Procès Sieam à Paris : Mayotte face aux accusations de favoritisme et détournements de fonds publics, la gouvernance locale mise en cause

Share This Article:

Procès Sieam à Paris (19/01/2026) : le PNF reproche des irrégularités dans l’attribution des marchés publics liés à l’eau potable à Mayotte. Douze prévenus, dont l’ancien président Moussa « Bavi » Mouhamadi, comparaissent ; le dossier interroge la transparence et la gouvernance locale.

Le procès du Syndicat intercommunal des eaux de Mayotte (Sieam) s’ouvre lundi 19 janvier 2026 au tribunal correctionnel de Paris. L’affaire est présentée par les enquêteurs comme un cas emblématique de dérives potentielles dans la commande publique et soulève des questions sensibles, puisque le dossier touche à la distribution d’eau potable dans l’archipel.

Des irrégularités présumées dans l’attribution des marchés

Selon les éléments rendus publics, l’enquête menée par le Parquet national financier (PNF) met en cause plusieurs pratiques visant à contourner les règles de mise en concurrence. Sont évoquées des opérations de « saucissonnage » de marchés pour éviter les appels d’offres, l’attribution de contrats sans mise en concurrence, le recours à des entreprises pour des travaux fictifs et même l’achat d’un véhicule en échange de l’attribution d’un chantier.

Ces allégations, qui demeurent à vérifier pleinement au cours de l’audience, concernent des décisions de gestion au sein d’un syndicat public dont la mission concerne un service essentiel. Le caractère répétitif et diversifié des irrégularités alléguées a conduit les magistrats à saisir le PNF, spécialisé dans les affaires de grande ampleur et les atteintes à l’argent public.

Enjeux pour Mayotte : sécheresse et infrastructures sous-dimensionnées

Les enjeux sont d’autant plus importants que Mayotte connaît des difficultés hydriques et des infrastructures jugées insuffisantes par rapport à une population parmi les plus denses de France. La distribution d’eau potable y est un sujet hautement sensible ; toute perturbation ou mauvaise gestion a des conséquences directes sur la vie quotidienne des habitants.

L’affaire intervient parallèlement à une série d’enquêtes visant des élus locaux pour des infractions à la probité. À ce propos, le procureur de la République Guillaume Dupont déclarait, lors de son audience d’installation en septembre 2025, que « les Mahorais sont en attente, à juste titre, d’une véritable politique pénale de poursuite et de sanction contre certains élus, exaspérés de voir que certains édiles profitent du système », s’engageant à faire de cette thématique l’une de ses priorités.

Le choix de juger à Paris et la liste des prévenus

Le PNF avait initialement envisagé de déplacer le procès à Mayotte, une option jugée « symboliquement très forte » par une source judiciaire. Mais des contraintes matérielles et budgétaires, ainsi que le passage du cyclone Chido en décembre 2024, ont conduit à maintenir l’audience à Paris.

Au total, douze personnes doivent comparaître : six responsables du Sieam et six chefs d’entreprises. Le principal mis en cause est l’ancien président du syndicat, Moussa Mouhamadi, surnommé « Bavi », qui a présidé le Sieam de 2014 à 2020.

Autour de lui, comparaîtront plusieurs cadres de l’époque : le directeur de cabinet, deux directeurs administratifs et financiers successifs, le directeur des services techniques et une membre de la commission d’appel d’offres. Côté entreprises, six chefs d’entreprises sont également renvoyés devant le tribunal.

Le détail précis des charges retenues à l’encontre de chacun sera exposé lors des débats. À ce stade, les accusations publiques portent sur des irrégularités dans les procédures d’attribution des marchés et des faits connexes d’enrichissement ou de favoritisme présumés.

Des audiences lourdes de symboles

Au-delà des enjeux juridiques individuels, ce procès revêt une portée politique et sociale pour Mayotte. Il interroge la gouvernance locale, la transparence des commandes publiques et la capacité des institutions à garantir l’accès à un service vital. Les auditions et décisions du tribunal seront scrutées, tant par les acteurs locaux que par les institutions en charge de la lutte contre la corruption et les atteintes aux deniers publics.

Les débats devront également préciser dans quelle mesure les pratiques dénoncées ont eu un impact concret sur la gestion de l’eau et sur les équipements. La justice devra établir les responsabilités, au-delà des impressions et des soupçons, en s’appuyant sur les pièces et les témoignages réunis lors de l’instruction confiée au PNF.

Ce procès, tenu à Paris mais concernant un service essentiel à Mayotte, commencera donc le lundi 19 janvier 2026 et s’annonce comme un test pour la mise en œuvre des règles de transparence dans les marchés publics et pour la réponse pénale aux dérives alléguées.

Parlons Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Subscribe To Our Newsletter

No spam, notifications only about new products, updates.

[contact-form-7 id="b565394" title="Untitled"]

L’actu politique, sans détour

En bref

Parlons Politique décrypte l’actualité française et internationale avec clarté et précision en utilisant l’IA.

Analyses, débats et enquêtes : notre rédaction s’engage à vous offrir une information fiable, accessible à tous et sans détour.

© 2025 Parlons Politique