Quand une élue européenne est à nouveau entendue : quelles garanties pour l’expression publique face à des procédures successives ?

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Rima Hassan, eurodéputée LFI, a été entendue le 3 avril par la BRDP dans une nouvelle enquête pour apologie du terrorisme distincte de sa garde à vue. Le parquet précise que les éléments liés à des stupéfiants feront l’objet d’une procédure séparée.

Une convocation de plus, et une question simple : jusqu’où peut aller une enquête pour « apologie du terrorisme » ?

Quand une élue est entendue par la police à répétition, l’affaire ne se limite plus à un dossier judiciaire. Elle devient aussi un sujet politique, avec une question très concrète : que reproche-t-on exactement, et comment la justice traite-t-elle ces propos ?

Le 3 avril 2026, Rima Hassan, eurodéputée LFI, a de nouveau été entendue à la police judiciaire de Paris. Cette fois, la convocation ne portait pas sur la garde à vue de la veille, mais sur une autre affaire d’« apologie du terrorisme », selon plusieurs informations concordantes. L’élue a été auditionnée par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, la BRDP, dans le cadre d’une procédure distincte.

Cette nouvelle audition intervient au lendemain d’une garde à vue liée elle aussi à des soupçons d’apologie du terrorisme. À l’issue de cette première procédure, Rima Hassan a reçu une convocation pour être jugée le 7 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel. Le parquet de Paris a indiqué que l’enquête ouverte le 27 mars 2026 visait un message publié en ligne le 26 mars et reprenant des propos de Kōzō Okamoto.

Ce que vise la justice, et pourquoi cette affaire se dédouble

L’« apologie du terrorisme » est une infraction pénale. Elle consiste à présenter ou justifier publiquement des actes terroristes. En pratique, ce type de dossier repose souvent sur des publications en ligne, des messages sur les réseaux sociaux ou des prises de parole jugées problématiques par les enquêteurs.

Dans cette affaire, il faut distinguer trois volets. D’abord, la garde à vue du 2 avril, qui a débouché sur une convocation pour le 7 juillet. Ensuite, la nouvelle audition du 3 avril, qui concerne une autre procédure d’apologie du terrorisme. Enfin, l’épisode de la fouille de ses effets personnels, où le parquet a dit avoir trouvé des matières s’apparentant à du CBD et à de la 3-MMC. Selon le parquet, ce point est séparé des poursuites pour apologie du terrorisme et fera l’objet d’une procédure distincte.

Rima Hassan conteste fermement cette version. Sur X, elle a dénoncé des accusations « totalement fausses » sur la drogue, en affirmant que seule la présence de CBD avait été constatée. Elle soutient aussi que cette substance était utilisée à des fins médicales et qu’elle est légale. Sur le fond, elle estime subir un « harcèlement judiciaire et politique ».

Un dossier sensible, à la frontière entre droit pénal et débat public

Le dossier dépasse le cadre de la seule procédure. Rima Hassan est une eurodéputée connue pour ses positions sur le conflit israélo-palestinien. Depuis fin 2023, elle fait l’objet de plusieurs signalements et enquêtes liées à des prises de position jugées très offensives par ses opposants. Certaines procédures ont déjà été classées sans suite, selon le parquet de Paris.

Cette accumulation compte politiquement. D’un côté, la justice examine des propos ou des messages publiés en ligne, avec une infraction particulièrement sensible en France. De l’autre, les soutiens de l’élue y voient une réponse judiciaire disproportionnée, voire ciblée. Le débat est donc double : il porte à la fois sur les limites de la liberté d’expression et sur l’usage du droit pénal dans un contexte de forte tension autour du conflit au Proche-Orient.

Pour l’eurodéputée, l’enjeu est aussi institutionnel. Un parlementaire européen n’échappe pas automatiquement à une enquête ou à une garde à vue. En revanche, la question de l’immunité parlementaire peut se poser selon la nature de la procédure. Dans cette affaire, le parquet a estimé qu’une enquête de flagrance permettait d’agir sans lever cette immunité.

Ce qu’il faut surveiller maintenant

Le premier rendez-vous judiciaire est fixé au 7 juillet 2026, date du procès annoncé pour apologie du terrorisme. C’est là que la justice devra trancher sur le fond du dossier principal.

Mais l’histoire ne s’arrête pas à cette échéance. La nouvelle audition du 3 avril, la procédure séparée évoquée par le parquet et les contestations de l’élue montrent qu’une seule affaire judiciaire s’est transformée en ensemble de dossiers. Dans les prochains jours, l’enjeu sera donc surtout procédural : quelles suites la police et le parquet donnent-ils aux différentes branches de l’enquête, et sur quels éléments précis reposent les poursuites ?

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