Les propos du président de la République, prononcés jeudi 8 janvier devant les ambassadeurs français, ont souligné une critique nette des dynamiques internationales actuelles et posé des priorités pour l’action européenne et française.
Remise en cause du multilatéralisme et critique des grandes puissances
Emmanuel Macron a estimé que « les instances du multilatéralisme fonctionnent de moins en moins bien » et a dénoncé une tendance des grandes puissances à fragmenter les espaces d’influence. Selon lui, « nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde ».
Dans son intervention, le président a dénoncé des comportements qu’il qualifie d’« agressivité néocoloniale » et a déclaré que les États-Unis « se détournent progressivement » de certains alliés et « s’affranchissent des règles internationales ». Ces formules traduisent une inquiétude sur la capacité des institutions multilatérales à réguler des rivalités entre puissances.
Le chef de l’État a par ailleurs affirmé la nécessité d’une posture autonome : « Nous, nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme, mais nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme ». Cette phrase résume l’équilibre recherché entre opposition à toute forme de domination extérieure et refus d’une attitude résignée face aux transformations du système international.
Autonomie stratégique et réduction des dépendances
Emmanuel Macron a défendu l’idée d’une plus grande autonomie stratégique européenne, qu’il considère comme une réponse à la fois à la dépendance vis‑à‑vis des États-Unis et à celle envers la Chine. Il a insisté : « Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens. Plus d’autonomie stratégique, moins de dépendance à l’égard des Etats-Unis comme de la Chine ».
Le président présente ici l’autonomie stratégique comme un objectif poursuivi par la France et par des initiatives européennes, sans détailler dans son allocution l’ensemble des mesures concrètes déjà engagées. Son propos laisse entendre un renforcement des capacités politiques et économiques pour réduire des vulnérabilités externes.
Régulation du secteur technologique et bouclier démocratique
S’adressant spécifiquement au champ numérique, Emmanuel Macron a appelé à « défendre » et « consolider » la régulation européenne des plateformes et marchés numériques. Il a cité nommément les règlements européens « DSA et DMA », qualifiés de « deux régulations à défendre, à consolider ».
Le président a ajouté que « Le bouclier démocratique européen prépare la Commission européenne » et a annoncé la volonté de la France de « continuer » à prendre des initiatives sur cet agenda. Ces propos rappellent l’importance accordée à des règles européennes pour encadrer les technologies et protéger les démocraties, selon la vision exprimée par le chef de l’État.
Commerce, marché unique des capitaux et préférence européenne
Emmanuel Macron a également plaidé pour une préférence européenne en matière commerciale et a appelé à déployer dès cette année un calendrier « accéléré » en la matière. Il a souligné la nécessité de « simplification du marché unique des capitaux », insistant sur l’importance pour que « cette Europe à 450 millions [d’habitants] existe » et « soit plus réelle ».
En liant la préférence commerciale à la simplification du marché unique des capitaux, le président pointe la cohérence entre politique extérieure et structuration interne de l’Union européenne. L’objectif affiché est de rendre l’espace économique européen plus intégré et opérationnel pour agir collectivement sur la scène internationale.
Le président n’a pas, dans l’extrait rendu public de son discours, détaillé l’ensemble des étapes concrètes de ce calendrier accéléré ni les mesures précises de simplification attendues. Ses annonces s’inscrivent néanmoins dans une logique de renforcement des instruments européens pour répondre aux défis géopolitiques et technologiques contemporains.
En synthèse, le discours met l’accent sur une volonté d’autonomie et de régulation européenne face à des dynamiques internationales jugées perturbées. Le président a articulé critiques des pratiques des grandes puissances, défense de réformes réglementaires dans la tech et appel à une relance des ambitions économiques européennes, en insistant sur la nécessité d’une Europe plus souveraine et concrète.





