En tête du premier tour des municipales à Rennes, la maire sortante Nathalie Appéré recueille 34,53 % des suffrages, selon les résultats annoncés dimanche soir. Ce score, nettement inférieur aux 42 % anticipés par certains sondages, laisse la majorité sortante face à une situation incertaine à une semaine du second tour, prévu pour dimanche 22 mars.
Résultats chiffrés et comparaison avec les scrutins précédents
La liste conduite par la socialiste Nathalie Appéré devance les neuf autres listes en lice mais ne franchit pas le seuil qui lui garantirait la victoire dès le premier tour. Quelque 25 500 électeurs ont voté pour sa liste, chiffre fourni dans les communiqués de campagne. Par rapport aux scrutins antérieurs, l’alliance rose-verte qui rassemble des communistes (PCF) jusqu’aux membres du Parti radical de gauche (PRG) enregistre une érosion : environ 5 000 voix de moins qu’en 2014 et 10 000 voix de moins qu’en 2008.
Ces écarts traduisent, pour la maire sortante, une dynamique moins favorable que celle prévue par les derniers sondages. Malgré cela, Nathalie Appéré conserve le statut de favorite pour l’élection, une position qu’elle a elle-même rappelée lors de sa prise de parole dimanche soir.
Position de la majorité de gauche : pas de négociation avec les « insoumis »
Après l’annonce des résultats, Nathalie Appéré et ses alliés écologistes ont déclaré qu’ils refuseraient « en cohérence » toute négociation avec la liste des « insoumis », arrivée troisième au premier tour. Ce choix stratégique signifie qu’une triangulaire se profile pour le second tour, c’est‑à‑dire une confrontation à trois listes qui pourrait redistribuer les cartes électorales.
Interrogée sur le bilan du premier tour, l’élue a insisté sur la spécificité politique de Rennes : « Ce premier tour confirme que Rennes est une ville atypique ancrée à gauche. Malgré l’éparpillement des votes, nous sommes la force politique de gauche autour de laquelle le rassemblement doit se faire. » Elle a ajouté : « On ne peut pas être déçus lorsqu’on arrive en tête d’une élection avec un écart significatif sur ses concurrents. » Ces propos résument la stratégie du camp sortant, qui mise sur sa capacité à rassembler au second tour sans s’adosser aux formations concurrentes de gauche radicale.
Réactions des autres camps et enjeux pour le second tour
La droite locale voit dans cette configuration l’occasion d’un renversement possible et se dit prête à jouer les trouble‑fêtes d’une triangulaire. Les formations de droite, qui ne sont pas sorties victorieuses du premier tour, espèrent capter les électeurs modérés en quête d’alternatives à la division de la gauche.
De leur côté, les forces arrivées troisième — les « insoumis » — se trouvent en position d’arbitres potentiels : en acceptant ou en refusant des accords, elles peuvent influencer le résultat final. Or la majorité sortante a d’ores et déjà exclu ce scénario d’alliance, complexifiant les possibilités de transfert des voix entre le premier et le second tour.
Sur le plan local, l’enjeu central pour les jours à venir sera la capacité de chaque camp à mobiliser ses électeurs et à séduire les abstentionnistes. L’écart de plus de sept points entre les prévisions de sondage et le résultat réel met en lumière une part d’incertitude qui pourrait se traduire par des reports de voix variables selon les quartiers et les thématiques de campagne.
Enfin, la tenue d’une triangulaire rend le scrutin tactique : les dynamiques de transfert, la mobilisation sur le terrain et la communication des listes seront déterminantes pour l’issue du second tour. La majorité sortante compte sur son ancrage historique — les socialistes gèrent la ville depuis 1977 selon les références évoquées en campagne — pour reconquérir les voix perdues depuis 2008 et 2014.
À une semaine du rendez‑vous électoral, la campagne s’annonce tendue et incertaine, avec des stratégies rivales qui cherchent à capter une électorat fragmenté. Le choix explicite de ne pas négocier « en cohérence » par la liste majoritaire donne à la triangulaire une dimension politique claire : confrontation entre une majorité municipale réajustée, la gauche radicale et une droite offensive.





