François Kalfon, secrétaire national du Parti socialiste et député européen, a réagi aux résultats du second tour des élections municipales lors de son intervention en tant qu’invité politique de Franceinfo. Il dresse un bilan contrasté : le Parti socialiste reste, selon lui, la force dominante à gauche mais la stratégie d’alliances avec La France insoumise (LFI) a, d’après ses observations, pénalisé certains territoires.
Bilan chiffré et enseignements principaux
Pour Kalfon, la présidentielle locale a confirmé une fragilisation de la participation et, dans ce contexte, des équilibres politiques qui se redessinent. Il note que les écologistes ont perdu « un nombre significatif de villes » sans en conquérir de nouvelles tandis que le Parti socialiste dirige désormais « près de 700 communes ». Ces chiffres sont présentés par l’élu comme le fondement d’un constat : le PS « demeure la force dominante à gauche ».
Il cite des victoires symboliques pour étayer son propos, comme Pau où le PS a battu François Bayrou, ou Saint-Étienne où Régis Juanico a été élu, et mentionne également des succès dans plusieurs métropoles où des maires socialistes ont refusé les alliances avec LFI.
Alliances à gauche : où le pari a-t-il échoué ?
François Kalfon dresse une liste de grandes villes où, selon lui, les rapprochements avec La France insoumise n’ont pas porté leurs fruits : Toulouse, Limoges, Clermont-Ferrand, Avignon, Brest. Il reconnaît une exception, Nantes, où l’alliance a fonctionné.
Interrogé sur l’idée d’un « front » anti-LFI comparable au front anti-RN, Kalfon affirme que les résultats confirment ce qu’indiquaient déjà les sondages : « Jean‑Luc Mélenchon constitue un handicap pour la gauche. Il représente même, dans l’hypothèse d’un second tour face au Rassemblement national, la garantie d’une défaite nette. »
Il insiste aussi sur le refus, selon lui majoritaire parmi les électeurs socialistes, de cette stratégie d’alliance : « plus de 70 % y étaient opposés dans les enquêtes, et cela s’est vérifié dans les urnes. » En conséquence, les candidats qui ont pris leurs distances avec LFI ont souvent été « récompensés », cite-t-il, en évoquant notamment les victoires à Paris et Marseille, et en saluant « le courage et la clarté » de Benoît Payan.
Clivages internes et perspectives stratégiques
Sur la direction du parti, Kalfon nuance : la légitimité d’Olivier Faure « n’est pas en cause », mais il juge que la stratégie qu’il a défendue a montré ses limites et « a échoué », en citant l’exemple de Toulouse. Il appelle la direction à tirer « les conséquences » et à procéder à une analyse.
François Kalfon réfute l’idée d’exiger la démission d’Olivier Faure pour l’heure, mais plaide pour un changement de cap politique et stratégique. Il défend l’idée d’un candidat socialiste et social‑démocrate, « clairement identifié », pour la présidentielle, et récuse l’hypothèse d’une « petite primaire ». Selon lui, une gauche associée aux « excès et à La France insoumise » se heurterait à « un plafond de verre très bas » en raison d’un rejet massif.
Il ajoute que le bureau national du parti avait adopté une résolution dans ce sens, mais que celle-ci « n’a pas été respectée par la direction », ce qui, d’après lui, ne peut perdurer.
Enfin, Kalfon invoque le rôle des prises de position publiques de Jean‑Luc Mélenchon, estimant qu’elles ont contribué à créer un « climat de rejet » et à détourner certains électeurs de la gauche, notamment sur des sujets internationaux ou des polémiques. Il rappelle toutefois que l’union de la gauche reste envisageable lorsque sa trajectoire s’inscrit dans des valeurs universalistes et rassembleuses, citant l’exemple d’une union menée par le Parti communiste qui a permis une victoire à Nîmes.





