Le candidat de l’union de la gauche sans La France insoumise, Emmanuel Grégoire, a accusé jeudi 19 mars le président de la République d’être « personnellement intervenu (…) à différents niveaux pour faire en sorte d’aider au retrait de Sarah Knafo » dans la course aux municipales à Paris. Le chef de l’État a démenti ces allégations à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles.
Les accusations d’Emmanuel Grégoire
Interrogé au micro de Franceinfo, Emmanuel Grégoire a affirmé que le président Emmanuel Macron avait agi « auprès d’intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête ! » pour favoriser le retrait de la candidate d’extrême droite. Selon lui, cette manœuvre viserait à consolider une dynamique favorable à la droite à Paris et au-delà.
Emmanuel Grégoire a situé ces déclarations dans un registre plus large de critique politique: « Compte tenu de la situation » internationale et économique, a‑t‑il dit jeudi matin, il juge « un peu incongru » que le président ait du temps à consacrer à ce type de sujet. Il a enfin imputé à M. Macron « une responsabilité immense dans l’effondrement moral et politique du pays ».
La chronologie et le contexte électoral
Les accusations interviennent après l’annonce d’une fusion de listes entre Rachida Dati (Les Républicains, 25,46 % au premier tour) et Pierre‑Yves Bournazel (Horizons, 11,34 %). La candidate de Reconquête!, Sarah Knafo, arrivée troisième avec 10,4 %, s’est retirée de la course mardi 17 mars.
Des cadres macronistes ont en outre reconnu avoir exercé des pressions à Paris pour encourager une fusion entre les listes de Pierre‑Yves Bournazel (Horizons‑Renaissance) et de Rachida Dati après le premier tour, information rapportée dans le cadre des débats publics sur les stratégies post‑premier tour.
La réponse d’Emmanuel Macron
À son arrivée au sommet européen à Bruxelles, Emmanuel Macron a vivement rejeté les accusations. « Ces propos n’ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça, à l’emporte‑pièce (…) ce n’est pas sérieux », a‑t‑il déclaré.
Le président a par ailleurs assuré qu’il « n’intervenait pas du tout dans ces municipales » et a affirmé ne pas connaître Mme Knafo « à titre personnel ». Il soutient la candidature de Rachida Dati à Paris et, selon ses déclarations publiques citées dans l’échange, rejette toute implication directe dans le retrait de la candidate d’extrême droite.
Le chef de l’État s’était également exprimé la veille en conseil des ministres, mettant en garde contre les « arrangements des partis » avec les « extrêmes » — formule qu’il a présentée comme un risque pour la République et qui a nourri la discussion sur les choix stratégiques des formations politiques.
Réaction de Sarah Knafo et située politique
Sarah Knafo, principale intéressée, a réagi jeudi soir à l’issue d’un débat, en accusant Emmanuel Grégoire de « panique » et de sombrer « dans le complotisme ». Sur le réseau X, elle a estimé que « Emmanuel Macron n’arrive même plus à se faire respecter de ses propres alliés, mais il va avoir une influence sur ses opposants ? »
L’eurodéputée a expliqué s’être désistée en invoquant Emmanuel Grégoire lui‑même et ce qu’elle a qualifié de « programme communiste ». Elle a ajouté, toujours sur X, « Je n’obéis à personne », vantant sa « liberté et [son] sens du devoir ».
Sur le plan politique, les accusations croisées illustrent la tension qui entoure les recompositions locales après le premier tour: fusions de listes, calculs d’alliances et accusations de manœuvres externes sont au cœur du débat public et électoral à Paris.
Les déclarations des protagonistes—Emmanuel Grégoire, Emmanuel Macron et Sarah Knafo—restent contradictoires. L’affaire met en lumière la porosité entre stratégies locales et interventions supposées d’acteurs nationaux pendant une période électorale sensible.




