Saint-Étienne : après la condamnation de Gaël Perdriau, Jean-Pierre Berger élu maire, l’ex-maire veut peser — appel et tensions dans la majorité

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À Saint‑Étienne, le conseil municipal extraordinaire du 11 décembre a porté Jean‑Pierre Berger au poste de maire, succédant à Gaël Perdriau, déchu après sa condamnation du 1er décembre pour chantage, association de malfaiteurs et détournements de fonds publics (5 ans de prison et d’inéligibilité) — décision faisant l’objet d’un appel. L’élection entend assurer la continuité administrative, mais laisse planer une incertitude juridique et des tensions au sein de la majorité.

Un conseil municipal exceptionnel s’est tenu à Saint-Étienne, jeudi 11 décembre, pour désigner le successeur de Gaël Perdriau. Le maire et président de la métropole depuis 2014 avait été démis de ses fonctions à la suite de sa condamnation le 1er décembre à cinq ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité, pour «chantage», «association de malfaiteurs» et «détournements de fonds publics». Il a fait appel de cette décision.

Contexte judiciaire et conséquences immédiates

La condamnation prononcée le 1er décembre est décrite dans le dossier comme la peine la plus lourde jamais infligée à un maire en exercice sous la Ve République. Les motifs retenus — chantage, association de malfaiteurs et détournements de fonds publics — ont entraîné, selon la procédure en vigueur, la déchéance de ses mandats locaux. Gaël Perdriau a formé un appel, ce qui maintient en suspens l’issue définitive du contentieux pénal.

Le tribunal a marqué sa position de manière nette, amenant une mise à l’écart immédiate des responsabilités publiques exercées par l’élu. Dans la matinée du 1er décembre, la juge lui avait déclaré, selon les éléments publics, «[qu’il] ne [peut] plus être le maire de Saint‑Étienne». Quelques heures plus tard, et avant de remettre sa démission, il a convoqué une réunion de sa majorité municipale.

La désignation de Jean‑Pierre Berger et l’ambiance du conseil

Sans surprise, c’est Jean‑Pierre Berger, premier adjoint et classé divers droite, qui a été élu pour succéder à Gaël Perdriau. La séance du conseil municipal, rapide et apparemment sereine, n’a toutefois pas fait disparaître les tensions apparentes au sein de la majorité. Plusieurs témoins et acteurs locaux ont évoqué l’ombre portée par l’ancien maire et les résonances d’une lutte pour la succession déclenchée le jour même de la condamnation.

La convocation en session extraordinaire — nécessaire pour assurer la continuité des fonctions exécutives de la commune et de l’intercommunalité — s’est déroulée dans un climat institutionnel tendu mais ordonné. L’élection de Jean‑Pierre Berger vise à stabiliser la gouvernance municipale à court terme, alors que l’appel de Gaël Perdriau prolonge l’incertitude juridique.

Plusieurs membres de la majorité et de l’opposition ont, au cours de la journée, souligné la nécessité de préserver le fonctionnement des services municipaux et de la métropole. Le choix d’un adjoint issu de la même majorité s’inscrit dans cette logique de continuité administrative, tout en alimentant des débats internes sur l’orientation politique à venir.

La réunion du 1er décembre et la guerre de succession

La soirée du 1er décembre a été marquée par une réunion de quatre heures à l’hôtel de ville, présidée par Gaël Perdriau. Alors que la décision judiciaire avait été rendue le matin même et que la démission était imminente, l’ordre du jour de la réunion portait sur le choix du successeur. Cette démarche a été perçue par certains comme une tentative de maîtriser la transition et d’influer sur le paysage politique local.

La simultanéité entre l’annonce judiciaire et l’organisation d’une réunion interne a contribué à cristalliser les divisions. Des observateurs ont noté que la mise en place d’un successeur choisi par la majorité en place devait être conciliée avec l’apaisement des tensions et la reconstruction de la confiance auprès des habitants.

Au‑delà des questions de personnes, la situation ouvre un chantier politique local: gestion des projets municipaux, pilotage de la métropole et relation avec les partenaires institutionnels. Ces enjeux seront suivis de près tant par les élus que par les services municipaux, dans un contexte où la procédure d’appel peut modifier le calendrier politique.

Sans donner d’indication sur l’issue de l’appel ni sur les suites internes à la majorité, le choix de Jean‑Pierre Berger constitue l’option pragmatique retenue pour assurer la continuité des fonctions. La situation administrative et judiciaire reste cependant marquée par l’incertitude, et l’avenir politique de la ville dépendra à la fois des décisions judiciaires et des équilibres locaux.

Parlons Politique

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