Présidentielle 2027 : le duel pour le second tour se resserre entre Philippe et Mélenchon, tandis que Bardella reste seul en tête
Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret confirme la large avance de Jordan Bardella au premier tour. Mais la bataille s’intensifie pour la deuxième place entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, désormais séparés d’un seul point.

Un prompt optimisé est pré-rempli pour chaque moteur. Les résultats générés par l'IA peuvent différer du contenu original.
À un an de la présidentielle, une question s’impose déjà : qui peut vraiment empêcher le Rassemblement national d’occuper la première place ? Et, plus concrètement, qui peut encore se hisser en face au second tour ?
Un rapport de force qui bouge, mais pas au sommet
Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret donne toujours Jordan Bardella en tête du premier tour, avec 32 % des intentions de vote. Le point important n’est pas là. Il est derrière : l’écart entre Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon se réduit nettement, avec 17 % pour l’ancien Premier ministre et 16 % pour le chef de file de La France insoumise. Le sondage a été réalisé les 20 et 21 mai 2026, auprès de 1 005 personnes, dont 928 inscrites sur les listes électorales.
Cette photographie intervient dans un moment très particulier. Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature le 3 mai 2026 sur TF1. De son côté, Gabriel Attal a, lui aussi, franchi un cap en mai, après avoir été appelé par Renaissance à être candidat. Édouard Philippe, lui, reste installé comme l’une des figures centrales du bloc central, mais sa marge de manœuvre se fragilise.
Le baromètre souligne donc une chose simple : la bataille pour la deuxième place du premier tour n’est plus théorique. Elle devient la vraie ligne de crête de la campagne. Et, à ce stade, elle oppose surtout deux façons de rassembler. D’un côté, un centre qui cherche un point d’équilibre entre gouvernement, crédibilité et dépassement des divisions. De l’autre, une gauche radicale qui mise sur la polarisation politique et sur sa capacité à remobiliser un électorat populaire souvent abstentionniste.
Pourquoi Édouard Philippe recule
Édouard Philippe perd 4 points par rapport au précédent baromètre de mars. Le sondage intervient quelques jours après l’annonce d’une enquête visant le maire du Havre pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion. L’affaire concerne la gestion municipale, ce qui touche directement un point sensible pour un candidat qui construit une partie de sa crédibilité sur l’idée de sérieux et de gestion.
Le mécanisme politique est clair. Un responsable local qui veut peser à l’échelle nationale doit apparaître au-dessus des affaires, des rivalités partisanes et des calculs de boutique. Or, dans ce type de séquence, l’image compte presque autant que le fond. Dès qu’un soupçon judiciaire surgit, la campagne ne parle plus seulement de programme. Elle parle de probité, d’autorité et de confiance. Cela pèse d’abord sur le candidat lui-même. Mais cela rejaillit aussi sur son camp, qui espère éviter un émiettement des candidatures au centre.
Ce recul a une conséquence très concrète. Dans un système présidentiel à deux tours, une baisse de quelques points peut suffire à refermer une porte. Le baromètre montre justement qu’Édouard Philippe n’est plus seul à incarner l’option “bloc central” capable d’atteindre le second tour. Gabriel Attal avance aussi ses pions. Bruno Retailleau reste présent. Résultat : le centre et la droite modérée risquent de disperser leurs forces, au bénéfice du RN et, potentiellement, d’un candidat de gauche capable de remonter au bon moment.
Mélenchon profite d’une dynamique retrouvée
À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon gagne 4 points sur la même période. Cette progression suit de près sa déclaration de candidature. En politique, le calendrier compte. Une candidature officielle donne un cadre, fixe un récit et remet un nom au centre du jeu. C’est ce qui se passe ici. Le chef de file de LFI ne se contente plus d’occuper un espace médiatique. Il assume une course personnelle pour 2027.
Pour ses électeurs, l’enjeu est double. D’abord, il faut exister face au RN. Ensuite, il faut éviter que la gauche n’arrive dispersée au rendez-vous présidentiel. C’est le point faible structurel du camp progressiste : il peut compter plusieurs candidats solides, mais aucun ne domine nettement l’ensemble. Raphaël Glucksmann est crédité de 11 %, Bruno Retailleau de 9 %, Éric Zemmour de 6 % et Marine Tondelier de 4 % dans ce baromètre. Cette fragmentation rend la qualification au second tour plus difficile pour les forces qui veulent s’opposer au RN.
Le rebond de Mélenchon doit aussi se lire à travers un autre prisme : sa base électorale. Une partie de son espace politique repose sur des électeurs plus intermittents, plus mobiles et parfois plus défiants envers les institutions. Quand la campagne s’anime, ce type d’électorat peut revenir plus vite que d’autres. À l’inverse, le centre repose davantage sur la stabilité, donc sur une progression plus lente et plus coûteuse en crédibilité. C’est l’une des raisons pour lesquelles un écart d’un point entre Philippe et Mélenchon peut devenir politiquement décisif.
Le RN reste largement seul au premier tour
Avec 32 % d’intentions de vote, Jordan Bardella conserve une avance confortable. C’est le chiffre le plus lourd de ce sondage. Il dit une chose simple : le RN demeure, pour l’instant, la première force de la présidentielle à ce stade de la course. Et cela alors même que le parti n’a pas encore tranché définitivement son visage présidentiel, la candidature de Marine Le Pen restant suspendue à la décision de justice attendue début juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens.
Pour les électeurs du RN, cette avance confirme l’idée d’un camp déjà installé dans la compétition finale. Pour ses adversaires, elle sert de signal d’alarme. Si le premier tour s’ouvrait dans une configuration éclatée, le RN pourrait encore profiter d’un paysage morcelé. Ce n’est pas seulement une question de popularité. C’est aussi une question d’organisation du vote adverse. Quand plusieurs prétendants se partagent le même espace, le premier devient plus difficile à rejoindre.
Ce qu’il faut surveiller maintenant
La suite dépend de trois choses. D’abord, l’ampleur de la confirmation ou de l’aggravation des ennuis judiciaires d’Édouard Philippe. Ensuite, la capacité de Jean-Luc Mélenchon à transformer sa candidature officielle en dynamique durable. Enfin, la manière dont Gabriel Attal, Bruno Retailleau et les autres figures du bloc central vont tenter d’exister sans se neutraliser entre eux.
Le vrai rendez-vous n’est pas un sondage isolé. C’est la consolidation, ou non, d’un duel de qualification pour le second tour. Si le centre continue de se diviser et si la gauche reste morcelée, le RN gardera un boulevard. Si, au contraire, un candidat parvient à sortir du lot, le rapport de force peut encore bouger. Mais, à ce stade, Bardella reste seul très au-dessus. Et le combat le plus tendu ne se joue pas encore contre lui : il se joue pour savoir qui aura le droit de l’affronter.



