Au total, 107 députés avaient choisi de briguer une mairie lors des élections municipales des dimanches 15 et 22 mars 2026. Selon le décompte de franceinfo, 39 d’entre eux ont remporté la tête de liste dans leur commune et se retrouvent désormais confrontés à un choix : conserver leur siège à l’Assemblée nationale ou endosser l’écharpe de maire, les deux mandats étant incompatibles.
Bilan chiffré et conséquences pour l’Assemblée
Parmi les 39 élus municipaux, 17 ont gagné dès le premier tour et 22 ont été élus au soir du second tour, d’après le décompte cité. Cette nouvelle configuration risque d’entraîner des départs à l’Assemblée si les vainqueurs optent pour la fonction municipale, déclenchant des remplacements par leurs suppléants ou des législatives partielles selon les cas.
La répartition par groupes parlementaires montre des contrastes marqués : tous les députés candidats chez Les Républicains ont été élus (9 sur 9), tandis que les groupes écologiste et communiste ne comptent aucun élu maire parmi leurs candidats. D’autres forces politiques enregistrent des résultats variés, avec des gains importants pour certains élus locaux et des échecs notables dans les grandes villes.
Résultats détaillés par famille politique
Rassemblement national (RN) : le RN a obtenu huit victoires parmi ses 35 députés têtes de liste. Deux d’entre eux — Nicolas Meizonnet à Vauvert (Gard) et Bryan Masson à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) — ont été élus dès le premier tour, et six autres ont remporté leur commune au second tour. Le parti a toutefois essuyé des revers dans plusieurs grandes villes et circonscriptions visées, notamment à Toulon et Marseille.
La France insoumise (LFI) : sur 19 députés têtes de liste, quatre ont remporté la mairie dans des villes de taille importante. David Guiraud à Roubaix, Aly Diouara à La Courneuve, Idir Boumertit à Vénissieux et Abdelkader Lahmar à Vaulx-en-Velin figurent parmi ces succès. En revanche, LFI a connu des contre-performances dans des villes comme Toulouse, Limoges et Evry-Courcouronnes.
Parti socialiste (PS) : trois des 12 députés têtes de liste ont été élus. Emmanuel Grégoire a notamment succédé à Anne Hidalgo à la mairie de Paris, battant Rachida Dati au second tour. D’autres députés socialistes ont perdu des batailles locales, tandis que certains, élus au premier tour, ont choisi entre mandat municipal et siège parlementaire.
Ensemble pour la République (majorité présidentielle) : quatre succès parmi dix têtes de liste. Thomas Cazenave a repris la mairie de Bordeaux, et Antoine Armand a remporté Annecy au second tour. Franck Riester a été élu dès le premier tour à Coulommiers. D’autres candidatures du groupe ont toutefois échoué ou été éliminées dès le premier tour.
Les Républicains (LR) : tous les députés qui se présentaient ont été élus, neuf au total, dont six dès le premier tour. Plusieurs d’entre eux se présentaient dans des communes où ils étaient déjà implantés. Certains, comme Michèle Tabarot, resteront finalement députés car un colistier a été élu maire par le conseil municipal.
MoDem : quatre élus parmi cinq têtes de liste. Parmi les victoires figurent Didier Padey à Jongieux et Philippe Vigier à Châteaudun, tous deux élus dès le premier tour. D’autres membres du parti ont gagné au second tour, tandis que des défaites locales sont également à noter.
Horizons : le parti d’Édouard Philippe obtient trois succès sur cinq têtes de liste, avec notamment Paul Christophe élu dès le premier tour à Zuydcoote et d’autres victoires à Muzillac et Templeuve-en-Pévèle. Quelques candidatures ont cependant échoué ou renoncé au second tour.
Parti communiste (PCF) et Les Écologistes : aucun député candidat de ces groupes n’a remporté la mairie parmi leurs têtes de liste. Les communistes essuient notamment la défaite au Havre face à Édouard Philippe, tandis que les écologistes voient leurs trois candidats battus dans leurs communes respectives.
Groupes minoritaires et cas particuliers : Liot enregistre un élu sur deux têtes de liste, l’Union des droites pour la République (UDR) obtient deux victoires sur deux — dont la percée marquante d’Éric Ciotti à Nice — et un député non inscrit gagne dans un village où il était le seul candidat.
Face à ces résultats, l’Assemblée nationale pourrait connaître un remaniement localisé dans les semaines à venir, en fonction des choix des élus municipaux vainqueurs et des procédures de remplacement prévues par le code électoral.





