Gabriel Attal exclut une alliance si LR s’aligne sur l’extrême droite
Interrogé sur France Inter mardi 24 mars 2026, Gabriel Attal a mis en garde contre toute alliance avec Les Républicains (LR) si le parti adopte une ligne qu’il qualifie d’« union de la droite et de l’extrême droite ». L’ancien Premier ministre et secrétaire général de Renaissance a affirmé qu’« on ne partage absolument rien avec ça » et que cela ne pourrait pas entrer dans une alliance pour l’élection présidentielle de 2027.
Dans son intervention, Attal a lié cette mise en garde aux récents événements politiques — en particulier la victoire d’Éric Ciotti à Nice face au maire sortant issu d’Horizons, Christian Estrosi — et aux choix de certains dirigeants de LR, qui relancent le débat sur l’idée d’une « union des droites ». Il a demandé au parti de clarifier sa ligne politique avant toute discussion sur une éventuelle coopération.
Des désaccords profonds sur l’Europe, l’État de droit et l’écologie
Gabriel Attal a expliqué que ses divergences avec la direction de LR, et notamment avec Bruno Retailleau, sont « très profondes ». Il a cité en premier lieu l’Europe : « Je suis résolument pro-européen, je constate que la ligne de LR aujourd’hui n’est plus une ligne pro-européenne », a-t-il déclaré, ajoutant son inquiétude quant à des alliances au Parlement européen entre certains députés LR et des formations d’extrême droite.
Outre la question européenne, le secrétaire général de Renaissance a évoqué des désaccords sur l’État de droit ainsi que sur l’écologie et la politique énergétique. Selon lui, ces différences rendent difficile toute convergence politique tant que LR n’opérera pas une clarification nette de sa stratégie et de ses alliances.
Le dossier municipal niçois est venu cristalliser ces tensions : Bruno Retailleau avait, selon le récit rapporté, refusé de soutenir explicitement Christian Estrosi face à Éric Ciotti, ce qui a nourri les débats internes sur la nature et l’ampleur des rapprochements possibles entre la droite traditionnelle et l’extrême droite.
Primaires, comité de liaison et calendrier proposé
Sur la méthode pour préparer la présidentielle de 2027, Gabriel Attal a indiqué vouloir un rassemblement « au début de l’année 2027 ou à la fin de l’année 2026 » des forces partageant des projets et des valeurs proches. Interrogé sur l’organisation d’une primaire, il a précisé qu’il « n’exclut aucune possibilité ».
Concrètement, Attal a proposé la création d’un « comité de liaison » réunissant Renaissance, Horizons et le MoDem — trois partis qui, rappelle-t-il, ont gouverné ensemble entre 2017 et 2024. Ce comité doit servir à coordonner les discussions et les choix pour la prochaine campagne présidentielle.
Quant à la participation de LR à une éventuelle primaire commune, Attal a répété qu’il y a d’abord « un besoin de clarification » de la ligne du parti. Sans cette clarification, « on ne pourra pas avancer avec eux », a-t-il averti.
Éléments cités et source
Extrait cité : « Ce qu’on appelle “l’union des droites” est en réalité l’union de la droite et de l’extrême droite et on ne partage absolument rien avec ça. » (Gabriel Attal, France Inter, 24 mars 2026).
Le message et des éléments de son intervention ont également été relayés sur les réseaux sociaux : pic.twitter.com/EfgL6MR8af





