Faiseurs de culture (3/18). Dans le Perche, la troupe des Barbapaillettes — qui mêle drag-queens, chant et magie — s’est installée en résidence à Sablons-sur-Huisne (Orne), avec le soutien de la maire. Là où l’offre culturelle locale est rare, ses représentations attirent un public croissant et proposent un dîner-spectacle sans obliger les habitants à faire le déplacement vers Chartres, Dreux ou Paris.
Une scène inattendue au cœur d’une petite commune
La salle Condé-Confluence, qui peut accueillir 350 personnes, est le théâtre habituel des Barbapaillettes. Cette capacité paraît importante pour une commune d’environ 1 900 habitants, mais elle permet d’accueillir des soirées organisées sous forme de repas-spectacle.
La troupe est en résidence à Sablons-sur-Huisne, disposant d’un soutien municipal. Selon les représentants locaux cités dans le reportage original, cette résidence vise à enrichir l’offre culturelle d’un territoire où les propositions artistiques restent limitées. Les spectateurs présents se montrent souvent « amusés » et « ravis », expressions reprises du compte rendu des spectacles.
Un spectacle mêlant nostalgie et modernité
Sur la vaste scène, Molly Mercury prend la parole et la lumière. En tailleur noir, perruque orange et grand chapeau, elle fait vibrer des éventails de plumes blanches tout en réalisant un « lip sync » (play-back) sur la chanson écrite par Robert Nyel et popularisée par Juliette Gréco à partir de 1967. Le choix de ce répertoire, qualifié d’« audace folle » à son époque, illustre le mélange assumé de références classiques et d’esthétique drag.
La prestation de Molly comporte une mise en scène de déshabillage progressif — une forme de strip-tease partiel, explicitement non intégral — qui s’inscrit dans une tradition de spectacle burlesque et transformiste. Le ton reste souvent léger et complice avec la salle, qui suit la performance dans une ambiance de dîner-spectacle.
Aux côtés de Molly interviennent d’autres artistes. Lady Karamel, transformiste venu de Paris, est présenté comme l’unique artiste extérieur au territoire ce soir-là ; sa présence ajoute une dimension professionnelle et nationale au plateau. Loïc Marquet, illusionniste, contribue à la variété du programme en alternant numéros de magie et séquences comiques, provoquant le rire du public.
Organisation et genèse
Dans les coulisses, William Morel veille à la bonne tenue des représentations. Oreillette fixée et vêtu d’une veste scintillante bleue, il organise et supervise le déroulement des soirées. William est présenté comme le fondateur des Barbapaillettes, aux côtés de son compagnon David, connu sur scène sous le nom de Molly Mercury.
La formule combine plusieurs codes : le transformisme, le chant, l’illusion et la convivialité d’un repas partagé. Elle cherche à proposer une offre culturelle complète, accessible localement, et à renouveler les publics habituels des spectacles vivants en milieu rural.
Réception locale et perspectives
Le public décrit dans le reportage manifeste une appréciation nette pour la qualité du dîner-spectacle. Les qualificatifs « amusé » et « ravi » reviennent pour décrire l’ambiance générale. La présence d’artistes venus de l’extérieur, comme Lady Karamel, et d’acteurs locaux souligne la volonté de créer un dialogue entre scène régionale et réseau national.
Installée en résidence, la troupe bénéficie d’un cadre propice aux répétitions et à la création. Le soutien de la mairie apparaît comme un facteur clé pour la tenue régulière des représentations et pour la visibilité de ces projets artistiques dans une commune modeste.
Sans chiffres supplémentaires sur la fréquentation ou la durée de la résidence, le constat formulé reste descriptif : les Barbapaillettes offrent une proposition culturelle qui, selon le reportage, répond à un besoin local et attire un public de plus en plus important, tout en évitant aux spectateurs les déplacements de 50 km jusqu’à Chartres, 60 km jusqu’à Dreux ou 130 km jusqu’à Paris.
Ce format de dîner-spectacle, ancré dans une petite salle du Perche, illustre la recherche d’alternatives pour maintenir une vie culturelle vivante en milieu rural. Il témoigne aussi d’un déplacement de certaines formes artistiques, traditionnellement urbaines, vers des territoires moins desservis.





