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ÉCONOMIE & SOCIéTé L’école sous pression politique

École : les promesses de Gabriel Attal pourraient-elles changer la vie des élèves, des familles et des enseignants ?

Gabriel Attal propose de stabiliser le ministère, réduire les effectifs, réorganiser le collège et revaloriser les salaires enseignants. Ces mesures soulèvent la question de leur financement et de leur application.

Élu local anonyme examinant un dossier sur les réformes scolaires dans une mairie française lumineuse
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En bref

Gabriel Attal présente un projet éducatif fondé sur la stabilité du ministère, la réduction des effectifs en primaire et une nouvelle organisation du collège. Il propose aussi de rétablir certains examens et d’augmenter les salaires enseignants jusqu’à 500 euros nets mensuels en milieu de carrière, avec un financement par des économies sociales.

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Que faudrait-il changer pour que l’école française redonne confiance aux élèves, aux familles et aux enseignants ? Gabriel Attal avance une réponse ambitieuse : plus de stabilité, des classes moins chargées, davantage de sélection au collège et une hausse des salaires.

Un ministre maintenu pendant cinq ans

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle veut d’abord s’attaquer à une faiblesse institutionnelle : l’instabilité à la tête de l’Éducation nationale.

Depuis le départ de Jean-Michel Blanquer, en mai 2022, sept personnalités se sont succédé rue de Grenelle. Pour Gabriel Attal, cette rotation empêche de conduire une politique scolaire dans la durée.

Il propose donc que le prochain ministre de l’Éducation reste en poste pendant les cinq années du quinquennat. Il souhaite aussi une loi de programmation pour l’école, afin d’inscrire les moyens et les priorités dans un calendrier pluriannuel.

L’objectif affiché est de donner une direction durable au système éducatif. Gabriel Attal veut que la génération qui entre aujourd’hui à l’école dispose, dans dix ou quinze ans, du « meilleur système éducatif d’Europe » et que la France figure en tête des classements PISA de l’OCDE. Cette enquête compare les compétences des élèves de quinze ans dans de nombreux pays.

Le défi est important. Les résultats de PISA 2022 ont confirmé les difficultés françaises en mathématiques, tout en mettant en évidence le poids des inégalités sociales sur les performances scolaires. Améliorer le classement national ne dépend donc pas seulement des programmes. Cela suppose aussi d’agir sur les conditions d’apprentissage et la composition des établissements.

Moins d’élèves en primaire, plus de mixité au collège

À l’école primaire, Gabriel Attal promet moins de vingt élèves par classe. Cette baisse reposerait notamment sur le recul démographique, qui réduit progressivement le nombre d’enfants scolarisés dans certaines communes.

Cette évolution peut faciliter la réduction des effectifs sans créer autant de postes qu’en période de hausse démographique. Mais elle ne produira pas les mêmes effets partout. Les écoles rurales peuvent perdre des classes malgré la baisse du nombre d’élèves. À l’inverse, les secteurs urbains populaires continuent souvent de concentrer les besoins les plus importants.

Dans les collèges, le candidat propose de fermer les cent établissements qui concentreraient les difficultés scolaires et sociales les plus fortes. Les élèves concernés seraient répartis dans d’autres collèges afin de renforcer la mixité sociale et de favoriser la réussite.

La mesure viserait les familles confrontées à des établissements très défavorisés. Elle pourrait aussi bénéficier aux collèges accueillant davantage d’élèves issus de milieux différents. Cependant, elle imposerait des changements concrets : transports scolaires, sectorisation, capacité d’accueil et accompagnement des élèves.

Fermer un collège ne suffit pas à créer de la mixité. Sans moyens supplémentaires, les établissements d’accueil pourraient voir leurs classes se remplir. Les familles les mieux informées pourraient également chercher à contourner la nouvelle carte scolaire. Le succès dépendrait donc autant de la répartition des élèves que du contrôle effectif des dérogations.

Le retour des groupes de niveau au centre du débat

Gabriel Attal défend aussi un collège « plus individualisé ». Il veut rétablir des groupes séparant les élèves en français et en mathématiques selon leur niveau.

Cette proposition reprend la mesure phare de son « choc des savoirs », lancé lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale. Le dispositif est devenu facultatif en 2026, après plusieurs critiques et des difficultés de mise en œuvre.

Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche a relevé des contraintes d’organisation dans les collèges. Le rapport recommande une approche plus stable et laisse apparaître des résultats encore difficiles à mesurer.

