La ville de Besançon, longtemps perçue comme un bastion de la gauche, a basculé lors du second tour des élections municipales. Dimanche 22 mars, Ludovic Fagaut (Les Républicains) a remporté la mairie, réunissant 53,29 % des suffrages exprimés et devançant Anne Vignot (Europe Écologie-Les Verts puis Les Écologistes) de 2 686 voix.
Une victoire après une défaite de peu en 2020
La revanche de Ludovic Fagaut prend place dans un contexte chargé d’histoire politique. Battu en 2020 de 566 voix dans une triangulaire par Anne Vignot, il a cette fois inversé le résultat et pris le commandement de la ville. Le score de 53,29 % atteste d’un basculement net au second tour, selon les chiffres proclamés à l’issue du dépouillement.
Pour les sympathisants et les équipes d’Anne Vignot, la défaite est vécue comme un choc. Réunis autour du Kursaal, lieu des soirées électorales à Besançon, certains sont apparus « anéantis », d’autres en pleurs ou en colère. La députée écologiste du Doubs, Dominique Voynet, figurait parmi les soutiens présents et ne cachait pas son incompréhension face au résultat.
Un héritage politique long de sept décennies
La victoire de la droite rompt une longévité municipale qui débute, selon le récit historique, le 11 mai 1953, date de la conquête de la ville par Jean Minjoz, militant de la Section française de l’Internationale ouvrière puis du Parti socialiste (PS). Après lui, deux maires socialistes ont marqué la vie municipale : Robert Schwint (1977-2001) puis Jean-Louis Fousseret (2001-2020). Pendant des décennies, Besançon a été considérée comme difficilement attaquable par la droite, image renforcée par la symbolique de la citadelle de Vauban qui domine le cœur historique.
Cette orientation politique s’était prolongée en 2020 avec l’élection d’Anne Vignot, qui incarnait une alternative écologiste à la majorité socialiste historique. La reconquête opérée par Ludovic Fagaut met fin à cet axe politique municipal, du moins pour le mandat à venir.
Réactions et perspectives pour l’opposition
Sur le terrain, les partisans d’Anne Vignot ont rappelé les réalisations qu’ils mettent au crédit du mandat écologiste : politiques en matière d’écologie, actions sociales, aménagement des écoles, projets d’urbanisme et initiatives autour du vivre-ensemble. « Je continuerai de défendre Besançon dans l’opposition, en veillant que les valeurs républicaines et humanistes, de respect et de solidarité qui sont depuis toujours celles de notre ville soient respectées », a déclaré Anne Vignot au cours de ses rencontres après l’annonce des résultats.
Plusieurs sympathisants ont entonné le mot « Résistance ! », marquant la volonté de l’équipe écologiste et de ses soutiens de rester actifs depuis l’opposition. Ces réactions montrent que, malgré la défaite, des lignes politiques continueront d’être défendues localement.
Du côté de la nouvelle majorité, le résultat de 53,29 % et l’avance chiffrée à 2 686 voix donnent une marge assez nette pour asseoir une majorité municipale. Reste à connaître les orientations détaillées et les priorités que Ludovic Fagaut proposera pour son mandat, ainsi que la composition des équipes municipale et exécutive qui accompagneront cette nouvelle étape.
Ce que rappelle ce basculement
La victoire de la droite à Besançon illustre la capacité des équilibres locaux à évoluer, même dans des villes où une famille politique s’est imposée pendant plusieurs décennies. Le scrutin met en lumière la volatilité des opinions électorales et l’importance des facteurs locaux — campagnes, projets concrets, mobilisations de terrain — dans l’issue d’une élection municipale.
Sans présager des décisions à venir, les chiffres — la progression de Ludovic Fagaut depuis 2020 et l’écart de 2 686 voix — constituent des éléments factuels clés pour analyser ce changement politique. Les prochains mois permettront d’observer comment ce basculement se traduira en politiques publiques et en choix d’aménagement pour la ville.





