Le Rassemblement national (RN) a annoncé, mercredi 4 février, le retrait de l’investiture de sa tête de liste à Carpentras (Vaucluse), Christian Richaud Simoni, après la publication par Libération d’anciens messages publiés sur les réseaux sociaux jugés racistes et sexistes.
Dans un communiqué publié sur X, le délégué départemental du RN, Thierry d’Aigremont, indique que le parti a « découvert par voie de presse, avec stupéfaction, de vieilles publications datant de 2017 mises en ligne sur les réseaux sociaux par M. Christian Richaud Simoni, tête de liste à Carpentras ».
Le communiqué ajoute que le RN « désapprouve et condamne sans réserve ces messages dont il n’avait pas connaissance » et qu’ils sont « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés » par le parti. Il précise encore que « la commission nationale d’investiture a décidé de désinvestir ce candidat immédiatement. Il est également suspendu du RN dans l’attente d’être convoqué devant ses instances disciplinaires ».
Les contenus mis en cause
L’enquête de Libération, publiée en début de semaine, reprend plusieurs dizaines de tweets anciens et injurieux, certains datant de 2017 et depuis supprimés. Ces messages viseraient notamment des personnalités noires, citant la députée de La France insoumise Danièle Obono et l’acteur Omar Sy.
Selon le site local Ici Vaucluse, M. Richaud Simoni a supprimé son compte le mercredi matin puis l’a réactivé dans la journée, avec environ 300 publications en moins. Ces éléments figurent dans les informations rendues publiques par les deux médias, qui ont servi de déclencheur à la réaction officielle du RN.
Sanctions et calendrier interne
Le RN a indiqué vouloir désigner « très prochainement » une nouvelle tête de liste à Carpentras. La décision de désinvestir et la suspension provisoire de M. Richaud Simoni ouvrent la voie à une convocation devant les instances disciplinaires du parti, dont le calendrier n’a pas été précisé dans le communiqué.
La commission nationale d’investiture du RN, citée dans le communiqué, a donc tranché dans l’immédiat en retirant l’investiture. Le parti souligne par ailleurs qu’il n’avait pas connaissance de ces publications avant la révélation par la presse.
Contexte et antécédents
Ce cas s’inscrit dans une série d’affaires similaires concernant des candidats du RN mis en cause pour des propos tenus sur les réseaux sociaux. Lors des élections législatives de 2024, plusieurs candidats du parti avaient été épinglés pour des publications litigieuses, souvent à caractère raciste.
Face à l’ampleur de ces révélations, le président du parti à l’époque, Jordan Bardella, avait cherché à relativiser en qualifiant ces cas de « brebis galeuses » au sein des rangs du RN. Cette expression, citée dans le débat public, est rappelée ici sans commentaire par le présent article.
Le retrait d’investiture à Carpentras montre que la gestion des antécédents numériques des candidats reste un enjeu politique et médiatique pour le RN, comme pour d’autres formations. Le parti affirme, dans son communiqué, vouloir agir lorsqu’il estime que des propos sont contraires à ses valeurs déclarées.
À ce stade, les éléments rendus publics proviennent des articles de Libération et d’Ici Vaucluse, et de la réaction officielle du RN relayée sur X. Aucun autre détail sur la procédure disciplinaire interne, ni sur l’identité de la future tête de liste, n’a été communiqué par le parti au moment de l’annonce.
La situation reste susceptible d’évoluer en fonction des suites disciplinaires et des éventuelles nouvelles publications de la presse locale ou nationale. Pour l’heure, le RN a acté la désinvestiture et la suspension provisoire de son candidat à Carpentras, en attendant la tenue de ses instances disciplinaires.





