Les élections municipales prévues les 15 et 22 mars s’annoncent plus indécises à Nancy qu’en 2020, où la ville avait connu une rupture majeure avec la victoire de la gauche. Le maire socialiste sortant, Mathieu Klein, qui préside également la Métropole du Grand Nancy, entend conserver ses mandats municipaux et métropolitains au sein d’une agglomération de 258 000 habitants.
Contexte politique et héritage de 2020
En 2020, la victoire de Mathieu Klein face à Laurent Hénart avait mis fin à soixante-quatorze ans de gestion de la droite et du centre à Nancy. Ce basculement avait reconfiguré les équilibres locaux et placé la maire et président de métropole en position de force pour conduire les projets urbains et intercommunaux.
Six ans plus tard, la campagne se déroule dans un paysage renouvelé. Largement attendue, la confrontation traduit une recomposition des forces à gauche comme à droite, et des alliances qui avaient joué un rôle décisif lors du précédent scrutin ne se retrouvent plus telles quelles.
Les listes et les personnalités en présence
Mathieu Klein mène une liste qualifiée de transpartisane, qui associe des élus de partis divers et un collectif citoyen. Selon ses déclarations, cette démarche vise à retrouver la dynamique qui avait permis à la gauche de l’emporter lors des élections législatives de 2024, lorsque la gauche a « raflé la mise sur toute l’agglomération nancéienne ».
La composition de sa liste a toutefois réservé des surprises. Parmi elles, l’absence de l’écologiste Laurent Watrin, dont le ralliement au second tour en 2020 avait été considéré comme contributif à la victoire de la gauche. M. Watrin n’apparaît pas sur la liste d’union de la gauche : il a été écarté par son propre parti, Les Ecologistes.
Interrogé sur les raisons de son exclusion, M. Watrin déclare : « Il m’est revenu aux oreilles qu’on disait de moi que je ne faisais pas l’unanimité, et que j’étais un peu raide ». L’ancien journaliste de France Bleu Nancy, aujourd’hui installé comme sophrologue, se présente néanmoins en tête d’une liste « indépendante et citoyenne ».
Stratégies, alliances et ligne politique
Mathieu Klein met en avant la nécessité d’une large coalition au-delà des clivages partis afin de conduire les projets métropolitains. Sa liste transpartisane inclut un collectif citoyen et vise à capitaliser sur le résultat des législatives de 2024 pour maintenir un ancrage à gauche sur l’ensemble de l’agglomération.
Cependant, tous les acteurs de la gauche n’ont pas rejoint cette démarche. Le camp de La France insoumise (LFI) n’est pas présent au sein de la liste de M. Klein « au premier tour du moins », selon ses propres propos. Cette précision signale qu’un compromis ou un retrait ultérieur entre les tours reste possible, mais n’est pas conclu pour l’ouverture de la campagne.
De son côté, Laurent Watrin a choisi une option différente : mener une liste autonome, qualifiée d’indépendante et citoyenne. Sa position reflète à la fois un désaccord avec la conduite locale de son parti et une volonté d’offrir une alternative écologiste distincte de l’union de la gauche portée par M. Klein.
Enjeux pour la Métropole et la ville
Les élections locales détermineront non seulement la majorité municipale à Nancy, mais aussi la présidence et l’orientation de la Métropole du Grand Nancy, qui regroupe 258 000 habitants. Les choix opérés par les électeurs auront des conséquences sur les politiques urbaines, la planification, les transports et les services métropolitains, secteurs pour lesquels la gouvernance intercommunale est déterminante.
La recomposition des listes et l’absence d’alliances claires entre toutes les composantes de la gauche rendent la campagne plus ouverte qu’en 2020. Entre stratégies transpartisanes, listes citoyennes et candidatures indépendantes, le scrutin pourrait se jouer sur des mobilisations locales, des négociations entre les deux tours et la capacité des têtes de liste à rassembler des électeurs aux attentes diverses.
Dans ce contexte, les électeurs de Nancy se rendent aux urnes les 15 et 22 mars pour dessiner la prochaine configuration politique municipale et métropolitaine. Les résultats détermineront si la gauche conserve l’élan pris en 2020 et confirmé lors des législatives de 2024, ou si un nouveau rapport de forces s’établit au cœur de l’agglomération.




