Munich : un an après J. D. Vance, Macron exhorte l’Europe à cesser d’être timide, renforcer sa défense (frappes de précision) et clarifier le lien transatlantique

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À la Conférence de Munich, Emmanuel Macron a exhorté les Européens à « cesser d’être timides », à renforcer la défense européenne — y compris des capacités de frappes de précision — et à clarifier les relations transatlantiques, un an après le discours marquant de J. D. Vance. Friedrich Merz a appelé à des « sacrifices » pour préserver la liberté : bilan général, un appel pressant à des décisions politiques et des investissements pour consolider l’Europe face aux crises, notamment en Ukraine.

Un an après le discours très critique du vice-président américain J. D. Vance, prononcé dans le même lieu et qui avait surpris de nombreux Européens, le président français Emmanuel Macron a défendu sa vision de l’Europe lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, vendredi 13 février.

Macron : « Nous sommes trop timides »

Dans un discours volontaire, Emmanuel Macron a appelé à plus d’ambition et de confiance : « Nous sommes trop timides. (…) C’est terrible pour nous de ne pas croire en nous-mêmes. Tout le monde devrait s’inspirer de nous au lieu de nous critiquer sans cesse et d’essayer de nous diviser », a-t-il lancé.

Le chef de l’État a résumé les critiques adressées à l’Europe ces dernières années, citant des accusations la présentant comme « une construction vieillissante, lente et fragmentée », une économie « surréglementée et apathique » ou une société menacée par des migrations prétendument « barbares ». Il a également évoqué une lecture paradoxale de l’Europe dans certains milieux, « comme un continent répressif où la parole ne serait pas libre et où les faits alternatifs ne pourraient prétendre au même droit de cité que la vérité elle-même – ce concept désuet et encombrant ».

Macron a placé ce constat au cœur de sa trajectoire pour l’Union européenne : selon lui, les Européens doivent retrouver une posture plus résolue pour peser dans les débats internationaux et préparer leur sécurité. Il a notamment souligné la nécessité d’élargir la « boîte à outils » de la défense européenne, en développant des capacités de « frappes de précision » en profondeur.

Tensions transatlantiques et relations avec les États-Unis

La conférence s’est déroulée dans un contexte de relations transatlantiques jugées incertaines. À son arrivée à Munich, Emmanuel Macron a reconnu que la relation Europe–États-Unis « est au milieu de beaucoup d’incertitude », plus d’un an après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, selon le compte rendu du discours.

« On doit clarifier ce que l’on veut et ce que l’on est prêt à faire, et pareil pour les Américains », a-t-il ajouté, en appelant à des discussions claires entre alliés. Son intervention intervient dans le sillage du discours prononcé l’an dernier par J. D. Vance en Bavière, qui avait provoqué en donnant une leçon sur la démocratie et la liberté d’expression.

Vance avait alors estimé que la menace sur l’Europe n’était « ni la Russie ni la Chine », mais « le renoncement à certaines de ses valeurs les plus fondamentales ». « Il ne faut pas avoir peur de son propre peuple, même quand il exprime une opinion qui n’est pas celle de ses dirigeants », avait-il déclaré, selon le même compte rendu, une allocution qui avait été vécue comme une secousse pour les relations transatlantiques.

Allemagne, défense et appel aux « sacrifices »

Avant Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz avait pris la parole pour insister sur l’idée que la liberté n’est « plus acquise » à l’ère des grandes puissances. « La liberté n’est plus acquise, elle est menacée », a-t-il affirmé, appelant à des « sacrifices, pas un jour, mais maintenant ».

Merz a reconnu l’existence d’un fossé croissant entre les deux rives de l’Atlantique et a appelé à refonder le partenariat transatlantique sur une base plus équilibrée. Il a aussi dit partager, en partie, la description que J. D. Vance avait faite un an plus tôt des désaccords entre Américains et Européens.

Les thèmes centraux de Munich

Les organisateurs de la Conférence de Munich avaient retenu comme fil conducteur « l’ordre international ravagé à coups de boutoir ». Les discussions ont couvert un large éventail de sujets : l’effritement de l’ordre international et la fragmentation du monde, la dissuasion nucléaire après l’arrivée à échéance du traité New START, la guerre en Ukraine, et les opérations de guerre hybride.

Parmi les autres dossiers évoqués figuraient des enjeux géopolitiques moins attendus, comme le Groenland — déjà au centre d’intérêt de certains dirigeants — et la diplomatie bilatérale. La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a annoncé que le gouvernement danois allait rencontrer à Munich le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, un point qui montre l’importance des entretiens bilatéraux en marge des sessions plénières.

Au terme des débats, la tonalité générale est restée celle d’un appel à renforcer les capacités européennes, à clarifier les relations avec les États-Unis et à intégrer les Européens aux discussions visant à trouver une sortie de crise en Ukraine, tout en soulignant que ces objectifs exigeraient des décisions politiques et des investissements soutenus.

Parlons Politique

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