Strasbourg : heurts lors d’une manifestation d’agriculteurs contre le Mercosur, un CRS gravement blessé à l’œil — députés européens face à la saisine de la CJUE

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À Strasbourg, une manifestation d’environ 5 500 agriculteurs, opposés à l’accord UE‑Mercosur, a dégénéré en heurts : jets de projectiles, usage de grenades lacrymogènes et un policier de la CRS gravement blessé à l’œil. L’incident survient alors que les députés européens doivent décider d’une possible saisine de la Cour de justice de l’Union européenne.

Faits: un policier gravement blessé au cours des heurts

Un policier de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) a été « blessé très gravement à l’œil » mardi à Strasbourg lors d’échauffourées consécutives à une manifestation d’agriculteurs devant le Parlement européen, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, sur son compte X en fin de soirée.

« Aujourd’hui à Strasbourg, un policier de la CRS (…) engagé sur le dispositif encadrant la mobilisation des agriculteurs a été blessé très gravement à l’œil. Je pense à lui ce soir », a écrit le ministre. Il a ajouté: « La liberté de manifester et d’exprimer son opinion ne peut se faire dans la violence ».

Le syndicat Alliance police nationale a également publié sur X des images montrant un CRS évacué par ses collègues, « après avoir été violemment pris à partie lors de la mobilisation agricole », selon la légende accompagnant ces images.

Déroulement des heurts et moyens employés

La manifestation, qui a rassemblé quelque 5 500 agriculteurs, a vu la participation de personnes venues de plusieurs pays européens, notamment de France, d’Italie, de Belgique et de Pologne, certaines arrivées en tracteur.

Au cours de l’après‑midi, la tension est montée: des manifestants ont lancé des fumigènes, des bouteilles et des fruits en direction des CRS. Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de grenades lacrymogènes pour tenter de disperser des groupes impliqués dans des actions violentes.

Les autorités n’ont pas publié au moment où ces éléments ont été rapportés de bilan officiel complet sur d’éventuels autres blessés ou interpellations liées aux incidents.

Contexte politique : l’accord avec le Mercosur au cœur de la mobilisation

Les agriculteurs manifestaient massivement contre l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Mercosur, signé la veille au Paraguay. Le texte soulève des interrogations fortes chez ses détracteurs, qui estiment qu’il pourrait déstabiliser l’agriculture européenne.

Pour ses opposants, l’accord risque d’importer des produits à moindre coût, qui ne respecteraient pas nécessairement les mêmes normes que celles de l’Union européenne, en raison, selon eux, de contrôles jugés insuffisants.

Les députés européens étaient appelés à se prononcer mercredi 21 janvier sur la possibilité de saisir la Cour de justice de l’Union européenne afin de vérifier la validité juridique de l’accord. Cette décision parlementaire concentre l’attention des parties prenantes et explique en partie la mobilisation qui a culminé devant le Parlement.

Réactions et calendrier

Les prises de parole officielles ont insisté sur la nécessité de permettre la liberté de manifester tout en condamnant la violence. Le ministre de l’Intérieur a rappelé que le droit de manifester doit s’exercer sans recours aux actes violents.

Du côté des syndicats agricoles et des représentants des manifestants, les déclarations mises en avant visaient à dénoncer un accord perçu comme une menace économique. Les messages publics diffusés par des organisations policières ont, pour leur part, souligné les risques encourus par les forces de l’ordre lors du maintien de l’ordre.

Au moment des faits, la situation restait à la fois politique et judiciaire: la procédure éventuelle devant la Cour de justice de l’Union européenne devait préciser le cadre légal de l’accord, tandis que la mobilisation des agriculteurs se poursuivait mercredi 21 janvier.

Enjeux à court terme

À court terme, les élus européens sont confrontés à une décision procédurale dont l’issue pourrait influer sur l’entrée en vigueur ou la mise en œuvre pratique de l’accord avec le Mercosur.

Sur le terrain, la poursuite des mouvements de protestation appelle des réponses à la fois politiques et sécuritaires: garantir la sécurité des agents et des manifestants, tout en tenant compte des revendications économiques et sanitaires exprimées par le monde agricole.

Les autorités et les organisations concernées devront également préciser, dans les jours qui suivent, le nombre exact de personnes impliquées dans les incidents et les suites judiciaires éventuelles. Toute précision supplémentaire émanant de sources officielles permettra de mieux évaluer l’ampleur des heurts et leurs conséquences pour les discussions autour de l’accord.

Parlons Politique

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