Municipales à Cayenne : duel Trochimara‑Phinéra‑Horth, rupture à la NFG, accusations de clientélisme, modernisation urbaine et dossier judiciaire divisent la campagne

Share This Article:

Municipales à Cayenne : à un mois du premier tour, le duel attendu oppose la maire sortante Sandra Trochimara à l’ancienne édile et sénatrice Marie‑Laure Phinéra‑Horth. Rupture au sein de la NFG, accusations de clientélisme, enjeux de modernisation urbaine et le dossier judiciaire de Phinéra‑Horth (condamnation en appel suspendant l’inéligibilité) dominent une campagne où des listes de droite et d’extrême droite pourraient fragmenter le vote.

À un mois du premier tour des municipales à Cayenne, la campagne se cristallise autour d’un duel attendu: d’un côté, la maire sortante Sandra Trochimara (SE), 63 ans; de l’autre, l’ancienne édile Marie-Laure Phinéra-Horth, 68 ans, aujourd’hui sénatrice du Rassemblement des démocrates progressistes indépendants (RDPI) et maire de Cayenne de 2010 à 2020. Cinq listes sont officiellement en lice, mais, dans de nombreux quartiers, bookmakers et observateurs placent ces deux figures au centre de la confrontation.

Un face-à-face issu d’un passé commun

Les candidates se connaissent depuis longtemps et ont partagé un parcours politique commun. En 2016, elles ont cofondé la Nouvelle force de Guyane (NFG), formation de gauche sous laquelle Marie-Laure Phinéra-Horth a remporté sa réélection municipale en 2020.

Peu après cette victoire, l’élection sénatoriale a conduit Mme Phinéra-Horth à siéger au Palais du Luxembourg. Elle a alors transmis la mairie à sa première adjointe, Sandra Trochimara, comme le prévoit la pratique politique locale. Cet acte, et les choix qui ont suivi, sont aujourd’hui au cœur des différends entre les deux femmes.

Rupture, accusations et gestion municipale

Six ans plus tard, le lien s’est rompu. Dans la presse locale, Mme Phinéra-Horth a qualifié ce remplacement « d’erreur de casting » et a affirmé vouloir « reprendre en main la destinée de la ville ». Elle critique aussi l’avancement de certains projets: « Plusieurs projets actés en 2020 n’ont pas été finalisés. Il faut moderniser cette ville car aujourd’hui Cayenne est morte », a-t-elle déclaré.

La rupture a pris une dimension institutionnelle en février 2025, lorsque Sandra Trochimara a quitté la NFG, provoquant une scission au sein du conseil municipal. Selon un rapport du conseil municipal daté de septembre 2025 et consulté par Le Monde, treize conseillers et adjoints jugés proches de Mme Phinéra-Horth se sont vus retirer leurs délégations. Les indemnités correspondantes ont ensuite été redistribuées aux élus soutenant Mme Trochimara « afin de valoriser leur engagement », note le document. La sénatrice a dénoncé ces mesures comme étant « du pur clientélisme politique ».

Interrogée sur ces développements, Mme Trochimara a pour sa part éludé les accusations et a privilégié la gestion quotidienne de la ville. Son camp mise sur le bilan de la municipalité et sur la focalisation de la campagne sur le thème de la continuité plutôt que sur les polémiques internes.

Contexte judiciaire et conséquences électorales

Le dossier judiciaire de Marie-Laure Phinéra-Horth pèse également sur la campagne. En décembre 2025, la sénatrice a été condamnée à deux ans de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité pour recel de biens provenant de détournement de fonds publics. La condamnation portait sur le fait d’avoir perçu, entre 2013 et 2016, un salaire d’orthophoniste sans exercer cette activité au Centre hospitalier de Cayenne, selon la décision de justice rapportée dans la presse.

Mme Phinéra-Horth a fait appel de cette décision. Cet appel suspend l’exécution de la peine d’inéligibilité et lui permet donc de figurer sur les listes pour les municipales, au moins jusqu’à ce que la justice statue définitivement. Le camp adverse capitalise sur cette situation pour tenter de fragiliser sa crédibilité, tandis que ses partisans dénoncent, pour certains, une instrumentalisation politique de la procédure.

Une triangulaire politique et des enjeux locaux

Au-delà du face-à-face fratricide, la campagne locale est marquée par la présence de deux autres candidats se réclamant de la droite et de l’extrême droite, qui ambitionnent d’incarner l’alternance après seize ans de gouvernance de gauche à Cayenne. Ces candidatures compliquent le paysage électoral et pourraient, selon plusieurs analystes politiques locaux, fragmenter les voix et conduire à des recompositions au second tour.

Les enjeux affichés portent sur la modernisation urbaine, le relancement économique et la gestion des services publics. Les débats de campagne devraient préciser les priorités programmatiques des candidats, mais pour l’heure, la campagne est dominée par les rivalités personnelles et par le récit du bilan municipal.

À un mois du scrutin, la dynamique réelle des intentions de vote reste sujette à évolution. Les prochaines semaines, avec les débats publics et la communication des listes, seront déterminantes pour mesurer l’ampleur du duel entre Sandra Trochimara et Marie-Laure Phinéra-Horth, ainsi que pour évaluer la capacité des autres candidatures à peser sur le résultat final.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique