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ÉLECTIONS La gauche face au choix

Présidentielle 2027 : la gauche doit choisir entre l’union large et une ligne autonome face au RN et à LFI

Jérôme Guedj défend une gauche républicaine, laïque et indépendante de LFI pour 2027. La primaire social-démocrate d’octobre devra départager les candidats et préciser la stratégie du PS et de Place publique.

Citoyens anonymes échangeant devant une mairie française lors d’une scène de vie démocratique locale
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En bref

Jérôme Guedj propose une gauche républicaine, universaliste et laïque pour la présidentielle de 2027. Il appelle au rassemblement des personnalités sociales-démocrates, alors que le PS et Place publique préparent une primaire en octobre. Le scrutin devra choisir un candidat et trancher la stratégie à suivre face au RN, à LFI et au centre.

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À gauche, qui peut encore proposer une candidature capable d’échapper à la fois au Rassemblement national et à La France insoumise ? Jérôme Guedj veut occuper cet espace. Le député socialiste de l’Essonne appelle à bâtir une équipe commune autour d’une gauche « républicaine, universaliste, laïque ».

Une primaire pour départager les prétendants

La présidentielle de 2027 se prépare déjà dans le camp social-démocrate. Le Parti socialiste et Place publique ont validé une primaire commune. Le scrutin électronique doit se tenir les 9 et 10 octobre, puis les 16 et 17 octobre 2026, en cas de second tour.

Cette procédure doit désigner un candidat à l’élection présidentielle. Elle réunira plusieurs personnalités issues du PS et de son environnement politique. Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature le 23 août 2026. Jérôme Guedj est également candidat déclaré.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, n’a pas encore annoncé officiellement sa participation. Toutefois, son nom circule depuis plusieurs semaines. Ségolène Royal et Philippe Brun figurent aussi parmi les prétendants déjà déclarés ou engagés dans le processus.

Cette primaire ne rassemble pas toute la gauche. La France insoumise n’y participe pas. Les écologistes et d’autres formations défendent, de leur côté, une démarche plus large. Leur objectif est de faire émerger une candidature commune de la gauche, au-delà du seul bloc social-démocrate.

Jérôme Guedj veut incarner une autre ligne

Invité sur franceinfo le 27 août, Jérôme Guedj a présenté sa candidature comme une réponse à un duel qu’il juge déjà installé dans le débat public.

« Il y a une alternative à ce duel annoncé, presque implacable, entre le Rassemblement national et la France insoumise, il y a une gauche républicaine. C’est celle que je veux incarner », a déclaré le député.

Son discours repose sur plusieurs marqueurs. Il met en avant l’attachement à la République, à la laïcité et à l’universalisme. Ce dernier terme désigne une conception de la citoyenneté fondée sur l’égalité des droits, sans distinction liée à l’origine, à la religion ou à l’identité.

Jérôme Guedj souhaite aussi défendre une gauche sociale. Dans ses prises de position, il insiste sur les difficultés de pouvoir d’achat, le travail et la protection collective. Il se présente ainsi comme un candidat situé entre une gauche radicale qu’il critique et un centre politique qu’il estime à bout de souffle.

Il a résumé cette ambition en appelant à constituer une « dream team » de cette gauche républicaine, universaliste et laïque. Derrière cette formule, l’enjeu est concret : rassembler des personnalités avant que la compétition des candidatures ne rende tout accord impossible.

Un espace politique disputé

La stratégie de Jérôme Guedj bénéficie d’abord aux responsables qui refusent l’alliance avec La France insoumise. Elle peut aussi séduire des électeurs de gauche qui souhaitent une ligne plus modérée sur les institutions, la laïcité et la sécurité.

Mais cet espace est déjà très concurrentiel. Raphaël Glucksmann entend lui aussi porter une gauche pro-européenne, sociale et indépendante de LFI. Il s’appuie sur sa notoriété acquise lors des élections européennes et sur le mouvement Place publique.

Olivier Faure défend, pour sa part, une stratégie d’union plus large. Il cherche à maintenir des passerelles entre les différentes composantes de la gauche. Cette ligne vise à éviter la dispersion des voix au premier tour, mais elle se heurte aux désaccords avec La France insoumise et aux rivalités internes au PS.

La primaire doit donc résoudre deux problèmes à la fois. Elle doit départager les candidats. Elle doit aussi définir le périmètre politique de la future candidature. Autrement dit, le vote ne portera pas seulement sur une personne. Il tranchera également une orientation stratégique.

François Hollande, une candidature encore possible

Jérôme Guedj a également réagi aux ambitions de François Hollande. Dans une interview publiée le 27 août, l’ancien président de la République a déclaré : « Je me tiens prêt ».

Cette phrase a relancé les spéculations sur une candidature en 2027. François Hollande doit par ailleurs publier un nouveau livre le 3 septembre 2026. Il conserve une place particulière dans la gauche sociale-démocrate, même si son bilan présidentiel continue de diviser.

Jérôme Guedj n’a pas directement attaqué l’ancien chef de l’État. Il a rappelé qu’il fallait « jouer collectif » et dénoncé « les divisions, les aventures individuelles ». Dans le même temps, il a estimé que François Hollande était « une voix qui compte dans le débat public » et qu’il « fournit des idées ».

Cette position traduit l’équilibre recherché par le député. Il veut défendre sa propre candidature, tout en laissant ouverte la possibilité d’un rassemblement. Pour lui, François Hollande peut contribuer au débat. Il ne doit toutefois pas devenir un facteur supplémentaire de fragmentation.

Une bataille qui dépasse les appareils politiques

Le choix du candidat aura des conséquences différentes selon les acteurs. Pour les partis, l’objectif est de préserver leur influence et leurs réseaux. Pour les candidats, il s’agit d’obtenir une légitimité avant le scrutin national. Pour les électeurs, la question sera celle de la crédibilité d’une offre politique face aux forces déjà dominantes.

La gauche sociale-démocrate dispose d’un avantage : elle peut s’appuyer sur des élus, des militants et une expérience gouvernementale. En revanche, elle souffre d’une image de division. Elle doit également clarifier son rapport au bilan des années Hollande et au macronisme.

Jérôme Guedj critique ainsi « un macronisme qui se termine ». Cette formule vise le camp présidentiel, dont la capacité à structurer la vie politique après Emmanuel Macron est incertaine. Elle ne signifie pas pour autant que tous les électeurs du centre se tourneront automatiquement vers la gauche.

La réponse de ses adversaires est différente. Les partisans d’une union plus large estiment qu’une candidature limitée au bloc social-démocrate risque de réduire les chances d’accès au second tour. Ils considèrent que la dispersion serait le principal danger.

À l’inverse, les défenseurs d’une ligne autonome répondent qu’un accord trop large pourrait brouiller le programme et l’identité du candidat. Leur priorité est de proposer une orientation lisible, notamment sur l’Europe, la laïcité, la politique économique et les relations avec LFI.

Les prochaines échéances à surveiller

La première étape sera la clarification des candidatures avant le scrutin d’octobre. La décision d’Olivier Faure sera particulièrement observée. Elle peut modifier les rapports de force au sein du Parti socialiste.

La publication du livre de François Hollande, le 3 septembre 2026, constituera une autre échéance politique. Elle pourrait préciser ses intentions et relancer le débat sur une candidature hors primaire.

Enfin, le résultat des 9 et 10 octobre, puis celui des 16 et 17 octobre en cas de second tour, dira quelle ligne s’impose. Il restera ensuite à mesurer la capacité du vainqueur à rassembler au-delà de son propre camp. C’est à ce moment que la « dream team » défendue par Jérôme Guedj devra devenir autre chose qu’une formule de campagne.

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