Au lendemain des élections municipales, l’application pour la première fois de la réforme électorale de 2025 dans les communes de moins de 1 000 habitants modifie sensiblement la composition des conseils municipaux, sans pour autant changer profondément la répartition des maires.
Une réforme appliquée aux très petites communes
La réforme de 2025 étend aux communes de moins de 1 000 habitants les obligations de parité : désormais, le scrutin se déroule sur des listes complètes et ordonnées, avec une alternance stricte femmes‑hommes. Ces communes représentent près de 70 % des communes françaises et rassemblent environ 8,7 millions d’habitants.
Le changement met fin au panachage, qui permettait auparavant aux électeurs de modifier l’ordre des candidats sur les listes. En imposant des listes paritaires et ordonnées, la réforme vise à assurer une présence féminine régulière dans les assemblées municipales.
Des conseils municipaux plus féminisés
Le résultat est net au sortir du scrutin : dans les communes de moins de 1 000 habitants, les femmes occupent désormais 51,8 % des sièges des conseils municipaux, contre 37,6 % en 2020. Cette progression traduit l’effet mécanique de l’obligation d’alternance sur les listes.
La hausse est particulièrement sensible dans les communes soumises strictement au nouveau mode de scrutin. Les listes ordonnées et paritaires ont élevé le nombre de sièges attribués à des candidates, notamment dans des conseils où les binômes mixte ont remplacé des listes majoritairement masculines.
La tête de liste et le fauteuil de maire restent majoritairement masculins
Malgré cette avancée dans les conseils, la présidence des conseils — le fauteuil de maire — reste majoritairement occupée par des hommes. Le conducteur de la réforme augmente la représentation féminine parmi les conseillers, mais n’entraîne pas automatiquement une parité des maires.
Les raisons sont multiples et tiennent autant à des pratiques locales qu’à des décisions individuelles : la tête de liste conserve une importance symbolique et stratégique, et les élections de maires au sein des conseils peuvent refléter des majorités locales qui favorisent les hommes.
Règles électorales et dérogations : ce qui explique l’écart
Plusieurs dispositions techniques expliquent que la parité ne se traduise pas mécaniquement par des maires en nombre égal. En principe, une liste doit comporter au minimum autant de candidats que de sièges à pourvoir, et peut dépasser cet effectif de deux noms au maximum.
Cependant, une dérogation existe pour les communes de moins de 1 000 habitants : lorsque la composition de listes paritaires se révèle difficile, une liste peut compter jusqu’à deux candidats de moins que le nombre de sièges. Cette souplesse facilite la constitution de candidatures, mais elle peut aussi influer sur la composition finale des conseils au profit des listes dominées par des hommes.
Par ailleurs, la dynamique locale — tradition politique, réseaux, voire renouvellement générationnel — joue un rôle important dans le choix du ou de la maire par les conseillers élus.
Constats et limites
La réforme a donc atteint un objectif partiel : elle a fortement augmenté la part de femmes siégeant dans les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants. Le chiffre clé est clair : 51,8 % des sièges y sont désormais occupés par des femmes, contre 37,6 % en 2020.
Cependant, dans les très petites communes (moins de 500 habitants), la tendance reste inversée pour l’instant, avec une majorité masculine affichée à 52,6 % des sièges. Cette disparité sectorielle montre que la parité des effectifs ne suffit pas à garantir une égalité de genre à la tête des exécutifs locaux.
En l’absence d’autres modifications institutionnelles ou de changements durables des pratiques locales, la féminisation des conseils ne se traduit pas automatiquement par une féminisation des mairies. Les effets de la réforme devront donc être observés sur plusieurs mandats pour mesurer leur portée réelle.





