Ils affirment — presque — tous avoir « Marseille dans le sang » et multiplient les messages d’attachement à la deuxième ville de France. Chacun se présente sur la ligne de départ avec l’espoir d’atteindre la mairie centrale, aujourd’hui dirigée depuis six ans par la coalition de gauche, citoyenne et écologiste connue sous le nom de « Printemps marseillais ».
Pour la première fois depuis la réforme de la loi électorale Paris‑Lyon‑Marseille (PLM), le scrutin se joue à l’échelle de la ville entière. Le vote pour les mairies de secteur, organisé en parallèle dans une seconde urne, prend un statut d’élection secondaire et s’inscrit désormais comme un enjeu distinct du suffrage pour la mairie centrale.
Un casting de poids lourds
Face au maire sortant Benoît Payan (divers gauche) — qui a remplacé Michèle Rubirola en décembre 2020 — plusieurs personnalités de premier plan sont en lice. Parmi elles figurent Franck Allisio, chef de file local du Rassemblement national (RN) ; Martine Vassal, présidente de la métropole Aix‑Marseille‑Provence et déjà candidate battue il y a six ans ; ainsi que Sébastien Delogu, député des Bouches‑du‑Rhône apparenté à La France insoumise (LFI).
Le paysage des candidatures s’enrichit d’une proposition centriste inattendue : l’ex‑haut fonctionnaire Erwan Davoux se présente en binôme avec la conseillère départementale Nora Preziosi, ancienne élue LR. À cela s’ajoute la présence singulière du militant écologiste Victor Hugo Espinosa, âgé de 76 ans, qui conduit une liste sous la bannière « Ecologie au centre ».
Coeurs marseillais, stratégies politiques
Le profil varié des candidats reflète des stratégies distinctes. Le camp du maire sortant mise sur la continuité de politiques municipales ancrées depuis l’arrivée du Printemps marseillais. La droite et le centre, rassemblés autour de la figure de Martine Vassal, cherchent à reconquérir une mairie qui leur échappe depuis plusieurs années.
Le RN, représenté localement par Franck Allisio, tente de capitaliser sur une base électorale nationale tout en adaptant son discours aux spécificités locales. De son côté, la candidature de Sébastien Delogu traduit l’ambition de La France insoumise d’affirmer sa présence dans une ville marquée par des enjeux sociaux et économiques importants.
La candidature d’Erwan Davoux, en binôme avec Nora Preziosi, marque une tentative de recomposition au centre, visant à capter des électeurs modérés et des soutiens issus de la société civile. Quant à Victor Hugo Espinosa, son âge et son parcours militant donnent une tonalité atypique à la compétition, en particulier sur les thèmes environnementaux.
Des alliances déterminantes entre les deux tours
Comme le souligne Le Monde, les six principaux candidats forment un casting susceptible de produire des configurations variées au soir des urnes. Les scores obtenus au premier tour et les alliances nouées ensuite peuvent influer directement sur la future gouvernance de la ville et de sa métropole.
La double configuration électorale — scrutin municipal centralisé et élections de secteur en urne séparée — crée des permutations tactiques. Des accords locaux ou des désistements entre les deux tours pourraient redessiner la carte politique marseillaise, en particulier si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour.
Sans prédire d’issue, le tableau reste celui d’une bataille municipale où se confrontent héritage politique, recompositions partisanes et démarches personnelles. Les lignes de fracture et d’alliance se préciseront au fil des résultats et des négociations post‑premier tour.
Le rendez‑vous électoral met donc en lumière la singularité du contexte marseillais : une ville à la fois profondément ancrée dans ses identités locales et soumise à des dynamiques politiques qui dépassent ses frontières, notamment à travers la gouvernance métropolitaine.
Le processus électoral à Marseille demeure, au moment du départ de cette campagne, une équation ouverte — où poids des personnalités, stratégies d’appareil et calculs d’alliances décideront de la composition du pouvoir municipal et métropolitain.