Gabriel Attal affirme qu’il faut conserver le principe, tout en donnant davantage de souplesse aux établissements. Cette précision change le fonctionnement envisagé. Les collèges pourraient adapter les groupes à leur réalité locale, plutôt que suivre une organisation identique partout.

Les défenseurs de la mesure y voient un moyen d’aider les élèves qui ont accumulé des difficultés. Ils estiment aussi que les élèves les plus avancés doivent pouvoir progresser à un rythme adapté.

Les syndicats enseignants redoutent toutefois une orientation durable des élèves les plus fragiles vers des groupes moins exigeants. Ils soulignent également le risque de renforcer les écarts entre collèges. La question des moyens reste centrale : multiplier les groupes suppose des enseignants disponibles, des salles et des emplois du temps compatibles.

Certificat d’études et brevet obligatoire

Autre proposition : rétablir le certificat d’études à l’entrée en sixième. Cet examen, abandonné depuis plusieurs décennies, servirait à vérifier que les élèves maîtrisent les connaissances nécessaires pour commencer le collège.

Gabriel Attal veut aussi rendre obligatoire l’obtention du brevet pour accéder à la classe de seconde. Les élèves qui n’auraient pas le niveau devraient suivre une année passerelle avant de poursuivre leur scolarité.

Pour les partisans de cette idée, le brevet redeviendrait un repère national. Le collège ne serait plus seulement une étape automatique. Il marquerait un seuil de connaissances à atteindre.

Pour ses opposants, cette règle risque surtout de retarder les élèves en difficulté sans traiter les causes de leurs lacunes. Une année supplémentaire ne produira des résultats que si elle propose un enseignement réellement différent, avec des effectifs réduits et un suivi renforcé.

Gabriel Attal rejette la comparaison avec le Rassemblement national. Il affirme ne pas vouloir empêcher l’accès au collège. Son projet repose plutôt sur une année de transition pour les élèves qui n’auraient pas acquis les fondamentaux.

Des hausses de salaire, mais un financement à préciser

Le candidat veut enfin revaloriser la rémunération des enseignants. Il propose une hausse de 200 euros nets par mois, pouvant atteindre 500 euros nets pour les personnels en milieu de carrière.

Le sujet répond à une difficulté bien réelle d’attractivité. Le ministère indique qu’en 2024, un enseignant de l’Éducation nationale percevait en moyenne 3 090 euros nets par mois. Cette moyenne regroupe cependant des situations très différentes selon le statut, l’ancienneté, le temps de travail et les fonctions exercées.

Les débuts de carrière restent particulièrement sensibles. Les enseignants débutants disposent de revenus inférieurs à ceux de leurs collègues expérimentés. Les écarts sont également importants entre le premier et le second degré, ainsi qu’entre les fonctions assorties de primes et les autres.

Gabriel Attal précise que ces augmentations seraient financées par des économies, notamment sur les dépenses sociales. Cette annonce ouvre un débat budgétaire immédiat. Une hausse générale des salaires représente une dépense durable. Elle devrait être inscrite dans le budget de l’État chaque année.

Les enseignants pourraient bénéficier directement de la revalorisation. Mais les arbitrages retenus pour la financer toucheraient d’autres ménages. Tout dépendrait donc de la nature des économies annoncées et de leur répartition entre les catégories de population.

Une bataille politique avant la rentrée

Ces annonces placent l’éducation au cœur de la préparation de la présidentielle. Édouard Philippe, autre candidat du bloc central, propose de son côté une hausse de 20 % de la rémunération moyenne des enseignants.

Les deux projets se rejoignent sur un point : l’école doit redevenir une priorité nationale. Ils divergent davantage sur les mécanismes. Gabriel Attal insiste sur la stabilité ministérielle, la mixité et les exigences scolaires. Édouard Philippe met en avant une augmentation globale de la rémunération.

La prochaine étape sera budgétaire et législative. Il faudra connaître le coût précis des mesures, les économies envisagées et le calendrier d’application. Il faudra aussi observer la réaction des personnels et des collectivités chargées des transports, des bâtiments et de la sectorisation.

Dans les prochaines semaines, les débats de rentrée permettront surtout de vérifier si ces propositions peuvent dépasser le stade des annonces. Le point décisif sera leur traduction dans une loi de programmation, un budget et une organisation concrète des établissements.

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