Les Républicains (LR) entament la phase publique de leur préparation pour l’élection présidentielle de 2027. Avec les municipales désormais closes, le parti prévoit d’examiner ce mardi, lors d’un bureau politique, les conclusions du groupe de travail chargé de définir le mode de désignation de son candidat.
Quatre scénarios pour choisir un candidat
Le groupe piloté par le président du Sénat, Gérard Larcher, a travaillé plusieurs mois sur différentes formules. Quatre options principales sont mentionnées : une primaire fermée réservée aux 120 000 adhérents du parti ; une primaire semi-ouverte, où l’ensemble des citoyens pourrait se prononcer sur des candidats LR ; la désignation directe du président du parti, Bruno Retailleau, comme candidat officiel ; et enfin une primaire ouverte à d’autres responsables du centre et de la droite.
Cette dernière hypothèse, soutenue par plusieurs personnalités influentes du parti, est toutefois présentée comme « très hypothétique » par l’entourage du patron de LR. Un proche de Bruno Retailleau résume la crainte : « On ne va pas voter pour une solution dont personne ne veut dans les autres partis, Édouard Philippe le premier. »
Conformément aux statuts, les cadres de LR entendent soumettre aux adhérents, en avril, les modalités retenues pour départager les candidats. Les partisans de Bruno Retailleau espèrent quun nom sera officiellement établi avant lété, « il faut du temps pour mener campagne et ne pas réitérer léchec de Valérie Pécresse », affirme un haut responsable du parti.
Tensions internes et personnalités en présence
Le débat s’annonce vif : plusieurs prétendants à l’Élysée siègent au bureau politique et seront donc dans la même pièce. Xavier Bertrand, Michel Barnier, David Lisnard et Laurent Wauquiez font partie des membres concernés, et beaucoup s’opposent à une primaire fermée, perçue comme défavorable au rassemblement.
Laurent Wauquiez a, par exemple, réaffirmé ses ambitions médiatiques après les municipales en déclarant : « Quand la droite est rassemblée, elle gagne, quand on est divisés, on perd. » Il plaide pour une primaire ouverte « d’Édouard Philippe jusqu’à Sarah Knafo », et annonce son intention d’y participer.
La récente élection de Bruno Retailleau à la tête de LR, avec près de 75 % des voix en mai dernier, nourrit le débat interne sur la meilleure stratégie pour 2027. Les opposants à la fermeture du processus considèrent qu’une décision trop restreinte aliénerait des partenaires potentiels et réduirait les chances électorales.
Municipales : résultats contrastés et conséquences politiques
Les résultats des municipales, qui seront aussi discutés au bureau politique, offrent un tableau contrasté pour LR. Malgré des défaites dans plusieurs grandes villes, le parti revendique la « première force politique en France » et souligne la conquête de bastions de gauche, citant des victoires locales à Clermont-Ferrand, Besançon, Brest, Cherbourg et Tulle.
Un proche de Bruno Retailleau se félicite : « Nos concurrents internes pensaient qu’on allait se planter, ils ont dû passer une mauvaise soirée dimanche. » Cette lecture se heurte toutefois aux contre-performances enregistrées à Paris, Lyon ou Marseille, villes dont la défaite est considérée comme problématique pour afficher une dynamique nationale.
Le dossier niçois illustre les tensions stratégiques : à quelques jours du second tour, Bruno Retailleau et d’autres cadres LR n’ont pas soutenu Christian Estrosi, laissant la question d’une éventuelle alliance ou d’une posture face au Rassemblement national au cœur des critiques. Pour certains dirigeants, ce choix peut être perçu comme un adoubement indirect de la stratégie d’alliance avec le RN, défendue publiquement par Éric Ciotti depuis 2024.
Les réactions ne se sont pas fait attendre : Valérie Pécresse a déclaré sur RTL que « nous ne pouvons pas continuer dans cette ambiguïté », tandis que Michel Barnier a estimé sur TF1 que LR ne doit pas « servir de béquille à l’extrême droite ». Ces prises de position illustrent la nécessité pour le parti de clarifier à la fois son mode de désignation et sa ligne politique pour 2027.
Au-delà du choix procédural, la direction devra arbitrer entre des stratégies convergentes et concurrentes : rassembler large en s’ouvrant à d’autres forces du centre et de la droite, ou consolider un socle militant interne avant d’aller chercher l’électorat plus large. Le bureau politique de mardi devrait préciser les options qui seront mises au vote des adhérents en avril, mais il laisse déjà apparaître l’ampleur des débats à venir au sein de LR.





