Au Mondial 2026, la Turquie sort déjà et l’Europe voit ses marges fondre après une nuit qui redistribue les forces
La neuvième journée du Mondial 2026 a resserré les écarts entre sélections européennes. La Turquie est éliminée, tandis que la Norvège, le Maroc et les États-Unis ont pris un net avantage dans leurs groupes.

Une nuit qui a déjà rebattu les cartes
Au Mondial, une victoire peut changer plus qu’un classement. Elle peut relancer un groupe, fragiliser une équipe, ou transformer une sélection discrète en vrai trouble-fête.
La neuvième journée de la phase de groupes a surtout confirmé une chose : les sélections européennes n’avancent pas toutes au même rythme. Certaines ont pris de l’élan. D’autres ont déjà laissé filer leur marge. Et, dans un tournoi organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, chaque faux pas pèse vite lourd. La compétition se joue depuis le 11 juin et se poursuivra jusqu’au 19 juillet 2026, avec un calendrier resserré qui laisse peu de place à l’erreur.
Dans ce contexte, les affiches de la nuit ont livré une photographie assez nette. Les États-Unis ont battu l’Australie 2-0, la Maroc a pris le meilleur sur l’Écosse 1-0, le Brésil a dominé Haïti 3-0 et le Paraguay a fait tomber la Turquie 1-0. Le programme officiel de cette journée figurait bien sur le calendrier FIFA, avec ces quatre matches au menu.
Le fait marquant : la Turquie sort sous la ligne de flottaison
Le résultat le plus brutal pour une sélection européenne est venu de Turquie. Battue 1-0 par le Paraguay, elle a vu son parcours s’arrêter net. Le but de la nuit n’est pas venu d’une armada offensive, mais d’une rencontre fermée, tendue, où chaque duel comptait. Cette défaite prolonge un début de tournoi déjà décevant pour une équipe qui espérait s’installer plus haut dans le tableau.
Le match a aussi laissé une image forte : Miguel Almirón est devenu le premier joueur expulsé de cette Coupe du monde pour avoir enfreint la nouvelle règle interdisant de masquer sa bouche lors d’un échange avec un adversaire. Au-delà de l’anecdote, le message est clair. La FIFA veut verrouiller la communication sur le terrain et réduire les zones grises autour de l’arbitrage et des tensions entre joueurs.
Pour le Paraguay, ce succès change la donne. Pour la Turquie, en revanche, il ferme presque déjà la porte. Dans un tournoi à 48 équipes, la phase de groupes reste généreuse sur le papier. Mais elle ne pardonne pas longtemps. Quand une sélection européenne concède une défaite dans ce type de match, elle se met immédiatement à dépendre des autres résultats. Et cela, au premier tour, c’est rarement un bon signe.
Les autres Europe : du soulagement, mais pas le même poids
À l’autre bout du tableau, la Norvège respire. Le succès initial contre l’Irak a lancé une campagne déjà suivie de très près dans le pays, tant le retour de la sélection au plus haut niveau était attendu. L’élan populaire dépasse même le cadre du football : au Parlement norvégien, des députés ont repris le “viking row”, cette célébration devenue virale chez les supporters. Une sélection qui fédère autant en interne gagne souvent un supplément d’âme.
Le Maroc, lui, continue d’avancer avec une solidité qui compte. Face à l’Écosse, le 1-0 a suffi. Ce n’est pas spectaculaire, mais dans un groupe serré, gagner sans se découvrir est souvent le plus rentable. Le Brésil a, de son côté, fait le travail contre Haïti avec un 3-0 net. Les deux sélections européennes de la soirée n’ont donc pas traversé la même expérience : l’Écosse a été contenue, la Turquie a été éliminée.
Pour les lecteurs français, un autre repère compte : la montée en puissance de Kylian Mbappé. Le capitaine des Bleus a déjà marqué deux fois dans ce tournoi, comme Harry Kane, Kai Havertz, Yasin Ayari, Erling Haaland et Johan Manzambi. Le classement des meilleurs buteurs reste dominé par Lionel Messi, auteur d’un triplé dès son premier match contre l’Algérie, tandis que Mbappé s’installe déjà parmi les hommes à surveiller. Le meilleur buteur du tournoi ne gagne pas seulement un trophée individuel : il imprime aussi le tempo de son équipe.
Ce que ça change vraiment pour les sélections européennes
Le Mondial ne récompense pas seulement les équipes les plus fortes. Il récompense aussi celles qui savent gérer la fatigue, la pression et les voyages. Pour les grandes nations, le risque principal est de croire qu’un statut suffit. Pour les plus petites, l’enjeu est inverse : transformer chaque occasion en point précieux. Dans les deux cas, la moindre baisse de concentration se paie cash.
Les sélections européennes les mieux placées ont un avantage réel : un réservoir de joueurs habitués aux grands rendez-vous, des structures de préparation solides et un encadrement plus large. Mais elles ont aussi un désavantage. Elles arrivent souvent avec une pression supérieure, parfois nationale, parfois médiatique, parfois politique. La Norvège, par exemple, bénéficie d’un soutien visible et presque festif. La Turquie, elle, doit déjà éteindre l’incendie sportif. Et la différence se voit très vite sur le terrain.
Il y a aussi un second niveau de lecture. Les performances individuelles peuvent bouleverser la hiérarchie européenne à l’intérieur même du tournoi. Quand Haaland, Kane ou Mbappé marquent tôt, leur sélection prend de l’air. Quand une équipe ne trouve pas son buteur, elle s’expose à des matches fermés et à des scénarios où un détail suffit à tout perdre. À ce stade, le tournoi distingue déjà les équipes capables d’imposer leur rythme de celles qui subissent.
Perspectives : un tournoi qui commence déjà à trier
En marge des terrains, une séquence a aussi retenu l’attention côté France. Didier Deschamps a été interrogé sur Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie depuis 2025 et condamné à sept ans de prison. Le sujet, porté par des proches et des défenseurs de la liberté de la presse, rappelle qu’un Mondial attire aussi des questions qui dépassent le football. FIFA a même accordé une accréditation symbolique au journaliste, ce qui a relancé le débat sur son sort.
Pour les prochaines heures, le point à surveiller est simple : la confirmation des tendances de groupe. Un succès peut déjà suffire à ouvrir la route des huitièmes. Une défaite, elle, peut obliger à jouer le couteau entre les dents au dernier match. La Turquie est maintenant dans cette zone rouge. La Norvège, le Maroc et les États-Unis, eux, avancent avec plus d’air. Et dans une Coupe du monde aussi compacte, cet air-là vaut très cher.



