Faute d’un accord entre l’Union européenne et plusieurs pays atlantiques, la surexploitation du maquereau met aujourd’hui en péril l’équilibre des stocks. Des décisions prises à Bruxelles et d’autres négociations internationales se succèdent, sans qu’une gestion commune et contraignante ait pu être mise en place.
En décembre, la Commission européenne a adopté une réduction des quotas de pêche au maquereau de 70 % pour les navires immatriculés dans l’UE. Une option moins sévère pourrait toutefois être retenue « fin mars » afin de favoriser un compromis avec des États extra‑communautaires et de parvenir à une règle identique pour tous les pêcheurs concernés.
Un accord introuvable entre États riverains
Le point central du différend est simple : des mesures nationales ou communautaires perdues dans un contexte régional ne suffisent pas lorsque les migrations du poisson traversent plusieurs zones économiques. Les autorités européennes misent sur une règle commune, car une gestion harmonisée serait, selon les responsables, plus à même de préserver la ressource.
Les discussions portent notamment sur le niveau des quotas et sur les contrôles de pêche. Si l’UE impose une baisse élevée des prélèvements pour ses propres flottes, l’effet sera limité si des pays voisins maintiennent des prélèvements importants. L’uniformisation des règles — et leur application — apparaît donc comme la condition essentielle pour freiner la dégradation des stocks.
Population en hausse puis déclin : trajectoire et causes possibles
Entre 2005 et 2015, les populations de maquereaux ont connu une expansion notable dans l’Atlantique. Leur aire de répartition s’est alors élargie jusqu’à l’Irlande et le Groenland, entraînant une augmentation des captures. Des pays jusque‑là peu concernés, cités dans les observations, tels que l’Écosse, le Royaume‑Uni et l’Islande, ont intensifié leurs pêcheries sur cette ressource.
Cette expansion a été attribuée, au moins en partie, à des facteurs environnementaux, parmi lesquels le réchauffement des eaux. Mais la situation a rapidement basculé : les prises cumulées, pratiquées « chacun de leur côté », ont fragilisé les stocks. L’organisation de producteurs Pêches de Bretagne rapporte que les prélèvements ont été excessifs et mal coordonnés.
« Sans doute beaucoup trop. Chacun a pêché dans son coin, sans qu’il y ait réellement de règle, » constate Jean‑Marie Robert, spécialiste halieutique et chargé de mission pour l’organisation de producteurs Pêches de Bretagne. « Résultat, les stocks ont commencé à décliner, avec une trajectoire claire. Et les dernières évaluations, qui datent de 2025, montrent qu’on est en dessous des indicateurs d’alerte, à la veille d’un effondrement. Si rien n’est fait, on se dirige vers une interdiction totale de la pêche en 2027. »
Cette citation souligne l’urgence des choix politiques : des données scientifiques récentes signalent que les indicateurs biologiques franchissent des seuils critiques.
Conséquences possibles et options de gestion
Si les prélèvements ne sont pas réduits de manière coordonnée, plusieurs scénarios restent plausibles. Le plus grave serait un effondrement conduit par la surexploitation, qui forcerait ensuite des fermetures généralisées de la pêche au maquereau pour permettre la reconstitution des stocks.
Parmi les outils avancés figurent une baisse commune des quotas, des saisons de pêche synchronisées, des zones temporaires de fermeture et des améliorations des contrôles en mer. Les acteurs officiels évoquent aussi des mécanismes de partage et des compensations pour les pêcheurs impactés, afin d’éviter des arbitrages purement économiques au détriment de la ressource.
La période qui suit les négociations annoncées « fin mars » sera déterminante. Les décisions prises à cette échéance, qu’il s’agisse d’un compromis allégé ou d’un maintien de la réduction de 70 %, auront un effet direct sur la pression de pêche exercée dans les mois et années à venir.
Dans ce contexte, la coopération internationale et la transparence des évaluations scientifiques apparaissent comme des leviers indispensables pour concilier exploitation et durabilité.
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