À Biarritz, la question du logement occupe une place centrale dans le dialogue entre la population et la municipalité. Maider Arosteguy, maire (Les Républicains, LR), se dit « continuellement interpellée pour des besoins de logement ». Sur les réseaux sociaux et lors des permanences, habitants et familles lui exposent des situations diverses et urgentes.
Des demandes sociales variées et pressantes
Selon l’édile, les sollicitations portent sur des cas très concrets : « ce sont des personnes âgées mises à la porte de leur appartement, des séparations de couple difficiles, des femmes victimes de violences conjugales… Le logement, c’est au cœur de mes échanges avec les Biarrots ». Ces témoignages reflètent des besoins d’hébergement rapides et des parcours de vie fragilisés.
La municipalité dispose toutefois d’une capacité limitée pour répondre à l’urgence : « nous avons une trentaine d’appartements » réservés aux situations critiques, indique la maire. Ce parc municipal d’urgence permet d’apporter des solutions ponctuelles, mais il reste insuffisant au regard de la demande constatée sur le terrain.
Une pression foncière accentuée par les résidences secondaires
Biarritz est une ville de l’ordre de 25 000 habitants, où le taux de résidences secondaires dépasse 40 %. Cette configuration pèse sur le marché local et la disponibilité de logements pour les ménages permanents. La commune a, de plus, perdu des habitants depuis le tournant des années 2000, ce qui traduit des dynamiques démographiques et immobilières complexes.
La municipalité n’atteint pas la part réglementaire de logements sociaux. Là où la loi prévoit une proportion de 25 % de logements sociaux sur le territoire, Biarritz n’atteint que 11 %. Ce déficit structurel limite les possibilités de relogement durable pour les ménages modestes et ceux en situation d’urgence.
Obstacles juridiques et opposition locale aux projets
La construction de nouveaux logements rencontre par ailleurs des freins importants. Tout nouveau projet déclenche « systématiquement quatre ou cinq recours de la part du voisinage contre le permis de construire », se désole la maire. Ces procédures juridiques prolongent les délais et retardent de plusieurs années la mise à disposition de logements.
Les recours visent tous types de programmes, mais ils concernent particulièrement les HLM et les projets de logements sociaux. L’élue déplore un comportement local parfois « très égocentré », qui complique la mise en œuvre de solutions collectives pour accroître l’offre accessible.
Conséquences pour les agents municipaux et la gestion locale
La pénurie et le coût du foncier se répercutent aussi sur la capacité de la ville à loger ses propres agents. Maider Arosteguy signale que certains policiers municipaux sont contraints d’habiter loin de la commune, « dans les Landes ou le Béarn, à 40 kilomètres, voire à 70 kilomètres d’ici ». Ces distances ont des effets opérationnels et sociaux : elles allongent les temps de trajet et peuvent compliquer la mobilité des personnels.
Face à ces limitations, la commune doit jongler entre interventions d’urgence, plans de relogement et procédures administratives longues. Les trente logements disponibles restent un amortisseur utile, mais insuffisant pour transformer durablement la situation.
Maider Arosteguy, qui a indiqué vouloir briguer un nouveau mandat en mars 2026, place le logement au cœur de ses échanges avec les habitants. Les chiffres fournis — 25 000 habitants, plus de 40 % de résidences secondaires, 11 % de logements sociaux, une trentaine d’appartements d’urgence — éclairent l’ampleur du défi local et les contraintes auxquelles la municipalité se confronte.





