La Banque de France a publié une projection à horizon 2028 reposant sur trois scénarios différenciés, établis en fonction de la durée et de l’intensité de la crise au Moyen-Orient. Face à une forte incertitude géopolitique et à une grande volatilité des prix de l’énergie, ses économistes retiennent plusieurs trajectoires possibles plutôt qu’une seule prévision centrale.
Scénarios et hypothèses
Les trois scénarios présentés par l’institution tiennent compte, en priorité, des évolutions du contexte énergétique et diplomatique. La Banque de France souligne que les prix de l’énergie restent sensibles aux « déclarations tonitruantes de Donald Trump » et à la situation diplomatique, variables qui peuvent peser significativement sur l’activité économique.
Dans le scénario « de base », qui sert de référence, la Banque de France table sur une progression de l’activité de 0,9 % en 2026, soit un rythme très proche de celui de 2025. Cette prévision est également proche de l’hypothèse utilisée par le gouvernement pour la construction du budget, qui repose sur une croissance de 1 %.
Selon la même trajectoire de base, la croissance ralentirait légèrement à 0,8 % en 2027 avant de rebondir à 1,2 % en 2028. Ce rebond est attendu comme étant principalement tiré par la consommation des ménages et par l’investissement des entreprises, précise la Banque de France.
Scénario très défavorable et risques
Dans l’hypothèse qualifiée de « très défavorable », liée à une détérioration prolongée et intense du conflit au Moyen‑Orient et à un choc durable sur les prix de l’énergie, la Banque de France envisage une croissance « très faible » pour 2026 et 2027. Toutefois, même dans cette configuration la trajectoire retenue n’anticipe pas, pour l’instant, une récession d’ici à 2028 et n’aboutit pas non plus à une situation de stagflation.
Les économistes insistent sur le caractère fragile de ces projections : en période de forte incertitude, l’exercice relève autant d’un travail de scénarios que d’un calcul strict. Les variables-clés à surveiller restent les cours de l’énergie, les chocs sur l’offre d’actifs financiers et l’évolution des tensions géopolitiques.
Impacts attendus pour les ménages et les entreprises
Dans le scénario de base, la stabilité relative de la croissance (0,9 % en 2026, 0,8 % en 2027, 1,2 % en 2028) laisse entendre une dynamique modeste mais positive de la demande intérieure. La consommation des ménages figure parmi les premiers moteurs du rebond attendu en 2028, de même que la reprise des investissements des entreprises.
En revanche, dans l’hypothèse de choc énergétique prolongé, la persistance d’une croissance très faible pourrait contraindre les marges des entreprises et limiter la création d’emplois, tandis que le pouvoir d’achat des ménages resterait sous pression si les prix de l’énergie restent élevés. Ces effets sont évoqués comme des risques, sans chiffrages détaillés dans le résumé rendu public.
Lecture et limites de la projection
La Banque de France adopte une approche prudente en proposant plusieurs trajectoires possibles plutôt qu’une prévision unique. Cette méthode reconnaît la difficulté de prévoir à moyen terme dans un contexte où des facteurs externes, notamment géopolitiques et énergétiques, peuvent modifier brutalement la donne économique.
Les éléments fournis permettent de dégager une tendance générale : les perspectives de croissance restent modestes mais positives dans le scénario central et laissent visible la vulnérabilité de l’économie française face à un choc énergétique durable. La Banque de France ne table pas, à ce stade, sur une récession d’ici à 2028, même dans son scénario « très défavorable ».
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