Carcassonne : Gérard Larrat, 84 ans, se lance dans une 3e campagne pour les municipales de mars, un revirement sous la pression du RN qui fragilise la majorité

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À Carcassonne, Gérard Larrat, 84 ans, a annoncé le 5 décembre 2025 sa candidature pour les municipales de mars, alors qu’en 2020 il présentait ce mandat comme son « dernier ». Ce revirement, défendu au nom de la continuité d’un programme et de bilans visibles (Cité des sports, rénovation des façades pour plus de 4 M€), a provoqué une onde de départs au sein de la majorité et redessine les équilibres locaux à l’approche du scrutin.

Le 3 juillet 2020, au Palais des congrès de Carcassonne, Gérard Larrat — maire divers droite réélu cinq jours plus tôt avec 47,2 % des voix — qualifiait cette séance d’« le premier jour de [son] dernier mandat ».

Près de six ans après cette déclaration, le 5 décembre 2025, l’édile sortant a officialisé sa candidature à sa réélection aux municipales de mars, une décision qui a provoqué une onde de choc au sein de la majorité municipale et entraîné des départs en cascade au conseil municipal.

Un retournement apparent

La formule prononcée en 2020 — présenter ce nouveau mandat comme le « dernier » — prend, a posteriori, une tonalité paradoxale. En affirmant vouloir clore sa carrière politique municipale, Gérard Larrat exprimait alors une intention qui, au regard de l’annonce de décembre 2025, n’a pas été tenue.

Ce décalage entre la déclaration de 2020 et la candidature de 2025 est notable. Il pose la question des motifs qui ont conduit l’édile, âgé de 84 ans, à revenir sur son engagement initial. Le constat politique local montre que cette décision n’est pas neutre : elle intervient après que deux adjoints de la majorité se sont déjà proclamés candidats, et elle a déclenché des mouvements internes importants.

Les raisons invoquées par le maire

Gérard Larrat a justifié sa décision par la nécessité de « prendre ses responsabilités ». Il a expliqué : « En 2020, j’ai lancé un programme sur dix ans et je pensais qu’il y aurait au sein de mon équipe des candidats capables de prendre le relais. Mais ce n’était pas le cas. Alors, j’ai décidé de me représenter. C’est du courage, du courage politique, car j’avais envie de faire autre chose ». Cette déclaration, rapportée telle quelle, illustre le double registre de l’engagement personnel et de l’argument de continuité du projet.

À la tête de la ville de 46 500 habitants depuis 2014, le maire sortant met en avant des réalisations qui, selon lui, légitiment sa candidature. Il cite notamment la création de la Cité des sports et un plan de rénovation des façades et vitrines du centre-ville et de la cité médiévale, pour lequel il évoque un investissement de plus de 4 millions d’euros.

Répercussions au sein de la majorité

La candidature annoncée le 5 décembre 2025 a déclenché une onde de départs au sein du conseil municipal. Le fait que deux adjoints se soient déjà déclarés candidats avant l’annonce du maire a rendu la situation politique locale plus tendue, en fragmentant les soutiens et en posant la question de la recomposition des listes.

Ces départs successifs témoignent d’un réajustement des équilibres internes et pourraient modifier la dynamique électorale dans une commune de taille moyenne. Ils illustrent aussi la difficulté, pour un Premier édile, de concilier projet personnel, renouvellement des équipes et ambitions de succession au sein d’une majorité municipale.

Un bilan au centre du débat électoral

En défendant son bilan, le maire met la priorité sur des réalisations structurantes : équipements sportifs et valorisation du patrimoine bâti. Les montants cités — plus de 4 millions d’euros pour la rénovation des façades et vitrines — constituent un élément chiffré revendiqué par l’équipe sortante.

Ces éléments seront probablement au cœur des discussions lors de la campagne, tant pour l’évaluation des politiques publiques conduites que pour la confrontation des projets. Les oppositions ou les candidats venant de la majorité pourront s’appuyer sur ces chiffres pour juger de l’efficacité et des priorités des dernières mandatures.

Sans entrer dans la polémique, il reste que la décision de se représenter après avoir qualifié antérieurement son mandat de « dernier » structure le récit de cette campagne et alimente les débats locaux sur la succession politique et la gouvernance municipale.

Enfin, l’annonce et ses conséquences internes montrent combien les échéances municipales peuvent modifier en profondeur les alliances et les trajectoires personnelles, même après des décennies d’exercice local.

Parlons Politique

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