Un arrêté préfectoral interdit toute manifestation dans un périmètre situé entre le quai Henri-Barbusse et la rue de la Mitrie, dans le centre de Nantes, du mercredi 18 février à 15 heures jusqu’au jeudi 19 février à 8 heures, indique un communiqué de la préfecture de Loire-Atlantique.
Cette décision vise à prévenir des « d’éventuels affrontements entre les participants au rassemblement déclaré intitulé “Hommage à Quentin” (…) susceptible de réunir certains profils issus de l’ultradroite et les participants d’une contre-manifestation annoncée par la mouvance antifasciste étudiante nantaise, non déclarée en préfecture », précise le texte officiel.
Outre l’interdiction des rassemblements, l’arrêté impose des restrictions matérielles : il prohibe le port et le transport d’objets « pouvant constituer une arme par destination », le port et l’utilisation d’artifices et d’articles pyrotechniques, ainsi que le transport de carburant dans des jerricans, bidons ou autres récipients.
Raisons invoquées par la préfecture
La préfecture met en avant un « contexte local marqué par des affrontements entre militants d’ultragauche et d’ultradroite », et justifie l’arrêté par la nécessité de préserver l’ordre public et la sécurité des personnes. Les autorités cherchent ainsi à éviter que des heurts signalés sur d’autres manifestations ne se reproduisent en centre-ville.
Les mesures sont temporaires et ciblées sur une zone précise du centre nantais; elles concernent à la fois les rassemblements déclarés et les comportements susceptibles d’aggraver un risque de violence.
Les circonstances du décès de Quentin Deranque
Quentin Deranque, 23 ans, est décédé la semaine précédente après avoir été agressé par plusieurs personnes cagoulées à la sortie d’un événement organisé à Sciences Po Lyon. L’altercation a eu lieu en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise, LFI). Selon les éléments rapportés dans le communiqué initial, M. Deranque était présent pour assurer la sécurité d’un rassemblement militant du collectif identitaire Némésis.
Une « bataille rangée » s’était alors déclenchée entre « membres de l’ultragauche et de l’ultradroite », selon une source proche du dossier citée dans le compte-rendu des faits. Au cours des événements, le jeune homme se serait retrouvé isolé avant d’être pris à partie par plusieurs individus cagoulés.
Onze personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête, parmi lesquelles figure l’assistant parlementaire d’un député de La France insoumise, ajoutent les mêmes sources. Les investigations se poursuivent pour préciser les responsabilités et les circonstances exactes de l’agression.
Mobilisations et interdictions dans d’autres villes
Les autorités locales ont pris des mesures similaires ailleurs en France. Le préfet de la Haute-Garonne a interdit « les rassemblements revendicatifs » dans l’hypercentre de Toulouse jusqu’à minuit le mardi, après qu’un rassemblement ait été déclaré pour 19 h 30 devant le palais de justice, selon un communiqué du préfet relayé par France Bleu Occitanie.
À Lille, la section locale de l’Action française, soutenue par le syndicat étudiant La Cocarde, a annoncé sur ses réseaux sociaux un rendez-vous « Hommage à Quentin » mercredi à 19 heures, place Rihour. D’après un article de La Voix du Nord cité dans le dossier, les organisateurs ont indiqué avoir sollicité la préfecture, qui ne s’était pas opposée à l’événement mardi après-midi.
La Cocarde a également appelé à une manifestation « Justice pour Quentin » à Rouen, prévue jeudi 19 février devant le palais de justice, selon un communiqué publié par sa section rouennaise. À ce stade, d’autres rassemblements ont été annoncés jusqu’à dimanche dans plusieurs villes, dont Nice, Bordeaux et Strasbourg.
Les autorités locales surveillent ces appels à rassemblement et adaptent, au cas par cas, les mesures destinées à garantir la sécurité publique et à prévenir tout débordement.
Les éléments factuels exposés ici proviennent du communiqué préfectoral cité en introduction et des mentions liées aux annonces des organisateurs et des médias locaux. Aucune information supplémentaire n’a été ajoutée en dehors de la reformulation des faits rapportés.




