Venezuela après la capture de Maduro par les États‑Unis : l’UE exige le respect du droit international et appelle à une transition pacifique soutenue par l’opposition

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Après la capture par les États‑Unis de Nicolás Maduro le 3 janvier, l’Europe oscille entre prudence et positions divergentes : appels au respect du droit international et soutien à une transition pacifique portée par l’opposition (María Corina Machado, Edmundo González Urrutia).

Retenue et vigilance. Ces deux mots résument la position affichée par de nombreux dirigeants européens face à la situation au Venezuela après la capture, le 3 janvier, du président Nicolás Maduro par les États‑Unis, inculpé pour « conspiration narcoterroriste », et présenté « ce lundi midi » devant un juge de New York.

Réactions immédiates et tonalité commune

Dès la matinée du 3 janvier, alors que circulaient les images de l’intervention américaine et que Donald Trump annonçait sur son réseau Truth Social la capture du chef d’État, des prises de parole se sont succédé en Europe. Le ton général a oscillé entre prudence diplomatique et condamnations plus nettes.

La présidente du gouvernement estonien, Kaja Kallas, a appelé à la « retenue » sur X après un échange téléphonique avec le sénateur américain Marco Rubio, affirmant que le bloc européen « suivait la situation de près ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part rappelé que « toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies ».

Le Service européen pour l’action extérieure, soutenu selon le texte par 26 États membres de l’Union européenne (tous sauf la Hongrie), a publié un message dimanche soir réaffirmant la primauté du droit international et la nécessité de favoriser une résolution négociée de la crise.

Des positions nationales divergentes

Malgré ce socle commun, des divisions importantes sont apparues entre capitales européennes sur l’appréciation de l’opération et sur la manière d’y répondre.

En Italie, la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni — souvent décrite comme proche de Donald Trump — a reconnu que « l’action militaire extérieure [n’était] pas le moyen de mettre fin aux régimes totalitaires », tout en jugeant « légitime une intervention défensive contre les attaques hybrides à sa sécurité ». Cette formulation reprend en partie le vocabulaire américain centré sur la lutte contre le trafic de drogue.

Au contraire, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a affirmé qu’il « ne reconnaîtra pas […] une intervention qui viole le droit international », rappelant que Madrid n’avait jamais reconnu le régime de Nicolás Maduro.

La France a été l’un des premiers États à réagir officiellement le 3 janvier au soir. Jean‑Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a rappelé sur X que « les peuples souverains décident seuls de leur avenir » et que « aucune solution durable ne saurait être imposée de l’extérieur ». Le président Emmanuel Macron a salué, dans un message, « la fin de la dictature de Nicolás Maduro », tout en appelant à une « transition pacifique » et en exprimant le soutien de la France à Edmundo González Urrutia et à María Corina Machado.

Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a quant à lui dénoncé l’action américaine comme une « nouvelle preuve de l’effondrement de l’ordre mondial » — une position qui illustre les divergences au sein de l’Union sur les relations avec Washington.

Appels au dialogue et soutien à l’opposition

Plusieurs États européens ont fait le pari d’une solution politique axée sur l’opposition démocratique vénézuélienne. L’Union européenne, par la voix de ses institutions et de certains ministres, a réitéré qu’elle considérait Nicolás Maduro comme manquant de légitimité et qu’elle défendait une « transition pacifique ».

Des responsables comme le ministre tchèque des Affaires étrangères, Petr Macinka, ont plaidé pour « des négociations diplomatiques, y compris avec la participation de l’opposition vénézuélienne ». Le message officiel publié sur X le 4 janvier précise que l’UE est « en contact étroit avec les États‑Unis et avec [ses] partenaires régionaux et internationaux » afin de faciliter le dialogue entre toutes les parties et parvenir à une solution « négociée, démocratique, inclusive et pacifique ».

La référence à des figures de l’opposition — María Corina Machado et Edmundo González Urrutia — est récurrente dans les déclarations européennes. Les deux opposants, distingués par le prix Sakharov, sont présentés par plusieurs capitales comme des interlocuteurs clés pour porter une transition démocratique au Venezuela.

Enjeux et incertitudes

Les prises de position européennes reflètent un équilibre délicat entre le respect du droit international, l’inquiétude face à une intervention militaire extérieure et la volonté de soutenir une transition politique au Venezuela. Les divisions entre États membres sur la nature de l’intervention et sur les relations avec Washington laissent présager des débats intenses au sein de l’UE dans les prochains jours.

Sur le terrain, la situation reste fragile et la trajectoire politique du pays dépendra à la fois des évolutions diplomatiques régionales et des choix des acteurs vénézuéliens eux‑mêmes.

Parlons Politique

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