Retour sur une assemblée marquée par la tutelle
Au soir du 14 octobre 2025, la direction nationale des Ecologistes s’était félicitée d’avoir organisé et conduit l’assemblée générale des adhérents marseillais du parti. Placée sous contrôle national depuis mars 2025, la section locale avait, selon les comptes rendus, réuni près de 300 militants phocéens qui ont pris part aux scrutins.
Lors de cette réunion, deux votes ont validé la stratégie d’union proposée avec le Printemps marseillais dès le premier tour des municipales de mars. Les participants ont aussi désigné Hassen Hammou, ancien porte‑parole régional, comme chef de file chargé de finaliser les négociations avec les autres composantes de la coalition visant à maintenir Marseille à gauche.
Annulation des résultats : une décision radicale
Moins de trois mois après cette assemblée, le processus validé à Marseille a volé en éclats. Le conseil statutaire national des Ecologistes, réuni le vendredi 2 janvier 2026, a décidé d’annuler les résultats de l’assemblée générale du 14 octobre 2025. Le communiqué officiel mentionne une annulation pure et simple des délibérations issues de cette réunion.
Cette décision intervient après un épisode judiciaire majeur lié au chef de file désigné. Le 16 décembre 2025, la justice a condamné Hassen Hammou à quinze mois de prison avec sursis pour des faits de corruption de mineur. Selon les éléments rapportés publiquement, l’intéressé n’avait pas informé son parti de cette affaire avant son élection interne. Il a par ailleurs annoncé son intention de faire appel de la condamnation.
Une crise interne et ses conséquences immédiates
L’annulation par le conseil statutaire national remet en question la validité de la stratégie d’alliance approuvée en octobre et la désignation de la personne chargée des négociations. Sur le plan formel, l’annulation signifie que les votes et le choix du chef de file n’ont plus d’effet au regard des organes nationaux du parti.
Près de 300 militants avaient déjà confirmé la ligne d’union avec le Printemps marseillais au cours de la même assemblée. La remise en cause de ces décisions crée donc une indétermination sur la conduite des discussions avec la coalition municipale et sur la représentation officielle des Ecologistes dans ces tractations.
Enjeux politiques et procéduraux
La chronologie est simple mais lourde de conséquences : responsabilisation nationale en mars 2025, validation locale le 14 octobre 2025, condamnation judiciaire le 16 décembre 2025, annulation statutaire le 2 janvier 2026. Cette succession d’étapes confronte le parti à un triple enjeu politique, juridique et organisationnel.
Politiquement, l’affaire fragilise la position des Ecologistes dans une ville où les alliances sont déterminantes pour le résultat des municipales. Juridiquement, la condamnation de l’ancien porte‑parole et son appel pèsent sur la capacité du parti à maintenir une tête de liste et à défendre une ligne cohérente. Organisationnellement, le recours à la tutelle puis l’annulation des décisions locales posent la question de la gouvernance interne et de la confiance des militants.
Que reste‑t‑il à trancher ?
À ce stade, le conseil statutaire national a annulé les résultats, mais le texte source ne précise pas les mesures suivantes attendues pour réorganiser la section locale ou relancer les négociations municipales. La condamnation de Hassen Hammou et son appel constituent un volet judiciaire encore actif, tandis que la décision nationale entraîne un vide décisionnel temporaire sur la stratégie d’union en vue des élections municipales de mars.
Les prochaines étapes décisionnelles dépendront des organes nationaux et locaux du parti, ainsi que de l’issue de la procédure judiciaire engagée par l’intéressé. Entre-temps, l’annulation des résultats du 14 octobre 2025 laisse la campagne municipale marseillaise dans une situation d’incertitude pour les forces de gauche impliquées.
Ce dossier illustre la façon dont des affaires personnelles et des décisions internes peuvent rapidement influer sur des stratégies électorales locales. Il met également en lumière les tensions entre autonomie locale et contrôle national au sein des formations politiques lorsque des enjeux juridiques viennent complexifier la vie interne.





