans pour autant effacer la contrainte financière qui en limite la portée.
Au-delà des seuls arbitrages budgétaires, la question des ressources humaines renvoie également aux modalités d’organisation du travail, à la formation continue et à la qualité du dialogue social. Ces facteurs impactent directement la capacité des collectivités à conserver les savoir-faire et à offrir des trajectoires professionnelles convaincantes.
En l’absence d’un contexte financier plus favorable, les élus et gestionnaires locaux devront donc privilégier des stratégies réalistes et ciblées, en gardant à l’esprit l’exigence de continuité du service public et la nécessité de préparer les transitions professionnelles au sein de la fonction publique territoriale.
Le baromètre HoRHizons apporte un éclairage utile sur ces enjeux en donnant la parole à 1 006 collectivités. Il met en relief la tension entre volonté politique et contraintes opérationnelles, une tension que les prochains mandats municipaux auront à gérer au quotidien.





